dimanche 14 février 2010

Le redécoupage Marleix en Gironde

Un douzième siège est ajouté aux onze existants dans le précédent découpage. Là aussi l'évolution démographique a joué, mais en dehors de l'agglomération bordelaise, car les cinq circonscriptions remodelées, mise à part la 7e, se situent toutes en zone péri-urbaine et rurale.
1ere circonscription (Bordeaux-Nord)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Bordeaux-Centre)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Bordeaux-Sud)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Cenon)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Blanquefort)
Cette circonscription reste inchangée.
6e circonscription (Mérignac)
Cette circonscription reste inchangée.
7e circonscription (Pessac)
Perdant le canton péri-urbain de Labrède, mais gardant ceux, bien plus peuplés, de Gradignan et de Pessac I et II, cette circonscription se resserre sur l'agglomération bordelaise. L'ancienne 7e, découpée en 1986, n'est jamais passée à droite depuis. Ce remodelage devrait encore plus l'ancrer à gauche. Les trois cantons restants penchent tous vers cette sensibilité. Celui de Gradignan a toujours voté pour le PS depuis sa création, en 1982. Les législatives de 2012 ne devraient donc poser aucun problème pour le député socialiste sortant, Alain Rousset, président du conseil régional. Il pourrait retrouver sur sa route le maire divers droite de Gradignan, Michel Labardin.
8e circonscription (Arcachon)
Cette circonscription, qui regroupait jusque-là tous les cantons de la périphérie sud du département, se recentre sur les trois du bassin d'Arcachon. Ce remodelage a pour conséquence de droitiser cet siège devenu de plus en plus tangent pour l'UMP. Le canton d'Arcachon n'est en effet jamais passé à gauche sous la Ve République (en bleu sur la carte). Les deux autres, Audenge et La Teste, s'ils penchent globalement à droite depuis un demi-siècle, restent assez disputés. Le premier, à droite depuis 1973, est repassé à gauche en 2004. Le second est revenu à droite en 2008 après vingt ans de représentation socialiste. Le maire UMP d'Arcachon, Yves Foulon, pourrait donc voir son heure arriver. Face à lui, le député PS sortant François Deluga, qui arraché ce siège lors d'une partielle en 2008, suivant l'élection de la députée UMP Marie-Hélène des Esgaulx au Sénat, partira avec la prime au sortant. Mais le redécoupage l'a privé de précieux réservoirs de suffrages, notamment Belin-Béliet, canton de droite conquis en 2009 mais que la commission constitutionnelle, suivie par Alain Marleix, a préféré placer dans la nouvelle 9e.
9e circonscription (Langon)
Abritant toujours la ville de Langon, cette nouvelle circonscription ne reprend cependant de deux cantons de l'ancienne 9e, Langon et Podensac. Les autres cantons proviennent des "chutes" des anciennes 7e et 8e. Les cartes sont donc en très grande partie redistribuées dans ce secteur. Sur neuf cantons, quatre penchent à droite, quatre à gauche, le dernier, Saint-Symphorien, ayant toujours voté à gauche sous la Ve République (en rouge sur la carte). Les rapports de force actuels indiquent un net avantage pour la gauche, avec seulement deux cantons, Bazas et Grignols, encore détenus par l'UMP. Le PS pourrait donc avoir ici un nouveau député, peut-être le maire de Langon Charles Vérité. L'UMP pourrait lui opposer Sylvie Dufranc, implantée à Labrède.
10e circonscription (Libourne)
Ce siège est faiblement redécoupé. La nouvelle 10e perd Pellegrue, à la périphérie du département, mais gagne Créon, dans la zone péri-urbaine bordelaise. Un chassé-croisé qui pourrait remettre en question le fragile équilibre électoral de cette circonscription détenue par l'UMP depuis 2002, mais à avec moins de trois points d'écart au second tour. En effet, si Pellegrue est classé de gauche sur notre carte (en orange), il est représenté par la droite depuis 1988. Créon affiche les mêmes caractéristiques, mais il vote pour le PS depuis 1976. La gauche semble très légèrement favorisée, suffisamment peut-être pour menacer le député UMP Jean-Paul Garraud. Il pourrait être une nouvelle fois opposé au poulain du maire PS de Libourne Gilbert Mitterrand, Philippe Buisson.
11e circonscription (Blaye)
Cette circonscription reste inchangée.
12e circonscription (La Réole)
Cette circonscription, entièrement nouvelle, reprend les cantons écartés de l'ancienne 9e, ainsi que celui de Pellegrue, venu de l'ancienne 10e. Sur le papier, la gauche semble favorisée. Sur le long terme, cinq cantons sur huit penchent plutôt vers elle. Si l'on examine la géopolitique actuelle, la droite est encore plus défavorisée, avec seulement deux cantons détenus, Pellegrue et Sauveterre-de-Guyenne. De quoi peut-être tailler un nouveau fief à Martine Faure, députée socialiste de l'ancienne 9e implantée dans le canton d'Auros. A droite, l'UMP pourrait présenter Yves d'Amecourt, conseiller général de Sauveterre-de-Guyenne.
A quoi faut-il s'attendre...
Si les rapports de forces restent les mêmes en 2012 dans les circonscriptions non redécoupées, la gauche pourrait sortir gagnante de ce remodelage. La 12e circonscription lui semble promise, et si elle risque fort de perdre la 8e, elle pourrait regagner la 10e sur la droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 31 janvier 2010

Le redécoupage Marleix en Haute-Garonne

Du fait de sa très forte croissance démographique, la Haute-Garonne reçoit deux sièges supplémentaires. Le découpage y est, comme toujours, très délicat, du fait des contours tourmentés du département, et du très fort poids démographique de Toulouse, qui oblige encore la plupart de ses circonscriptions à passer par son agglomération.
1ere circonscription (Toulouse IV, V, XIII)
Le siège historique de Dominique Baudis est fortement remodelé. Le redécoupage écarte les cantons I et VII, et ajoute le treizième, moins la commune de Colomiers, ainsi que la portion toulousaine du canton XIV. Une configuration en dentelle qui rééquilibre le tout à droite, Colomiers étant le pôle de gauche d'un canton n'étant jamais passé à droite sous la Ve République. Le IV reste très partagé entre droite et gauche, et le V penche plutôt à droite, même s'il a élu un conseiller socialiste en 2008. En 2012, la députée PS sortante Catherine Lemorton aura fort affaire face au candidat UMP, qui pourrait être l'ancien maire Jean-Luc Moudenc. A moins que Dominique Baudis ne décide de revenir...
2e circonscription (Toulouse VI, VII, XV)
De l'ancienne circonscription, il reste les cantons de VI et XV, ainsi que celui de Montastruc-la-Conseillère. Le redécoupage leur adjoint Toulouse VII et la commune de Montrabé à la place du VIII et de Villemur-sur-Tarn. Ici, le rééquilibrage se situe à gauche, tous les cantons ayant un conseiller de gauche et penchant plutôt cette sensibilité, le canton VI n'ayant même jamais voté à droite depuis sa création en 1973. Le socialiste Gérard Bapt, ou son successeur, devrait facilement l'emporter sur l'UMP, qui pourrait être représentée par Danièle Damin.
3e circonscription (Toulouse II, VIII, IX)
Encore un secteur fortement redécoupé. L'ancienne 3e ne garde que les cantons de Toulouse IX et de Verfeil, et échange Castanet-Tolosan, Lanta et Toulouse X contre Toulouse II et VIII. De ce fait, cette circonscription très à gauche se droitise, notamment avec le deuxième canton de Toulouse, le seul du département à n'avoir jamais élu de conseiller de gauche sous la Ve République. Les trois autres penchent globalement à gauche (en orange sur la carte) mais Verfeil vote à droite depuis 1988, et les cantons VIII et IX n'ont retrouvé des conseillers socialistes que depuis respectivement 2001 et 2008. En 2012, l'enjeu ne sera pas cantonal mais municipal. Si le député-maire socialiste de Toulouse, Pierre Cohen, se représente, ce sera un test intéressant de confirmation, ou non, de sa fragile élection en 2008. Il pourrait retrouver Marie-Claire Danen sur sa route. A moins que l'UMP ne tente d'aligner un de ses poids-lourds nationaux.
4e circonscription (Toulouse I, III, XII)
L'ancienne 4e garde Toulouse III mais troque les cantons II et XI contre les I et XII. C'était jusque-là la seule du département à zaper au gré des vagues roses et bleues. Elle devrait conserver cette configuration très serrée. En effet, si la canton XII penche à gauche, le I préfère la droite. Quant au III, il reste très indécis. Cependant, la dynamique se situe plutôt à gauche. La députée socialiste sortante Martine Martinel est conseillère du secteur III et au jour d'aujourd'hui les trois cantons sont représentés par le PS. De plus, l'UMP est ici orpheline de l'ancien député (1993-1997 puis 2002-2007) Jean Diébold, décédé en 2007. C'est son ancien suppléant, Jean-Pierre Lloret, qui pourrait prendre la suite.
5e circonscription (Toulouse XIV)
Comprenant une grande partie rurale, au nord du département, cette circonscription se décale légèrement à l'Est. Elle perd également le canton de Toulouse XII et ne conserve que la fraction non toulousaine du XIV. Une opération qui devrait globalement renforcer la gauche. En effet, ce dernier ainsi que Fronton n'ont jamais élu de conseiller de droite depuis 1958 (en rouge sur la carte). Grenade penche moins à gauche et Villemur, représenté par la droite depuis 1994, semble plus fragile. Mais pas de quoi inquiéter la députée PS sortante Françoise Imbert, à qui l'UMP pourrait une nouvelle fois opposer l'ancien député Grégoire Carneiro.
6e circonscription (Colomiers, Tournefeuille)
C'est en quasi-totalité une nouvelle circonscription. Elle comprend deux communes isolées, Colomiers et Tournefeuille, reprend de l'ancienne 6e les cantons de Léguevin et Saint-Lys mais laisse tomber le Muretois au profit du canton de Cadours. Elle réunit donc de gros réservoirs de vote socialiste, le dernier conseiller de droite de ce secteur ayant été battu en 1982. Le PS pourrait donc faire élire un ticket formé par le maire de Colomiers Bernard Sicard et son homologue de Tournefeuille Claude Raynal. A droite, peu de personnalités semblent se dégager depuis le décès de l'ancienne députée Françoise de Veyrinas.
7e circonscription (Muret)
Il s'agit de la partie ouest de l'ancienne 7e, plus le canton de Muret. Un secteur penchant globalement à gauche, avec trois cantons (Carbonne, Cintegabelle et Montesquieu-Volvestre) auquel les ciseaux d'Alain Marleix ont accolé un canton penchant globalement à droite, celui de Muret (en bleu clair sur la carte). Cependant, cela ne pourrait se résumer qu'à un recentrage. Tous les cantons de cette nouvelle 7e sont représentés actuellement par le PS et surtout, Muret, le principal pôle démographique, a un maire socialiste. Pas de quoi inquiéter donc la députée PS sortante de la 6e, Monique Iborra. Elle pourrait se voir opposer Stéphane Mirc, maire UMP de Léguevin.
8e circonscription (Saint-Gaudens)
Cette circonscription reste inchangée
9e circonscription (Toulouse X, XI)
Entièrement nouvelle, cette circonscription comprend les cantons de Toulouse X et XI, une fraction du IX, et celui de Portet-sur-Garonne. Ces trois cantons complets n'ont jamais voté à droite sous la Ve République. Ce sera très certainement un fief de gauche, peut-être représenté par le maire socialiste de Portet Thierry Suaud. Son challenger à droite reste encore à trouver à ce jour.
10e circonscription (Villefranche-de-Lauragais)
Ce nouveau siège recouvre la partie Est de l'ancienne 7e, enrichie des cantons urbain et péri-urbain de Castanet-Tolosan et de Lanta. Elle comprend sept cantons, dont trois, Caraman, Montgiscard et Nailloux, n'ont jamais voté à droite depuis 1958 (en rouge sur la carte). Actuellement, seul le canyon de Revel n'a pas de conseiller de gauche. De quoi favoriser le député sortant de la 7e, Patrick Lemasle. A droite, l'UMP pourrait présenter le maire sans étiquette de Revel, Alain Chatillon. Il faudra aussi compter avec le maire centriste de Castanet, André Lafon.
A quoi faut-il s'attendre...
Le grand chelem réalisé en 2007 par le PS, avec huit sièges sur huit, ne devrait être qu'un souvenir en 2012. L'UMP pourrait récupérer entre une et trois circonscriptions sur dix. Elle part avec de sérieuses chances dans la 1ere, et, dans une bien moindre mesure, dans la 4e. Le basculement ou non de la 3e devrait fortement dépendre de la perception qu'auront ses électeurs du travail de Pierre Cohen à la tête de la municipalité toulousaine.
Emmanuel SAINT-BONNET

vendredi 1 janvier 2010

Le redécoupage Marleix dans le Gard

Le redécoupage Marleix a été retoqué au Sénat le 14 décembre. En attendant la suite, les Artisans-Politologues continuent l'analyse du texte originel.
Aujourd'hui: le Gard.
Département méridional en pleine expansion démographique, le Gard se voit adjoindre un sixième siège. Mais ce remodelage ne manquera pas d'être taxé de gerrymandering (d'Elbridge Gerry, gouverneur du Massachusetts au début du XIXe siècle, réputé pour avoir donné, à des fins électoralistes, des formes de salamandre aux circonscriptions de son Etat) par les détracteurs d'Alain Marleix, tant les contours des deux circonscriptions nîmoises sont tourmentées.
1ere circonscription (Nîmes-Sud)
De l'ancienne 1ere circonscription ne subsistent que les cantons de Nîmes I, III et VI et celui de La Vistrenque. Les ciseaux d'Alain Marleix lui ont rattaché celui de Beaucaire. Sur la carte, ce secteur comprend le seul canton du département n'étant jamais passé à gauche depuis sa création en 1982, La Vistrenque (en bleu). Ce dernier fait face à quatre cantons penchant plutôt à gauche sur la période 1958-2008 (en orange sur la carte). Cependant, Nîmes I vote à droite depuis 1988 et Beaucaire, la seconde ville du secteur, a échappé à la gauche en 1983. Le député Nouveau Centre sortant, Yvan Lachaud, ne devrait donc pas avoir trop de mal à conserver son siège. Face à lui, le PS pourrait investir le nouveau conseiller général de Beaucaire Juan-Antoine Martinez. Autrefois puissants ici, les communistes pourraient peser dans l'équation, de même que le Front national.

2e circonscription (Vauvert)

En perdant les cantons assez tangents de Beaucaire et Marguerittes, au profit de celui de Sommières, qui n'est jamais passé à droite sous la Ve République (en rouge sur la carte), cette circonscription se rééquilibre légèrement à gauche. Ici aussi, la carte, qui reprend l'évolution 1958-2008, est trompeuse et ne prend pas en compte les mutations sociologiques de ce secteur, en pleine "varisation". Le député UMP sortant, Etienne Mourrut, maire du Grau-du-Roi, peut également s'appuyer sur les deux plus gros réservoirs de vote de la circonscription, Saint-Gilles et Vauvert, deux villes de droite. La dernière fois que le PS a gagné ici, c'était en triangulaire avec le FN, en 1997. En 2002 Etienne Mourrut a gagné la triangulaire, et en 2007 il a remporté son duel contre le PS avec un rapport de près de 60-40, après avoir dépassé les 48 % au premier tour. Il n'est donc même pas sûr que le redécoupage amoindrisse ses réserves.

3e circonscription (Villeneuve-lès-Avignon)
Cette circonscription perd deux cantons globalement à gauche mais ayant un chef-lieu de droite: Pont-Saint-Esprit et Uzès. Ne subsistent que deux cantons ayant globalement voté à droite sous la Ve République, Aramon et Villeneuve-lès-Avignon, deux cantons de gauche, Bagnols-sur-Cèze et Remoulins, et un canton n'ayant jamais basculé à droite depuis 1958, Roquemaure. Cependant, le rapport de force est actuellement défavorable à la gauche, puisqu'elle ne détient que Bagnols et Remoulins. Dans cette vallée du Rhône en pleines mutations sociologiques, les législatives de 2012 pourraient voir s'affronter le député UMP sortant Jean-Marc Roubaud, maire de Villeneuve-lès-Avignon, l'un des fiefs de droite les plus solides du département, et son homologue socialiste de Bagnols-sur-Cèze, ville ouvrière ayant tendance à zapper depuis 1989, Jean-Christian Rey. Tous deux devront garder un oeil sur le FN, dans ce secteur où les triangulaires sont monnaies courantes.
4e circonscription (Alès-Est)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont clairement ici écarté les cantons les plus dangereux pour le sortant UMP, Max Roustan. Bessèges, Génolhac et La Grand-Combe, qui ne sont jamais passés à droite sous la Ve République, rejoignent la nouvelle 5e circonscription. Plus au sud, le tracé reste le même que précédemment, laissant à la 5e circonscription ce corridor rouge allant des Cévennes au Vidourle. L'opération écarte surtout Patrick Malavieille, leader communiste ancré à La Grand-Combe, l'un des adversaires les plus sérieux de Max Roustan. Il devrait donc se retrouver au second tour face au PS, qui pourrait investir Chantal Vinot. A gauche, le conseiller écologiste de Saint-Chaptes, l'ancien communiste Christophe Cavard, pourrait aussi se présenter.
5e circonscription (Ales-Ouest)
Le dernier fief de gauche du Gard est renforcé par l'adjonction de Bessèges, Génolhac et La Grand-Combe, qui éclipse le départ de Sommières. Cependant, le député sortant, le socialiste William Dumas, devra composer avec Patrick Malavieille, maire de La Grand-Combe et ancien député PCF de la 4e circonscription. Le redécoupage, en apportant les anciens fiefs industriels du bassin minier cévenol, pourrait renforcer le vote communiste. De quoi placer en embuscade l'UMP Christophe Ruas, qui avait réalisé une bonne performance au premier tour en 2007.
6e circonscription (Nîmes-Nord)
Ce nouveau siège comprend les cantons II, IV et V de Nîmes, le canton péri-urbain de Marguerittes, et celui d'Uzès. La carte montre que la zone est particulièrement indécise: Nîmes II et IV penchent globalement à droite, Uzès et Marguerittes globalement à gauche, et Nîmes V, depuis sa création en 1973, a été détenu durant un nombre égal de mandats par la droite et la gauche. Les rapports de force sont cependant, à l'heure actuelle, en faveur de la droite, élue dans trois cantons sur cinq. En y ajoutant l'impact potentiel du FN, tout est donc possible dans cette nouvelle circonscription. A droite pourrait se présenter l'UMP Franck Proust, proche du sénateur-maire de Nîmes Jean-Paul Fournier, ou le maire divers droite d'Uzès Jean-Luc Chapon. Le PS peut entre autres présenter Bernard Casaurang, conseiller de Nîmes IV, ou son homologue d'Uzès Denis Bouad.
A quoi faut-il s'attendre...
La droite, qui détient actuellement quatre sièges sur cinq, devrait conserver entre trois et cinq sièges. Ses sortants sont très peu menacés dans les 1ere, 2e et 4e. Le jeu semble un peu plus ouvert dans la 3e et surtout la 6e. Si la droite remporte ces deux derniers sièges, le scénario le plus noir pour le PS serait alors la perte de la 5e, au profit cette fois du PCF.
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 19 novembre 2009

Le redécoupage Marleix dans le Finistère

Pas prévu dans la première copie du projet, le redécoupage portera finalement sur un seul canton brestois, sans suppression ni création de siège
1ere circonscription (Quimper)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Brest-Sud)
Comptant depuis 1986 la plus grande partie du centre-ville de Brest, ce secteur se voit enrichit du canton de Brest-Bellevue, qui a toujours voté à gauche depuis sa création en 1973 (il a été redécoupé en 1994 à partir du canton de Brest V). Il rejoint ainsi un canton solidement ancré à gauche depuis sa création en 1973 (Brest-Lambezellec), deux cantons penchant plutôt à gauche depuis 1998 (L'Hermitage et Saint-Marc), un canton très tangeant (Kerichen) et deux cantons penchant globalement à droite (Centre et Cavale), mais représentés par le PS respectivement depuis 2008 et 1998. Logiquement, la députée socialiste sortante Patricia Adam, élue en 2002 sur ce siège occupé par le PS depuis 1997, devrait en sortir renforcée. L'UMP, qui ne possède plus aucun point d'appui dans cette zone depuis 2008, pourrait présenter une nouvelle fois Jean-Yves Le Borgne.
3e circonscription (Brest-Nord)
Le départ de Brest-Bellevue vers la nouvelle 2e circonscription rend ce secteur un peu plus péri-urbain. Logiquement là-aussi, le redécoupage devrait renforcer la sortante, à savoir l'UMP Marguerite Lamour, élue en 2002. Face à trois cantons ruraux et péri-urbains de droite, dont deux, Plabennec et Ploudalmézeau, n'ont jamais élu de conseiller de gauche depuis 1958, la gauche domine légèrement les cantons brestois de Plouzané, Recouvrance et Saint-Pierre. Le PS devrait investir le maire de Brest François Cuillandre, député du secteur entre 1997 et 2002. Mais, s'il est élu, il devra choisir un mandat unique, une régle édictée depuis peu par la fédération socialiste locale, au grand dam de nombreux cumulards de la rue de Solférino.
4e circonscription (Morlaix)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Landerneau)
Cette circonscription reste inchangée.
6e circonscription (Châteaulin)
Cette circonscription reste inchangée.
7e circonscription (Douarnenez)
Cette circonscription reste inchangée.
8e circonscription (Concarneau)
Cette circonscription reste inchangée.
A quoi faut-il s'attendre...
Le redécoupage Marleix ne devrait pas bouleverser les équilibres locaux lors des prochaines législatives. En redécoupant Brest, Alain Marleix va, du point de vue de la majorité, au mieux conserver les rapports de force actuels, au pire retarder la progression de la gauche dans le secteur. A moins que les résultats encourageants de la droite aux dernières municipales n'aient marqué un coup d'arrêt durable à cette progression.
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 8 octobre 2009

Le redécoupage Marleix dans la Creuse

Ici, le redécoupage n'en est pas un... puisque les deux circonscriptions existantes sont fusionnées. C'est l'une des particularités du redécoupage Marleix, qui rompt avec l'habitude, sous la Ve République, de garder deux députés dans les départements les moins peuplés.
Circonscription unique
Sur la carte des cantons, le rouge et l'orange dominent, et le bleu ciel surnage, dans le centre et le sud du département. Des cantons pour certains autrefois radicaux, et passé mécaniquement à droite en 1971, à la création du MRG et au refus de leur conseiller de signer le Programme commun. Ailleurs, c'est le PS qui domine largement. La disparition d'un siège devrait favoriser la gauche dans ce département ayant voté à 53,26 % pour Ségolène Royal au second tour de la présidentielle de 2007 et faisant figure aujourd'hui de pôle de résistance face à la désertification rurale. Si, aujourd'hui, l'actuelle 2e circonscription est à droite depuis 1993, celle-ci est davantage rurale que la 1ere, à gauche depuis 1997. Et donc démographiquement défavorisée dans les urnes. Le score de la droite en 2012 dépendra en grande partie du choix du candidat UMP. Le meilleur candidat reste Jean Auclair, député sortant de la 2e, bien implanté et élu au delà de son camp, mais pas à l'abri d'une certaine usure. Il devrait retrouver sur son chemin le député socialiste de la 1ere, Michel Vergnier, maire de Guéret depuis 1998.
A quoi faut-il s'attendre...
La suppression d'un siège va sans doute obliger les Etats-Majors des grands partis à investir leurs deux sortants, des valeurs sûres un peu au détriment du renouvellement des cadres.
Emmanuel SAINT-BONNET

Le redécoupage Marleix en Corrèze

Les ciseaux d'Alain Marleix ont découpé deux circonscriptions, l'une urbain et péri-urbaine autour du bassin de Brive-la-Gaillarde, l'autre regroupant Tulle et le plateau de Millevaches, éliminant au passage un siège, évolution démographique oblige
1ere circonscription (Tulle)
Elle reprend en très grande partie les cantons des anciennes 1ere et 3e circonscriptions. Seuls Beaulieu, Juillac, Lubersac, Mercoeur et Saint-Privat rejoignent la nouvelle 2e. Ce sont des cantons penchant à droite, sauf Juillac. Pour le reste, il semble que cette nouvelle découpe sonne le glas de la Haute-Chiraquie, par son absorption dans la Hollandie. S'appuyant sur un bassin urbain et péri-urbain très ancrés à gauche (deux cantons de Tulle sur quatre, Seilhac, en rouge sur la carte), le PS devrait avoir peu de mal à conquérir Millevaches qui, sur cette carte, est cerné par deux bandes de cantons penchant à gauche (en orange), sur ses marges nord et sud. La droite pourrait davantage résister dans le bassin d'Ussel, dont le canton Est n'est jamais passé à gauche depuis 1958, et surtout dans l'autre tache bleue qu'est le canton de Corrèze, détenu par une certaine... Bernadette Chirac. Cependant, la démographie et la dynamique locale reste en faveur du président socialiste du conseil général François Hollande. A droite, la choix du challenger sera lourd de sens. Il pourrait se porter sur Michel Paillassou, conseiller général UMP d'Egletons et principal rempart de la droite dans l'ancienne 3e.
2e circonscription (Brive-la-Gaillarde)
En élargissant cette circonscription au nord et au sud, Alain Marleix la ruralise et ouvre un peu le scrutin de 2012. L'adjonction de cinq nouveaux cantons, dont quatre de droite, pourrait ne pas faire l'affaire de Philippe Nauche, député socialiste depuis 2007. Sa victoire aux municipales de 2008 à Brive-la-Gaillarde ne lui sera pas inutile en 2012 pour conserver son siège. Avec trois cantons penchant à gauche sur cinq, l'agglomération peut peser de tout son poids. Philippe Nauche pourrait retrouver sur son chemin l'ancien député (2002-2007) Frédéric Soulier, à moins que l'UMP n'investisse Jean-Pierre Decaie, challenger de François Hollande mais implanté à Lubersac, canton passé dans cette nouvelle circonscription.
A quoi faut-il s'attendre...
Volontairement ou non, Alain Marleix vient de signer l'acte de décès de la Chiraquie. Il est fort probable que le PS s'adjuge en 2012 les deux nouvelles circonscriptions. Les chances les plus sérieuses de l'UMP ne se trouvent plus sur le plateau de Millevaches, mais dans le bassin de Brive.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 4 octobre 2009

Le redécoupage Marleix en Charente

Evolution démographique oblige, la Charente perd un siège dans ce redécoupage. Alors, que dans l'ancien tracé, Angoulême était divisée entre deux circonscriptions et votait avec les campagnes, Alain Marleix a choisi de découper trois sièges concentrés autour de la préfecture et des deux sous-préfectures, Cognac et Confolens.
1ere circonscription (Angoulême)
C'est la plus urbanisée des trois. Elle reprend le tracé des anciens cantons d'Angoulême I et II, redécoupés dans les années 1980 au fil des évolutions démographiques. Presque tous ces nouveaux cantons penchent plus ou moins forts à gauche, comme le montre la carte (en orange et en rouge). Seul Angoulême-Ouest penche légèrement à droite, et Angoulême-Nord, créé en 1985, reste indécis. Cependant, ces deux cantons votent socialiste, respectivement depuis 1998 et 2004. La victoire socialiste en 2012 fait ici très peu de doute. La seule question sera celle du candidat, puisqu'un député sortant devra forcément s'effacer ou, au pire, repartir en suppléant. La logique voudrait que le PS désigne Martine Pinville, députée de l'ancienne 4e élue en 2007. L'UMP, de son côté, ne peut plus guère s'appuyer que sur le maire divers droite de Soyaux François Nebout, seul élu d'importance, à droite, bien implanté dans cette nouvelle circonscription.
2e circonscription (Cognac)
Son périmètre reprend celui dans l'ancienne 2e, augmentée de l'ancienne 1ere, moins le canton de Montbron et la partie de l'agglomération d'Angoulême. Sur la carte, c'est sans doute la plus gagnable par la droite. Elle abrite le seul canton du département n'ayant jamais voté à gauche depuis 1958, Blanzac-Porcheresse (en bleu sur la carte). Encore à l'heure actuelle, seuls quatre cantons sur les treize que compte cette nouvelle circonscription sont à gauche. Cependant, ici, la géopolitique semble peser assez peu. Le redécoupage fusionne en grande partie deux circonscriptions détenues par le PS, dont l'une, la 1ere, depuis 1997. De plus, la ville-centre, Cognac, a basculé à gauche lors des municipales de 2008. Marie-Line Reynaud, députée socialiste depuis 2007 dans la 2e, part donc avec un certain avantage. A droite, les cantonales de 2004 et les municipales de 2008 ont laissé Jacques Bobé et Jérôme Mouhot au tapis. Ayant pris acte de ses difficultés à Cognac, l'UMP pourrait être tentée d'investir un élu des campagnes, à savoir François Lucas, leader de la Coordination rurale.
3e circonscription (Confolens)
C'est le siège subissant le moins de modifications. A deux cantons près, il reprend les contours de l'ancienne 3e. Mis à part le Confolentais, de tradition modéré, ce secteur, proche du Limousin, abrite encore quelques débris du communisme rural. Deux de ses cantons, Chabanais et La Rochefoucauld, sont détenus sans interruption par la gauche depuis 1958. A l'heure actuelle, mis à part les deux de Confolens, tous les cantons votent à gauche. La réélection du mitterrandiste historique Jérôme Lambert ne devrait poser que peu de problèmes. Il devrait retrouver sur sa route l'UMP, tendance radicale valoisienne, Caroline Fombaron.
A quoi faut-il s'attendre...
La victoire attendue de la gauche en 2012 cachera une défaite... En supprimant un siège, Alain Marleix réduira forcément son influence dans cette région Poitou-Charentes chère à Ségolène Royal.
Emmanuel SAINT-BONNET