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mercredi 17 novembre 2010

Le redécoupage Marleix en Mayenne

Non prévu dans le projet initial, ce nouveau tracé fait suite aux commentaires de la commission constitutionnelle sur le redécoupage. Les changements concernent les urbains et péri-urbains de la région de Laval
1ere circonscription (Laval-Est)
Cette circonscription perd sa partie ouest, avec le départ de Laval Nord-Ouest et Saint-Berthevin. Représentée par le PS depuis 2007, elle se "gauchit" ainsi légèrement. Depuis sa création en 1973, Laval Nord-Ouest penche globalement à droite, même s'il a basculé à gauche en 2004. Quant à Saint-Berthevin, qui a été découpé en 1985 à partir d'anciens cantons de Laval, il n'a jamais élu de conseiller de gauche. Face à une préfecture aux mains de la gauche depuis 2008, les campagnes risquent de peser assez peu. Renforcé par les dernières municipales, le député socialiste Guillaume Garot devrait être assez facilement réélu. La recomposition du centre devrait peser sur l'UMP, encore marquée par les défaites de François d'Aubert en 2007 et 2008. Plusieurs candidats pourrait émerger, comme la conseillère générale de Bais Marie-Cécile Morice, ou son collègue de Pré-en-Pail Yves Cortès.
2e circonscription (Château-Gontier)
En échangeant Loiron, qui vote à droite depuis 1973, contre Saint-Berthevin, qui n'a jamais élu de conseiller de gauche, la droite fait, sur le papier, une bonne affaire. A part Meslay-du-Maine, qui ne vote à droite "que" depuis 1976, cette nouvelle 2e n'abrite que des cantons favorables à cette sensibilité (en bleu foncé sur la carte). Mais ce presque unanimisme ne pourrait être qu'une façade. En 2007, Marc Bernier, député UMP, avait du batailler ferme contre la candidate soutenue par François Bayrou pour retrouver son siège. Les élections de 2012 sont encore loin, et le centre semble avoir amorcé une recomposition. Si Marc Bernier ne parvient pas à rassembler autour de lui, il pourrait retrouver d'autres prétendants sur sa route. Que fera le conseiller Nouveau Centre de Saint-Berthevin Marcel Rousseau? Et Elisabeth Doineau, sa collègue de Saint-Agnan-sur-Roë, qui était au second tour en 2007 et est restée fidèle au MoDem? Sans oublier le sénateur Jean Arthuis, leader de l'Alliance centriste et implanté à Château-Gontier, qui pourrait soit siffler la fin de la récréation, soit jeter de l'huile sur le feu. Quant à la gauche, assez mal implantée dans le secteur, elle ne devrait que compter les points, à moins qu'une triangulaire la mette en selle.
3e circonscription (Laval-Ouest, Mayenne)
Le secteur change assez peu, en perdant Laval Nord-Est mais en gagnant Loiron. De quoi renforcer légèrement le député UMP sortant Yannick Favennec, qui a été réélu au premier tour en 2007, mais a été assez nettement battu aux municipales de 2008 à Mayenne, une ville de gauche dont il tentait de s'emparer sur la lancée des législatives. Ici, la question sera surtout de savoir si la gauche, qui pourrait être représentée par le maire de Mayenne Michel Angot, sera en mesure de mettre le sortant en difficulté, dans cette circonscription marquée à droite, surtout sur ses marges nord.
A quoi faut-il s'attendre...
Sauf raz-de-marée de gauche dans la foulée d'une présidentielle gagnée par le PS, la droite devrait conserver ses deux circonscriptions. Mais quelle droite? Si, dans la 3e, Yannick Favennec semble moins fragilisé, Marc Bernier pourrait faire les frais, dans la 2e, du contexte national régnant à droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

lundi 9 août 2010

Le redécoupage Marleix en Lozère

Véritable symbole des déséquilibres démographiques pouvant justifier un redécoupage législatif, la Lozère, le département le moins peuplé de la métropole, se retrouve donc avec une circonscription unique, née de la fusion des deux prééxistantes. Ces dernières, il est vrai, abritaient moins d'électeurs que certains cantons dans des "gros" départements.
Circonscription unique
Sur le papier, ce siège est promis à la droite. La carte des tendances depuis 1958 (ci-contre) montre du bleu presque partout, sauf sur les quatre cantons cévenols du coin sud-est, qui d'ailleurs affichent un rouge révélant qu'ils n'ont jamais basculé à droite sous la Ve République. La situation actuelle s'avère moins clivée. Au conseil général, la gauche a débordé à l'ouest vers la vallée du Tarn et surtout au nord en direction des villes de Mende et Langogne. Pour conserver ce siège de député, la majorité devra prendre en compte au moins deux facteurs. D'abord ces deux communes, qui ont basculé à gauche lors des municipales de 2008, pourraient devenir des réservoirs de suffrages pour l'opposition. Elles se trouvaient dans l'ancienne 1ere circonscription, conquise à la surprise générale par le PS en 1997. Ensuite la disparition de l'ancien maire centriste de Mende Jean-Jacques Delmas, en 2010, posera la question de l'attitude de l'électorat du centre, relativement important sur cette terre catholique, qui n'est pas à l'abri d'un réalignement à la bretonne (sanction contre les centristes de l'UMP par un vote à gauche au second tour). A cet égard, les cantonales de 2011 seront cruciales pour l'UMP, qui mécaniquement perd un siège. Le département est en effet plus facile à tenir par deux députés, que par un seul, davantage exposé aux basculements. Le parti majoritaire devra surtout choisir qui des deux sortants investir: Francis Saint-Léger ou Pierre Morel? La solution pourrait être d'exfiltrer l'un des deux vers le Sénat en septembre 2011. L'opération sera très peu risquée (à moins d'une surprise comme dans le Cantal en 2008) mais elle supposera le retrait du puissant Jacques Blanc, véritable champion de la survie politique. Au PS, où l'on ne manquera pas d'observer ces opérations avec une certaine gourmandise, le choix pourrait se porter sur le maire de Langogne Guy Malaval, le conseiller du même canton Gérard Souchon, ou Dominique Aulas, opposante locale à Jacques Blanc. A moins que cette circonscription ne soit réservée à un allié, comme le conseiller général radical de Florac Alain Argilier, ou simplement le maire divers gauche de Mende Alain Bertrand.
A quoi faut-il s'attendre...
Pas mal de projecteurs devraient être braqués sur la Lozère en 2012. Ce scrutin apportera quelques éléments de réponse à cette question: les derniers succès locaux de la gauche sont-ils conjoncturels ou le signe avant-coureur d'un réalignement de l'électorat lozérien, comme une réponse au phénomène de varisation (glissement à droite de secteurs acquis de longue date à la gauche) constaté dans le sud du Languedoc-Roussillon?
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 21 juillet 2010

Le redécoupage Marleix en Loire-Atlantique

Le remodelage reste modeste en Loire-Atlantique. Seules les trois circonscriptions du nord du département sont concernées, et encore de manière peu importante.
1ere circonscription (Nantes I, VI, VII)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Nantes II, III, IV, IX)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Nantes V, XI)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Nantes X)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Nantes VIII)
Avec l'accroissement démographique de l'agglomération nantaise, cette circonscription perd ses cantons les plus lointains et se recentre en gagnant Nort-sur-Erdre. Elle glisse aussi légèrement à gauche. Certes, elle perd Varades, qui a globalement voté à gauche depuis 1958, au profit de Nort-sur-Erdre, qui penche plutôt de l'autre côté sur la même période, mais elle voit surtout partir le canton d'Ancenis, qui n'a jamais élu de conseiller de droite depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte). De plus, l'agglomération nantaise est représentée ici par un canton VIII qui n'a jamais voté à droite depuis sa création en 1973. De quoi renforcer le député socialiste sortant Michel Ménard. Il pourrait se voir opposer Robert Diat, son prédécesseur UMP. A moins que la majorité ne s'ouvre avec Claude Guillet, le maire sans étiquette de Carquefou.
6e circonscription (Châteaubriant)
C'est ici la seule circonscription redécoupée à s'élargir. Même si elle perd Nort-sur-Erdre, elle récupère quatre cantons de l'ancienne 5e et un de l'ancienne 7e. Quatre de ces nouveaux venus penchent à droite depuis 1958. De quoi renforcer la famille modérée puis gaulliste des Hunault, qui domine le secteur depuis 1962. Si Michel, député depuis 1993, s'efface en 2012, il pourrait laisser la place à son frère Alain, maire UMP de Châteaubriant. A gauche, les chances de basculement résident aujourd'hui dans les rapports de force. Sur les treize cantons qui composent cette circonscription, neuf sont à gauche. Cependant, huit de ces conseillers ne portent pas d'étiquette, signe de cette notabilisation des élus encore répandue dans l'Ouest. Alain Hunault devra jouer là-dessus, et surveiller aussi bien le PS, qui pourrait investir le maire de Blain Daniel Leroux, ou Pascal Bioret, son opposant à Châteaubriant, que le maire centriste d'Ancenis Jean-Michel Tobie.
7e circonscription (Guérande)
Ancienne terre d'élection du baron gaulliste Olivier Guichard, cette circonscription perd le canton péri-urbain de Saint-Nicolas-de-Redon, réputé moins sûr pour la droite depuis 2001. Restent six cantons, deux détenus par le PS mais penchant globalement à droite depuis 1958, Guérande et Herbignac (en bleu clair sur la carte), l'un dans le même cas mais détenu par l'UMP (Le Croisic), les trois autres n'ayant jamais failli à cette sensibilité sur cette même période (en bleu foncé). Le député UMP sortant Christophe Priou aura beau jeu de s'appuyer sur la zone balnéaire, gros réservoir de voix de droite, et surtout seul secteur du département où la majorité ne recule pas (rebasculement à droite de Pornichet lors des municipales de 2008). Face à lui, le PS, qui pourrait être incarné par l'ancien "bébé Ségolène" Adeline L'Honen ou par le maire d'Herbignac Pascal Noël-Racine, ne pourra compter que sur les changements sociologiques à l'oeuvre dans l'arrière-pays, et sur le vieux bastion du communisme sardinier de La Turballe. Une éventuelle division de la droite locale, endémique depuis le retrait d'Olivier Guichard, pourrait lui donner un coup de pouce, comme en 1997.
8e circonscription (Saint-Nazaire)
Cette circonscription reste inchangée.
9e circonscription (Pornic)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Vertou)
Cette circonscription reste inchangée.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce redécoupage devrait, sur le papier, renforcer les sortants dans la 5e et la 7e. La situation dans la 6e est plus atypique. L'élection de 2012 devrait y déterminer laquelle de ces deux dynamiques, entre le poids de la notabilité et la progression continue de la gauche sur le terrain, l'emportera.
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 15 juillet 2010

Le redécoupage Marleix dans la Loire

Perdant un siège dans l'agglomération stéphanoise, pour raisons démographiques, le département de la Loire est assez fortement redécoupé.
1ere circonscription (Saint-Etienne Nord)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Saint-Etienne Sud)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont cantonné l'agglomération stéphanoise dans les deux premières circonscriptions. Alors que la première, comprenant les quatre cantons du nord de la préfecture, reste inchangée, cette nouvelle deuxième récupère celui de Sud-Ouest II, qui figurait dans l'ancienne quatrième, avec des cantons péri-urbains et ruraux. Cet ajout ne devrait cependant pas perturber les équilibres électoraux actuels. Alors que les quatre cantons originels sont classés plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), Saint-Etienne Sud-Ouest II s'avère davantage tangent (en gris sur la carte), n'ayant jamais voté pour la même sensibilité plus de deux mandats à la suite, depuis sa création en 1973. Il est cependant représenté par le PS depuis 1998. Droite et gauche se partagent équitablement les quatre autres. Les enjeux de 2012 seront sans doute très nationaux, dans cette circonscription urbaine et populaire, qui a basculé à gauche en 2007, vraisemblablement avec l'effet "TVA sociale". Le député socialiste sortant Jean-Louis Gagnaire partira avec la prime au sortant. L'UMP pourrait investir le conseiller de Saint-Etienne Sud-Est III Jean-Jacques Rey. Elle devra surveiller le niveau du FN, ainsi que le Nouveau Centre qui pourrait se placer en embuscade.
3e circonscription (Saint-Chamond)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Firminy)
En perdant un canton de Saint-Etienne, cette circonscription a glissé vers le Nord en contournant l'agglomération stéphanoise par l'Ouest. Un peu moins urbaine que la mouture précédente, cette nouvelle 4e est également un peu plus marquée à droite. Notamment avec les cantons de Saint-Bonnet-le-Château et Saint-Just-Saint-Rambert, qui n'ont jamais voté à gauche depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte). De quoi donner un peu d'oxygène à Dino Cinieri, député UMP abonné aux victoires étriquées et affaibli par la perte de sa mairie de Firminy en 2008. Relativement mal implanté dans ce secteur, le PS pourrait investir Jean-Paul Chartron. La concurrence pourrait être rude avec le Front de gauche dans cet ancien fief communiste. Le score du FN sera aussi à surveiller.
5e circonscription (Roanne)
Avec la 6e, c'est la circonscription la plus redécoupée. Jusque-là divisé selon un axe Est-Ouest, le Nord du département se scinde en deux parties Nord et Sud. Découpée autour de Roanne, cette nouvelle 6e occupe la partie nord. La stratégie d'Alain Marleix ressemble un peu ici à ce qui s'est passé dans la 4e: desserrer l'étreinte autour d'un sortant UMP fragilisé. Réélu de peu en 2007, battu aux municipales de 2008, Yves Nicolin pourra davantage s'appuyer sur des cantons ruraux nouveaux venus et solidement ancrés à droite: Belmont-de-Loire et Saint-Symphorien-de-Laye. Cependant, en zone urbaine, la dynamique de gauche pourrait se poursuivre avec la socialiste Laure Laroche, qui a pris la mairie de Roanne à Yves Nicolin en 2008.
6e circonscription (Feurs-Montbrison)
Ce nouveau siège rassemble les débris de l'ancienne 7e et quelques cantons du sud des anciennes 5e et 6e. Sur le papier, elle s'annonce assez solidement arrimée à droite. Seul le canton de Boën penche plutôt à gauche depuis 1958 (en orange sur la carte). Le problème pour la majorité sera surtout de trouver un bon candidat. Présent dans le paysage politique depuis 1978, Pascal Clément, sortant de la 6e, pourrait ne pas se représenter. Tout comme Jean-François Chossy, député de l'ancienne 7e, élu pour la première fois en 1993. L'UMP pourrait alors investir Liliane Vaginay, proche de Pascal Clément. Le PS, de son côté, pourrait lui opposer Liliane Faure, maire de Montbrison.
A quoi faut-il s'attendre...
Bien qu'assez lourd, ce remodelage ne devrait pas, en tant que tel, menacer le sortant PS dans la 2e. Il pourrait au contraire constituer une digue contre une éventuelle vague rose. Si la 6e paraît solide pour l'UMP et la 4e à peu près sûre, Yves Nicolin semble cependant davantage menacé dans la 5e.
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 27 mai 2010

Le redécoupage Marleix en Isère

C'est dans le nord du département, très péri-urbanisé et soumis à l'influence électorale de l'agglomération lyonnaise, qu'est créé un dixième siège.
1ere circonscription (Grenoble I, II, IV)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Echirolles)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Grenoble III, V, VI)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Vif)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Saint-Egrève)
Cette circonscription reste inchangée.
6e circonscription (Bourgoin-Jallieu Nord)
Le redécoupage enlève ici les cantons péri-urbains de La Tour-du-Pin et de Pont-de-Beauvoisin, à gauche respectivement depuis 2008 et 2001. Ne restent que des cantons penchant plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte). Sur ces quatre-là, seul celui de Bourgoin-Jallieu Nord, ancien fief du gaulliste Paul de Belval, est passé au PS en 2008. Les deux seuls espoirs du PS seraient que le député UMP sortant, Alain Moyne-Bressand, en place depuis 1986, ne se représente pas, et/ou que le FN parvienne à provoquer une triangulaire dans ce secteur où il demeure assez présent. Benoît de Belval pourrait prétendre à l'investiture UMP. A gauche, le seul conseiller général PS de la circonscription, Bernard Cottaz, pourrait lui disputer ce siège.
7e circonscription (Roussillon)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont ôté les cantons formant le sud de l'agglomération berjallienne et la ville nouvelle, et ajouté Beaurepaire et le sud de celui de Roussillon. Cette circonscription perd donc sa partie urbaine du nord, dominée par la gauche mais avec le gros réservoir de droite de la ville de Villefontaine, au profit du canton de Beaurepaire, qui a toujours voté socialiste sous la Ve République, et d'une bonne partie de l'agglomération ouvrière de Roussillon, où la gauche reste très influente. Au milieu subsistent des cantons globalement à droite, dont La Côte-Saint-André et Roybon, qui ont toujours soutenu cette sensibilité depuis 1958. Le cas de Saint-Jean-de-Bournay est un peu différent. S'il penche globalement à gauche sur cette dernière période (en orange sur la carte), il est détenu depuis 1985 par l'actuel député UMP Georges Colombier. Il est fort possible qu'il ne se représente pas en 2012. La compétition pourrait alors opposer Yannick Neuder, maire UMP de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, et Didier Rambaud, vice-président PS du conseil général, implanté au Grand-Lemps, et surtout s'avérer très ouverte.
8e circonscription (Vienne)
L'ancien bastion de Louis Mermaz est amputé de sa partie sud, avec le départ de Beaurepaire et de la partie la plus peuplée du canton de Roussillon vers la nouvelle 7e. Autrefois dominante, la gauche est ici clairement défavorisée. Face à Vienne-Sud et au canton péri-urbain d'Heyrieux, Vienne-Nord est la seul canton de la circonscription a n'avoir jamais voté à droite sous la Ve République (en rouge sur la carte). Le député UMP sortant Jacque Remiller n'a pas trop de souci à se faire. A moins que le conseiller général de Vienne-Sud Patrick Curtaud lui succède, face au PS qui pourrait investir Erwann Binet, son homologue de Vienne-Nord.
9e circonscription (Voiron)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Bourgoin-Jallieu Sud)
Ce nouveau siège chevauche les trois anciennes circonscriptions du nord du département. Il est majoritairement urbain et suit le tracé de l'autoroute Lyon-Chambéry, ce qui pourrait lui conférer une sociologie électorale mouvante, au gré de la pression foncière. Sur le papier, gauche et droite semblent partir avec les mêmes chances. La première domine globalement depuis 1958 les cantons de L'Isle-d'Abeau et de La Verpillière, la seconde ceux de Pont-de-Beauvoisin et de La Tour-du-Pin. Au milieu, Bourgoin-Jallieu Sud est indécis depuis sa création en 1985: d'abord divers droite puis PS depuis 1998. Cependant, le PS et ses alliés ont conquis tous ces cantons entre 1994 et 2008. Les socialistes pourraient envoyer Alain Cottalorda, maire de Bourgoin-Jallieu, à moins qu'ils soutiennent Serge Revel, conseiller général écologiste de Pont-de-Beauvoisin. A droite, l'ouverture pourrait aussi être de mise, avec notamment Raymond Feyssaguet, le maire sans étiquette de Villefontaine, seule ville du secteur à échapper à la gauche, ou Andrée Rabilloud pour le Nouveau Centre.
A quoi faut-il s'attendre...
Dans un Nord-Isère totalement verrouillé par la droite depuis 2002, le redécoupage renforcera incontestablement cette dernière dans les 6e et 8e circonscription, mais la fragilisera peut-être dans la 7e. Surtout, le jeu pourrait être très ouvert dans la nouvelle 10e.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 23 mai 2010

Le redécoupage Marleix en Indre-et-Loire

Ce département, qui ne figurait pas au départ sur le tableau du redécoupage, voit se deux premières circonscriptions légèrement remodelées. Une révision du projet initial après l'avis de la commission constitutionnelle, pour motifs démographiques.
1ere circonscription (Tours)
Les sept cantons de Tours sont réunis, après l'arrivée de Tours Nord-Est en provenance de la 2e circonscription. Bien que penchant plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), ce canton est détenu par le PS depuis 2004. Ce qui devrait a priori renforcer le député socialiste sortant Jean-Patrick Gille. L'UMP, de son côté, pourrait investir à nouveau l'ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, afin qu'il tente de récupérer ce siège détenu entre 1997 et 2004.
2e circonscription (Amboise)
L'ancien fief de Bernard Debré se ruralise légèrement en perdant Tours Nord-Est. Mis à part le canton péri-urbain de Montlouis-sur-Loire, où gauche et droite arrivent à parité en nombre de mandats depuis sa création en 1985, les autres sont classés plutôt à droite depuis 1958. Cependant, ils ont tous basculé à gauche entre 2001 et 2008, sauf Château-Renault. Ce qui n'a pas empêché l'UMP d'être élue régulièrement ici depuis 2002. Titulaire du siège depuis 2007, Claude Greff part avec de sérieuses chances en 2012. Le PS pourrait investir face à elle Isabelle Gaudron, implantée à Amboise.
3e circonscription (Montbazon)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Joué-lès-Tours)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Saint-Cyr-sur-Loire)
Cette circonscription reste inchangée.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce petit redécoupage ne devrait pas provoquer de séisme. Au contraire, la tendance pourrait être au renforcement des sensibilités actuelles dans les deux premières circonscriptions.
Emmanuel SAINT-BONNET

samedi 6 mars 2010

Le redécoupage Marleix dans l'Indre

Le petit département de l'Indre perd une circonscription, ce qui a pour effet de mêler davantage villes et campagnes.
1ere circonscription (Châteauroux)
L'urbaine et péri-urbaine 1ere circonscription se voit amputée du canton d'Ardentes, et est rattachée à l'ancienne 3e, à laquelle Alain Marleix a retiré Ecueillé, Levroux et Valençay. Une opération qui semble défavoriser la gauche, qui domine ces deux sièges. En 2007, dans la 1ere, le socialiste Michel Sapin ne l'avait emporté que de 374 voix. Le départ de Valençay, canton davantage ancré à gauche que l'agglomération de Châteauroux, pourrait rééquilibrer les zones rurales à droite. Deux des trois cantons retirés à l'ancienne 3e, Ecueillé et Valençay penchent légèrement à gauche depuis 1958, même s'ils sont à droite depuis 1985. Le PS devra en outre choisir son candidat entre Michel Sapin, sortant de l'ancienne 1ere, et son voisin Jean-Paul Chanteguet, tous deux se trouvant tout de même dans le paysage politique local respectivement depuis 1981 et 1988. A moins que les socialistes ne jouent la carte du renouvellement. A droite, l'UMP pourrait présenter Marianne Legendre.
2e circonscription (Issoudun)
Plus grande que sa voisine, cette circonscription s'avère davantage rurale, avec pour centre la ville d'Issoudun. Depuis 1993, et le déclin électoral d'André Laignel, cette dernière ne pèse plus guère électoralement dans ce secteur. Le redécoupage, en apportant ici davantage de cantons ruraux et de la zone péri-urbaine de Châteauroux, devrait accentuer ce phénomène. De quoi renforcer le député UMP sortant Nicolas Forissier. Face à lui, le PS devra enfin tourner la page de l'ère Laignel.
A quoi faut-il s'attendre...
En fusionnant deux circonscriptions de gauche, Alain Marleix applique ici la technique du marigot, dans lequel cohabiterait deux crocodiles sortants. Il y a donc fort à parier que la droite remporte ces deux nouveaux sièges.

vendredi 26 février 2010

Le redécoupage Marleix en Ille-et-Vilaine

Le redécoupage ajoute ici une huitième circonscription. L'agglomération rennaise est désormais ventilée entre quatre sièges, au lieu de trois précédemment, et les ciseaux d'Alain Marleix ont gerrymandrisé la nouvelle 2e circonscription.
1ere circonscription (Rennes-Sud)
Cette gagne un canton, Bruz, et échange celui de Rennes Sud-Ouest contre le Sud-Est. Sur le papier, la droite est légèrement favorisée par l'opération. Le noyau originel de l'ancienne 1ere (Rennes Le Blosne, Bréquigny et Centre-Sud) est composé de cantons n'ayant jamais élu de conseiller de droite depuis 1958. Les deux nouveaux penchent légèrement à droite sur cette période, mais Bruz vote socialiste depuis 2004 et Rennes Sud-Est depuis 1998. Bref, le remodelage ne fera sans doute, au mieux, que ralentir la dynamique de gauche dans ce secteur n'ayant jamais succombé à une seule vague bleue depuis 1988. La question centrale, au PS, sera de savoir qui succédera au sortant Jean-Michel Boucheron.
2e circonscription (Rennes-Est)
Composée de morceaux des anciennes 2e, 5e et 6e, cette circonscription est joli exercice de salamandrisation (gerrymandring). Elle forme une espèce de croissant allant des deux cantons péi-urbains d'Hédé et Liffré, en passant par l'agglomération rennaise. L'objectif semble être de retirer l'électorat urbain des 5e et 6e. Résultat: la gauche est circonscrite dans ce secteur. Elle a toujours tenu le canton de Betton, depuis sa création en 1992, et ceux Cesson-Sévigné, Hédé et Rennes Nord-Est penchent vers elle. Le député socialiste Philippe Tourtelier a donc peu de souci à se faire. Il devrait trouver sur sa route l'UMP Loïc Lebrun.
3e circonscription (Rennes-Nord)
Le remodelage est ici assez modeste. La nouvelle 3e se ruralise un peu, en perdant Rennes Centre-Ouest et Mordelles, et en gagnant Tinténiac et Combourg. Le rééquilibrage à droite semble peu important mais il sera suffisant pour rendre cette circonscription très tangente. Il y a donc fort à parier que reprenne l'affrontement entre Marcel Rogement, député PS depuis 2007, et l'UMP Philippe Rouault, qui l'avait battu en 2002. Sur le papier, ce dernier semble favorisé.
4e circonscription (Redon)
Cette circonscription se ruralise en perdant le canton péri-urbain de Bruz. Un redécoupage peu important mais qui va cependant fragiliser la gauche sortante. En écartant Bruz, où la dynamique se trouve du côté du PS, Alain Marleix renforce une droite encore très présente dans le secteur. Sur la carte, on constate en effet que trois cantons sur huit ne sont jamais passés à gauche depuis 1958 (en bleu), les cinq autres penchant plutôt à droite. En 2012, la question sera alors de savoir si le député socialiste Jean-René Marsac, qui est parvenu à arracher cette circonscription en 2007, aura suffisamment travaillé son implantation pour être reconduit. Il pourrait être opposé au jeune UMP Loïc Aubin, ou maire divers droite de Redon Vincent Bourguet.
5e circonscription (Vitré)
Ici aussi, deux cantons de l'agglomération rennaise, Rennes-Est et Cesson-Sévigné, ont été écartés, ce qui éloigne le secteur d'une perspective de conquête à gauche. Sur le papier, cette nouvelle 5e devient la circonscription la plus à droite. Mis à part Châteaugiron, qui a élu un conseiller de gauche entre 1994 et 2001, tous ses cantons sont restés attachés à cette sensibilité sous la Ve République. Un horizon dégagé donc pour la famille Méhaignerie, qui règne sur le secteur depuis la Libération. Pierre, député UMP sortant, pourrait passer le témoin à sa fille Laurence en 2012.
6e circonscription (Fougères)
Cette circonscription avance vers l'ouest, en gagnant les cantons de Pleine-Fougères et Saint-Aubin-d'Aubigné. Sur la durée, la sociologie électorale en sort peu modifiée, ces secteurs étant classés relativement à droite. Si l'on prend en compte la géopolitique actuelle, la gauche semble renforcée. Ce deux cantons votent pour elle depuis 1998. Surtout, à l'heure actuelle, seuls Fougères-Sud et Louvigné-du-Désert restent à droite. Cependant, les rapports de force de 2012 vont en grande partie dépendre du positionnement du député sortant, le non inscrit Thierry Benoît. Ce dernier l'avait emporté en 2007 sur l'UMP avec le large soutien de François Bayrou et de la gauche. Il a, depuis, rompu avec le MODEM. Saura-t-il une nouvelle fois séduire une gauche locale assez modérée, comptant dans ses rangs pas mal de radicaux et quelques anciens du MDR, ou se ralliera-t-il définitivement à l'UMP?
7e circonscription (Saint-Malo)
En perdant Pleine-Fougères, ce siège se réorganise autour des agglomérations jumelles de Saint-Malo et Dinard. Sur la durée, tous les cantons penchent à droite, Dol-de-Bretagne n'ayant même jamais élu de conseiller de gauche sous la Ve République. La géopolitique locale favorise un peu plus la gauche (trois cantons sur six), mais cette devra faire face sans Pleine-Fougères aux gros réservoirs de droite urbains. Sa seule chance serait de compromettre la succession de René Couanau, député (UDF puis UMP) depuis 1988 et maire de Saint-Malo depuis 1989, en jouant la carte du renouvellement.
8e circonscription (Rennes-Ouest)
Cette nouvelle circonscription est formée de chutes des anciennes 1ere, 2e et 3e. Comme presque partout dans l'agglomération rennaise, la gauche est ici favorisée. Trois cantons sur cinq penchent plutôt vers elle, et le secteur n'a que des conseillers généraux PS depuis 2004. Un fief qui pourrait être taillé sur mesure pour le nouveau maire socialiste de Rennes, Daniel Delaveau.
A quoi faut-il s'attendre...
En créant un quatrième siège dans l'agglomération rennaise, Alain Marleix semble avoir sciemment isolé le PS. Si celui-ci est bien placé pour emporter trois de ces quatre sièges, il pourrait perdre la 3e et la 5e. Mais les cartes pourraient être redistribuées dans les 6e et 7e. Au profit de qui? Il est encore trop tôt pour le dire.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 17 février 2010

Le redécoupage Marleix dans l'Hérault

En ajoutant deux sièges dans ce département en pleine expansion démographique, les ciseaux d'Alain Marleix ont globalement respecté la structure du précédent remodelage, avec cependant la volonté d'éparpiller les cantons montpelliérains, et quelques circonscriptions "gerrymandrisées".

1ere circonscription (Montpellier V, VI, VIII)

Ce secteur reste ouvert sur le littoral. Il perd les cantons I et IV de Montpellier mais gagne le VIII. Sur le papier, la gauche semble légèrement favorisée, le canton I étant le seul à pencher globalement à droite dans la préfecture. Le IV présente à peu près la même géographie électorale que le VIII: il penche globalement à gauche. Cependant, le dernier n'a été repris par le PS en 2001, le IV votant régulièrement socialiste depuis 1988. En réalité, le déséquilibre se situe davantage en faveur des communes de la périphérie que du centre-ville de Montpellier. Le centre névralgique de cette circonscription se déplace légèrement au sud-est, vers la ville de Lattes. Une commune et un canton représentés par la gauche, mais le canton a plutôt tendance à pencher à droite depuis sa création en 1992. Ce qui pourrait favoriser le député UMP sortant, Jacques Domergue. Les affrontements fratricides à gauche, lors des régionales de 2010, brouilleront peut-être les cartes. Le PS pourrait représenter Michel Guibal, ou bien le maire et conseiller général de Lattes, apparenté PS, Cyril Meunier. L'ancien député UMP (2002-2007) Christian Jeanjean, qui a conduit une liste de droite dissidente lors des régionales de 2010, pourrait encore plus compliquer le jeu.

2e circonscription (Montpellier I, III, VII, IX)

Le départ des cantons II et X est ici compensé par l'arrivée des I et III. De quoi légèrement favoriser la droite. Autant le canton X est très tangent (en gris sur la carte), autant le I penche plutôt à droite (en bleu clair). Candidat en 2007, l'UMP Arnaud Julien part avec donc un petit avantage, face au député socialiste sortant, André Vezinhet, président du conseil général solidement implanté à Montpellier.

3e circonscription (Montpellier II)

Evolution démographique oblige, cette circonscription ne garde que les cantons de Castries, et Castelnau-le-Lez, le deuxième de Montpellier étant remplacé par le troisième. Avec le départ du canton de Lunel, qui n'est jamais passé à droite sous la Ve République (en rouge sur la carte), et celui de Mauguio, qui abrite un gros réservoir de vote de gauche, c'est le canton de Castelnau-le-Lez, qui, de son côté, n'est jamais passé à gauche depuis sa création en 1992, qui devient le centre de gravité de cette circonscription. De quoi renforcer l'homme fort du secteur, le député UMP sortant Jean-Pierre Grand. Il pourrait retrouver sur sa route l'ancienne députée PS Christine Lazerges, qu'il avait battue en 2002.

4e circonscription (Lodève)

Cette circonscription, qui abrite entre autres les Cévennes héraultaises, est légèrement retouchée, mais ce redécoupage entraîne une redistribution des rapports de force locaux. Elle perd les cantons de Clermont-l'Hérault, Lunas et Pignan, et gagne celui de Mèze. Trois cantons de gauche, dont deux n'ayant jamais élu de conseiller de droite sous la Ve République, contre un canton penchant plutôt à gauche mais représenté depuis 2001 par un chasseur de CPNT, après avoir élu un écologiste. Le redécoupage, en écartant Pignan, canton périu-urbain de l'agglomération montpelliéraine, disqualifie aussi Jean-Pierre Moure, élu socialiste de la communauté d'agglomération implanté dans ce secteur, et sérieux challenger du sortant UMP Robert Lecou, implanté lui dans la partie rurale de la circonscription. Le PS pourrait donc présenter la nouvelle maire de Lodève, fraîche conquête de la gauche, Marie-Christine Bousquet.

5e circonscription (Bédarieux)

Les changements ne portent que sur des cantons solidement ancrés à gauche, n'ayant jamais élu de conseiller de droite sous la Ve République (en rouge sur la carte). Cette nouvelle 5e en gagne deux, Clermont-l'Hérault et Lunas, mais en perd trois, Florensac, Pézenas et Servian. Sur le papier, la droite est donc très légèrement favorisée, mais elle aura tout de même forte affaire avec le sortant socialiste, Kléber Mesquida, véritable homme fort du secteur. Au contraire, le redécoupage, en écartant Pézenas, approche le centre de gravité de cette circonscription de son canton de Saint-Pons-de-Thomières. L'UMP pourrait représenter Marcel Roques, à moins qu'elle ne trouve un accord avec le conseiller général centriste sans étiquette d'Olonzac, Gérard Marcouire.

6e circonscription (Béziers)

Cette circonscription reste inchangée.

7e circonscription (Sète)

Taillée autour de Sète, cette circonscription voit les départs de Frontignan et de Mèze, et l'arrivée de cantons de gauche de l'arrière-pays (Florensac, Pézenas et Servian). L'opération est ici délicate. Il s'agit de retirer de gros réservoirs de gauche pour les remplacer par des plus petits. Détenu par les communistes entre 1993 et 2007, le secteur reste fragile pour la droite. Elle peut cependant s'appuyer sur le 1er canton de Sète, qui vote pour elle depuis 1976, et celui d'Agde, désormais le plus peuplé de la circonscription, qui penche globalement à gauche mais est détenu par le Nouveau Centre depuis 2008. Deux points d'appui pour le député UMP sortant Gilles d'Ettore, qui devrait faire face à une gauche divisée. PS et PCF pourraient en effet se compter au premier tour, avec respectivement Geneviève Tapié et François Liberti.

8e circonscription (Montpellier X)

Un nouveau siège. Il recouvrira la partie est de l'ancienne 7e, avec Frontignan, augmentée des cantons de Montpellier X et Pignan. Trois cantons à la sociologie électorale très disparate. Frontignan n'est jamais passé à droite sous la Ve République, Pignan penche plutôt à gauche et Montpellier X est très disputé. La gauche part donc plutôt en bonne position pour 2012. Son principal problème ne sera d'ailleurs pas de gagner, mais de désigner le bon candidat, entre Jean-Pierre Moure, élu de l'agglomération montpelliéraine, et Pierre Bouldoire, maire PS de Frontignan. A droite, le choix pourrait se porter sur le maire UMP de Fabrègues, Jacques Martinier.

9e circonscription (Montpellier IV)

Ce nouveau siège est découpé sur une partie de l'ancienne 3e (cantons de Lunel et Mauguio) à laquelle est rattaché le canton de Montpellier IV. Trois cantons de gauche, voire-même exclusivement de gauche pour Lunel. Sur le papier, la gauche est donc favorisée, mais l'enjeu portera sur les rapports de force au sein de la communauté d'agglomération de Montpellier. Le PS investira-t-il Patrick Vignal, conseiller de Montpellier IV, ou un accord avec Yvon Bourrel, maire divers gauche de Mauguio, sera-t-il trouvé? Il faudra aussi compter avec un gros réservoir de suffrages de droite, la commune de Lunel. Son maire, Claude Arnaud, pourrait trouver le soutien de l'UMP.

A quoi faut-il s'attendre...

Tout peut arriver, au vu de la situation politique de plus en plus mouvante de l'Hérault. La dissidence du PS de Georges Frêche, président du conseil régional et ancien maire de Montpellier, depuis 2007, a accéléré cette instabilité. Globalement, la droite pourrait récupérer la 2e circonscription et gagner la nouvelle 9e, mais elle risque fort de voir lui échapper la nouvelle 8e. Incertitude totale en revanche pour la 1ere.

dimanche 14 février 2010

Le redécoupage Marleix en Gironde

Un douzième siège est ajouté aux onze existants dans le précédent découpage. Là aussi l'évolution démographique a joué, mais en dehors de l'agglomération bordelaise, car les cinq circonscriptions remodelées, mise à part la 7e, se situent toutes en zone péri-urbaine et rurale.
1ere circonscription (Bordeaux-Nord)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Bordeaux-Centre)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Bordeaux-Sud)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Cenon)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Blanquefort)
Cette circonscription reste inchangée.
6e circonscription (Mérignac)
Cette circonscription reste inchangée.
7e circonscription (Pessac)
Perdant le canton péri-urbain de Labrède, mais gardant ceux, bien plus peuplés, de Gradignan et de Pessac I et II, cette circonscription se resserre sur l'agglomération bordelaise. L'ancienne 7e, découpée en 1986, n'est jamais passée à droite depuis. Ce remodelage devrait encore plus l'ancrer à gauche. Les trois cantons restants penchent tous vers cette sensibilité. Celui de Gradignan a toujours voté pour le PS depuis sa création, en 1982. Les législatives de 2012 ne devraient donc poser aucun problème pour le député socialiste sortant, Alain Rousset, président du conseil régional. Il pourrait retrouver sur sa route le maire divers droite de Gradignan, Michel Labardin.
8e circonscription (Arcachon)
Cette circonscription, qui regroupait jusque-là tous les cantons de la périphérie sud du département, se recentre sur les trois du bassin d'Arcachon. Ce remodelage a pour conséquence de droitiser cet siège devenu de plus en plus tangent pour l'UMP. Le canton d'Arcachon n'est en effet jamais passé à gauche sous la Ve République (en bleu sur la carte). Les deux autres, Audenge et La Teste, s'ils penchent globalement à droite depuis un demi-siècle, restent assez disputés. Le premier, à droite depuis 1973, est repassé à gauche en 2004. Le second est revenu à droite en 2008 après vingt ans de représentation socialiste. Le maire UMP d'Arcachon, Yves Foulon, pourrait donc voir son heure arriver. Face à lui, le député PS sortant François Deluga, qui arraché ce siège lors d'une partielle en 2008, suivant l'élection de la députée UMP Marie-Hélène des Esgaulx au Sénat, partira avec la prime au sortant. Mais le redécoupage l'a privé de précieux réservoirs de suffrages, notamment Belin-Béliet, canton de droite conquis en 2009 mais que la commission constitutionnelle, suivie par Alain Marleix, a préféré placer dans la nouvelle 9e.
9e circonscription (Langon)
Abritant toujours la ville de Langon, cette nouvelle circonscription ne reprend cependant de deux cantons de l'ancienne 9e, Langon et Podensac. Les autres cantons proviennent des "chutes" des anciennes 7e et 8e. Les cartes sont donc en très grande partie redistribuées dans ce secteur. Sur neuf cantons, quatre penchent à droite, quatre à gauche, le dernier, Saint-Symphorien, ayant toujours voté à gauche sous la Ve République (en rouge sur la carte). Les rapports de force actuels indiquent un net avantage pour la gauche, avec seulement deux cantons, Bazas et Grignols, encore détenus par l'UMP. Le PS pourrait donc avoir ici un nouveau député, peut-être le maire de Langon Charles Vérité. L'UMP pourrait lui opposer Sylvie Dufranc, implantée à Labrède.
10e circonscription (Libourne)
Ce siège est faiblement redécoupé. La nouvelle 10e perd Pellegrue, à la périphérie du département, mais gagne Créon, dans la zone péri-urbaine bordelaise. Un chassé-croisé qui pourrait remettre en question le fragile équilibre électoral de cette circonscription détenue par l'UMP depuis 2002, mais à avec moins de trois points d'écart au second tour. En effet, si Pellegrue est classé de gauche sur notre carte (en orange), il est représenté par la droite depuis 1988. Créon affiche les mêmes caractéristiques, mais il vote pour le PS depuis 1976. La gauche semble très légèrement favorisée, suffisamment peut-être pour menacer le député UMP Jean-Paul Garraud. Il pourrait être une nouvelle fois opposé au poulain du maire PS de Libourne Gilbert Mitterrand, Philippe Buisson.
11e circonscription (Blaye)
Cette circonscription reste inchangée.
12e circonscription (La Réole)
Cette circonscription, entièrement nouvelle, reprend les cantons écartés de l'ancienne 9e, ainsi que celui de Pellegrue, venu de l'ancienne 10e. Sur le papier, la gauche semble favorisée. Sur le long terme, cinq cantons sur huit penchent plutôt vers elle. Si l'on examine la géopolitique actuelle, la droite est encore plus défavorisée, avec seulement deux cantons détenus, Pellegrue et Sauveterre-de-Guyenne. De quoi peut-être tailler un nouveau fief à Martine Faure, députée socialiste de l'ancienne 9e implantée dans le canton d'Auros. A droite, l'UMP pourrait présenter Yves d'Amecourt, conseiller général de Sauveterre-de-Guyenne.
A quoi faut-il s'attendre...
Si les rapports de forces restent les mêmes en 2012 dans les circonscriptions non redécoupées, la gauche pourrait sortir gagnante de ce remodelage. La 12e circonscription lui semble promise, et si elle risque fort de perdre la 8e, elle pourrait regagner la 10e sur la droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 4 octobre 2009

Le redécoupage Marleix en Charente

Evolution démographique oblige, la Charente perd un siège dans ce redécoupage. Alors, que dans l'ancien tracé, Angoulême était divisée entre deux circonscriptions et votait avec les campagnes, Alain Marleix a choisi de découper trois sièges concentrés autour de la préfecture et des deux sous-préfectures, Cognac et Confolens.
1ere circonscription (Angoulême)
C'est la plus urbanisée des trois. Elle reprend le tracé des anciens cantons d'Angoulême I et II, redécoupés dans les années 1980 au fil des évolutions démographiques. Presque tous ces nouveaux cantons penchent plus ou moins forts à gauche, comme le montre la carte (en orange et en rouge). Seul Angoulême-Ouest penche légèrement à droite, et Angoulême-Nord, créé en 1985, reste indécis. Cependant, ces deux cantons votent socialiste, respectivement depuis 1998 et 2004. La victoire socialiste en 2012 fait ici très peu de doute. La seule question sera celle du candidat, puisqu'un député sortant devra forcément s'effacer ou, au pire, repartir en suppléant. La logique voudrait que le PS désigne Martine Pinville, députée de l'ancienne 4e élue en 2007. L'UMP, de son côté, ne peut plus guère s'appuyer que sur le maire divers droite de Soyaux François Nebout, seul élu d'importance, à droite, bien implanté dans cette nouvelle circonscription.
2e circonscription (Cognac)
Son périmètre reprend celui dans l'ancienne 2e, augmentée de l'ancienne 1ere, moins le canton de Montbron et la partie de l'agglomération d'Angoulême. Sur la carte, c'est sans doute la plus gagnable par la droite. Elle abrite le seul canton du département n'ayant jamais voté à gauche depuis 1958, Blanzac-Porcheresse (en bleu sur la carte). Encore à l'heure actuelle, seuls quatre cantons sur les treize que compte cette nouvelle circonscription sont à gauche. Cependant, ici, la géopolitique semble peser assez peu. Le redécoupage fusionne en grande partie deux circonscriptions détenues par le PS, dont l'une, la 1ere, depuis 1997. De plus, la ville-centre, Cognac, a basculé à gauche lors des municipales de 2008. Marie-Line Reynaud, députée socialiste depuis 2007 dans la 2e, part donc avec un certain avantage. A droite, les cantonales de 2004 et les municipales de 2008 ont laissé Jacques Bobé et Jérôme Mouhot au tapis. Ayant pris acte de ses difficultés à Cognac, l'UMP pourrait être tentée d'investir un élu des campagnes, à savoir François Lucas, leader de la Coordination rurale.
3e circonscription (Confolens)
C'est le siège subissant le moins de modifications. A deux cantons près, il reprend les contours de l'ancienne 3e. Mis à part le Confolentais, de tradition modéré, ce secteur, proche du Limousin, abrite encore quelques débris du communisme rural. Deux de ses cantons, Chabanais et La Rochefoucauld, sont détenus sans interruption par la gauche depuis 1958. A l'heure actuelle, mis à part les deux de Confolens, tous les cantons votent à gauche. La réélection du mitterrandiste historique Jérôme Lambert ne devrait poser que peu de problèmes. Il devrait retrouver sur sa route l'UMP, tendance radicale valoisienne, Caroline Fombaron.
A quoi faut-il s'attendre...
La victoire attendue de la gauche en 2012 cachera une défaite... En supprimant un siège, Alain Marleix réduira forcément son influence dans cette région Poitou-Charentes chère à Ségolène Royal.
Emmanuel SAINT-BONNET

mardi 1 septembre 2009

Le redécoupage Marleix dans les Bouches-du-Rhône

Comme en 1986, le département des Bouches-du-Rhône est assez fortement redécoupé, notamment la ville de Marseille. Le nombre de circonscriptions reste cependant inchangé, même si la préfecture en perd une au profit du reste du département.
1ere circonscription (Marseille XI)
Elle comprend la totalité du XIe arrondissement, et une partie des X et XIIe, ce qui la rapproche plutôt de l'ancienne 8e circonscription. Jusqu'en 2007, c'était le fief incontesté de la famille socialiste Masse, conquis par la jeune UMP Valérie Boyer. Le redécoupage écarte certains quartiers Nord les plus ancrés à gauche, ce qui pourrait conforter la députée sortante. La nouvelle délimitation comprend trois cantons traditionnellement à gauche, dont l'un, Saint-Marcel, n'a jamais élu de conseiller de droite (en rouge sur la carte) sous la Ve République.
2e circonscription (Marseille VII et VIII)
Elle regroupe le VIIIe arrondissement, qui formait l'ancienne 2e circonscription, et le VIIe, partie de l'ancienne 3e. Deux bastions de droite, qui devraient rendre ce nouveau siège très sûr pour la majorité. L'examen des cantons qu'elle abrite amène à la même conclusion. Ses trois cantons la Pointe-Rouge, Saint-Giniez, et Saint-Lambert, sont classés plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), et votent pour cette tendance respectivement depuis 1979, 1973 et 1982. Ce qui devrait assurer la réélection du député UMP de l'ancienne 2e, Dominique Tian.
3e circonscription (Marseille XIII)
Comprenant l'intégralité du XIIIe arrondissement, et une partie des XII et XIVe, elle peut s'assimilier à l'ancienne 7e circonscription. Cette dernière élit depuis 1997 la socialiste Sylvie Andrieux, connue pour bien résister aux vagues bleues. Cette nouvelle circonscription abrite trois cantons, dont deux, les Olives et la Rose, ont toujours voté à gauche depuis 1958. Le troisième, Montolivet, même s'il est classé à gauche, est moins stable politiquement, et vote à droite depuis 2004.
4e circonscription (Marseille I, II, III)
Difficile de rattacher cette nouvelle circonscription à une ancienne. Formée des trois premiers arrondissements municipaux, elle annexe aussi une partie des Ve et VIe. Ce qui la rapproche aussi bien de l'ancienne 4e que de la 3e, et en partie de la 5e qui recouvrait la totalité du Ve arrondissement. Ce qui pourrait créer une rivalité entre le socialiste Henri Jibrayel, qui a arraché en 2007 l'ancienne 4e aux communistes, et le 1er adjoint UMP à la mairie, Renaud Muselier, élu dans l'ancienne 5e depuis 1993. A moins que ne se dessine un autre scénario, favorisé par un éventuel retrait du sortant UMP de l'ancienne 3e, Jean Roatta, parallèle à une nouvelle tentative du ségoléniste de choc Patrick Mennucci, vice-président de la Région. A cet égard, le résultat des régionales de 2010 pésera peut-être sur les rapports de force dans cette circonscription en 2012. Difficile aussi de faire de la prospective à partir de la carte des cantons, puisque les quatre recouverts par cette circonscription vont du solidement ancré à droite à l'incontestablement attaché à la gauche. Cependant, depuis 2004, trois d'entre eux sont à gauche.
5e circonscription (Marseille IV)
Elle se rapproche beaucoup de l'ancienne 1ere, basée sur le IVe arrondissement, même si son découpage est un peu différent, comprenant des morceaux de Ve et VIe arrondissement, alors que l'ancien siège représentait aussi des parties des Ier et XIIe. Une zone considérée comme la clé de la victoire aux municipales. Elle est solidement tenue depuis 1988 par l'UMP Roland Blum. Une longévité que la gauche aimerait transformer en usure du pouvoir, avec peut-être une candidature de la conseillère générale PS Marie-Arlette Carlotti. Cette nouvelle circonscription recouvre deux cantons, Camas et la Blancarde, classés globalement à gauche mais relativement peu stables.
6e circonscription (Marseille IX)
Une circonscription peu modifiée, puisqu'elle reprend le tracé du IXe arrondissement, sa périphérie étant quelque peu remodelée. Après une tentative d'enracinement local de Bernard Tapie en 1989, elle reste solidement tenue par la droite. Son tracé passe par les principales places fortes UMP, au Sud de la ville. Notamment deux cantons votant à droite depuis 1958, Sainte-Marguerite et Mazargues. Seul le troisième, la Capelette, s'avère plus favorable à la gauche. Mais, même en cas du retrait du sortant UMP Guy Teissier, la gauche a peu de chances de prendre ce siège.
7e circonscription (Marseille XV, XVI)
Encore une circonscription complètement éclatée sur plusieurs tracés antérieurs. Incorporant les XV et XVIe arrondissement, ainsi qu'une partie du XIVe, elle reprend des quartiers des anciennes 4e et 7e. Cependant, sa géopolitique s'avère relativement limpide, puisqu'il s'agit de deux fiefs de gauche avec de nombreux quartiers Nord. Sur les sept cantons, seul un penche relativement à droite, Cinq-Avenues, cependant représenté par le PS depuis 1998. Tous les autres n'ont jamais voté à droite depuis 1958. Ce nouveau siège pourrait servir de point de chute à une pointure socialiste, comme Patrick Mennucci ou Jean-Noël Guérini.
8e circonscription (Salon-de-Provence)
Une nouvelle circonscription qui reprend la partie ouest de l'ancienne 11e (cantons de Salon et Pélissanne), et le Nord de l'ancienne 12e (Berre-l'Etang). Ces deux sièges sont à droite, respectivement depuis 1988 et 2002. Mais, au plan strictement géopolitique, le secteur penche globalement à gauche. Le canton de Pélissanne revient au PS depuis sa création en 1992, et ceux de Berre et Salon ont été le plus souvent représentés par la gauche depuis 1958. Comme bien souvent dans les Bouches-du-Rhône, les élections de 2012 se joueront ici au moins autant sur les personnalités que sur les équilibres électoraux. La géographie voudrait en effet que le député UMP sortant de la 11e, Christian Kert, se présente. Fort d'un bon enracinement dans la ville de Salon, où s'affrontent régulièrement la gauche et le centre-droit, il garde de bonnes chances de victoire. Face à lui, la gauche compte sur une certaine usure (il est élu depuis 1988). Plusieurs candidats socialistes peuvent se déclarer: Michel Tonon, maire de Salon depuis 2002 qui est parvenu à conserver la ville en 2008, Jean-Pierre Maggi, conseiller général de Pélissanne, ou Serge Andréoni, maire de Berre-l'Etang.
9e circonscription (Aubagne, La Ciotat)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Gardanne)
Les contours de la 10e circonscription sont peu modifiés. Seul le canton des Pennes-Mirabeau est écarté, ce qui atténue le penchant à gauche de l'ancienne circonscription de Bernard Tapie, représentée depuis 2002 par l'UMP Richard Mallié. La géopolitique des trois cantons restants, même s'ils penchent à gauche, surtout Roquevaire qui n'est jamais passé à droite depuis 1958, devrait assez peu peser, puisque ce secteur, autrefois minier et très populaire, est en pleine expansion démographique. Les mutations sociologiques en cours devrait donc plutôt profiter à Richard Mallié, au détriment du maire communiste de Gardanne Roger Mei, député entre 1999 et 2002. Le PS, de son côté, pourrait investir le maire d'Allauch Roland Povinelli.
11e circonscription (Aix-Ouest)
La 11e circonscription échange sa partie ouest, formée des cantons de Salon et de Pélissanne, contre le canton des Pennes-Mirabeau, tout aussi à gauche mais moins peuplé que cet ensemble. Les ciseaux d'Alain Marleix ont quelque peu rééquilibré le tout à droite en ajoutant quelques quartiers compris dans le canton d'Aix - Nord-Est. Le seul problème pour l'UMP sera de désigner un candidat, puisque Christian Kert et Maryse Joissans devraient se présenter dans les circonscriptions voisines. Le PS, lui, devrait mettre en avant le maire des Pennes Michel Amiel.
12e circonscription (Marignane)
Cette circonscription, qui a fait trembler les Etats-Majors politiques locaux à la fin du siècle dernier, est amputée du canton de Berre-l'Etang. Un handicap pour une gauche qui a perdu ce siège en 2002, après le reflux d'une extrême-droite autrefois florissante. Même si tous les cantons, à l'exception de celui de Marignane, penchent tous à gauche, la droite a récupéré une bonne partie des suffrages frontistes et mégrétistes. Débarrassé d'un éventuel rival, en la personne du maire divers gauche de Berre Serge Andréoni, le député-maire UMP de Sausset-les-Pins Eric Diard devrait retrouver son siège sans problème. Face à lui, le conseiller général PS de Châteauneuf-Côte-Bleue Vincent Burroni, député entre 1998 et 2002, sera moins favorisé par ce nouveau découpage.
13e circonscription (Martigues)
Alain Marleix aura sans doute permis au PCF de sauver son dernier siège dans les Bouches-du-Rhône. Géographiquement, cela se traduit par un décalage vers le Sud de cette circonscription, qui abandonne le canton d'Istre-Nord au profit de Port-Saint-Louis-du-Rhône. De quoi incontestablement renforcer le député communiste sortant Michel Vaxes, bien implanté dans le secteur de Fos-sur-Mer, qui avait battu en 1997 un sortant UDF ancré lui à Istres. Même si Port-Saint-Louis est moins peuplé qu'Istres-Nord, ce canton reste bien plus stable politiquement, avec des conseillers communistes depuis 1967, sauf pendant un interrègne divers droite entre 1992 et 2004. En attendant l'éventuelle émergence d'une personnalité de droite dans cette circonscription, le PS pourrait investir René Raimondi, maire de Fos.
14e circonscription (Aix-Est)
L'amputation de quelques quartiers d'Aix, au profit de la nouvelle 11e, ne devrait pas remettre en question les équilibres locaux. Ils reposent sur deux cantons aixois penchant plutôt à droite, le canton de Trets, ancien fief indépendant élisant des socialistes depuis 1973, et le canton de Peyrolles-en-Provence, représenté en son temps par Louis Philibert, ancien président socialiste du conseil général. La démographie est donc clairement défavorable à la gauche, qui n'a jamais pu faire élire ici de député depuis 1988. Cependant, l'évolution politique à Aix d'ici à 2012 sera intéressante à suivre. Si la députée-maire UMP Maryse Joissans devrait certainement se représenter, elle devrait retrouver sur sa route son opposant municipal Alexandre Medvedowsky (PS), qui a obtenu un score honorable lors de la municipale partielle de 2009.
15e circonscription (Châteaurenard)
Le tracé de cette circonscription est très légèrement modifié, avec le départ des trois communes du canton de Pélissanne (Aurons, la Barben et le chef-lieu). C'est la seule, hors Marseille, à ne compter aucun canton solidement ancré à gauche. Elle est détenue depuis 2007 par Bernard Reynès, maire UMP de la plus grande ville Châteaurenard, qui a succédé au gaulliste Léon Vachet. La droite devrait donc garder ce secteur sans problème, le PS pouvant investir le maire de Saint-Rémy-de-Provence Hervé Chérubini, ou laisser l'un de ses alliés monter au front.
16e circonscription (Arles)
Détenue depuis 2007 par le président PS du conseil régional Michel Vauzelle, cette circonscription a tendance a zapper au gré des vagues roses ou bleues. Les départs de la ville de Miramas, gros réservoir de voix socialistes, et du canton communiste de Port-Saint-Louis-du-Rhône, et l'arrivée du canton d'Istres-Nord, considéré comme moins stable pour la gauche, pourrait permettre à la droite de faire la différence. Les résultats des régionales de 2010 sont très attendus par les Etats-Majors locaux, alors que Michel Vauzelle a annoncé qu'il ne se représenterait pas. Le PS devra se chercher un nouveau champion, alors que l'UMP pourrait soit investir le maire des Saintes-Maries-de-la-Mer Roland Chassain, député de 2002 à 2007, soit envoyer le nouveau maire de Tarascon Charles Fabre. Une situation qui pourrait permettre au maire communiste d'Arles, Hervé Schiavetti, de tirer son épingle du jeu dans ce secteur représenté par le PCF entre 1973 et 1986. Sans compter le maire divers gauche d'Istres, François Bernardini, qui pourrait être tenté de brouiller les cartes. Bref, l'élection de 2012 pourrait s'avérer ici très ouverte.
A quoi faut-il s'attendre...
Avec depuis 2007 12 sièges sur 16, l'UMP et son allié Nouveau Centre dominent largement le département. Ce redécoupage s'est effectué dans une certaine concertation, la gauche n'a pas protesté et même considéré qu'elle n'avait pas été "volée". Il semble qu'Alain Marleix ait agi ici avec une certaine prudence, le redécoupage cantonal d'avant les élections de 2004 ayant été assez peu profitable à la droite. Mécaniquement, la droite devrait perdre un siège à Marseille, le PS maintenant ses deux circonscriptions sur sept, contre huit actuellement. L'UMP pourrait rattraper cette perte dans la circonscription d'Arles.
Emmanuel SAINT-BONNET