dimanche 4 octobre 2009

Le redécoupage Marleix en Charente

Evolution démographique oblige, la Charente perd un siège dans ce redécoupage. Alors, que dans l'ancien tracé, Angoulême était divisée entre deux circonscriptions et votait avec les campagnes, Alain Marleix a choisi de découper trois sièges concentrés autour de la préfecture et des deux sous-préfectures, Cognac et Confolens.
1ere circonscription (Angoulême)
C'est la plus urbanisée des trois. Elle reprend le tracé des anciens cantons d'Angoulême I et II, redécoupés dans les années 1980 au fil des évolutions démographiques. Presque tous ces nouveaux cantons penchent plus ou moins forts à gauche, comme le montre la carte (en orange et en rouge). Seul Angoulême-Ouest penche légèrement à droite, et Angoulême-Nord, créé en 1985, reste indécis. Cependant, ces deux cantons votent socialiste, respectivement depuis 1998 et 2004. La victoire socialiste en 2012 fait ici très peu de doute. La seule question sera celle du candidat, puisqu'un député sortant devra forcément s'effacer ou, au pire, repartir en suppléant. La logique voudrait que le PS désigne Martine Pinville, députée de l'ancienne 4e élue en 2007. L'UMP, de son côté, ne peut plus guère s'appuyer que sur le maire divers droite de Soyaux François Nebout, seul élu d'importance, à droite, bien implanté dans cette nouvelle circonscription.
2e circonscription (Cognac)
Son périmètre reprend celui dans l'ancienne 2e, augmentée de l'ancienne 1ere, moins le canton de Montbron et la partie de l'agglomération d'Angoulême. Sur la carte, c'est sans doute la plus gagnable par la droite. Elle abrite le seul canton du département n'ayant jamais voté à gauche depuis 1958, Blanzac-Porcheresse (en bleu sur la carte). Encore à l'heure actuelle, seuls quatre cantons sur les treize que compte cette nouvelle circonscription sont à gauche. Cependant, ici, la géopolitique semble peser assez peu. Le redécoupage fusionne en grande partie deux circonscriptions détenues par le PS, dont l'une, la 1ere, depuis 1997. De plus, la ville-centre, Cognac, a basculé à gauche lors des municipales de 2008. Marie-Line Reynaud, députée socialiste depuis 2007 dans la 2e, part donc avec un certain avantage. A droite, les cantonales de 2004 et les municipales de 2008 ont laissé Jacques Bobé et Jérôme Mouhot au tapis. Ayant pris acte de ses difficultés à Cognac, l'UMP pourrait être tentée d'investir un élu des campagnes, à savoir François Lucas, leader de la Coordination rurale.
3e circonscription (Confolens)
C'est le siège subissant le moins de modifications. A deux cantons près, il reprend les contours de l'ancienne 3e. Mis à part le Confolentais, de tradition modéré, ce secteur, proche du Limousin, abrite encore quelques débris du communisme rural. Deux de ses cantons, Chabanais et La Rochefoucauld, sont détenus sans interruption par la gauche depuis 1958. A l'heure actuelle, mis à part les deux de Confolens, tous les cantons votent à gauche. La réélection du mitterrandiste historique Jérôme Lambert ne devrait poser que peu de problèmes. Il devrait retrouver sur sa route l'UMP, tendance radicale valoisienne, Caroline Fombaron.
A quoi faut-il s'attendre...
La victoire attendue de la gauche en 2012 cachera une défaite... En supprimant un siège, Alain Marleix réduira forcément son influence dans cette région Poitou-Charentes chère à Ségolène Royal.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 20 septembre 2009

Le redécoupage Marleix dans le Calvados

Le projet initial d'Alain Marleix ne prévoyait pas de redécoupage pour le Calvados. La copie finale prend en compte les observations de la commission consultative, qui pointait les déséquilibres démographique entre les 3e, 4e et 5e circonscriptions.
1ere circonscription (Caen I, II, III, VIII, IX)
Cette circonscription reste inchangée
2e circonscription (Caen IV, V, VI, VII, X)
Cette circonscription reste inchangée
3e circonscription (Lisieux-Falaise)
Le redécoupage apporte ici le canton conservateur de Cambremer, qui n'a jamais élu de conseiller général de gauche depuis 1958. Un ajout qui pourrait éloigner un peu plus, à gauche, la possibilité de reconquête de ce secteur, représenté par deux fois par la socialiste Yvette Roudy, maire de Lisieux de 1989 à 2001. Mais, cette fois-ci, la bataille pourrait se déplacer vers Falaise, l'autre grande ville de la circonscription, en opposant le député UMP sortant Claude Leteurtre, ancien maire, et le conseiller général PS du canton Nord Guy Bailliart. A moins que le PS n'investisse l'un de ses alliés, le maire PRG de Mézidon-Canon François Aubey, élu dans une zone où la gauche a beaucoup progressé ces dernières années.
4e circonscription (Lisieux-Trouville)
Une circonscription hautement symbolique. Recouvrant Deauville, fief de la famille giscardienne d'Ornano, ce fut la seule à ne pas céder à la vague rose de 1997, qui s'avéra particulièrement meurtrière pour la droite. En échangeant Cambremer contre Ouistreham, Alain Marleix prend ici un risque. Sur la carte, les cantons les plus peuplés sont en rouge et en orange, c'est-à-dire à gauche, face à des campagnes plus à droite (en bleu), s'appuyant sur les cantons conservateurs de Lisieux I et d'Honfleur. Le redécoupage reconstitue l'ancien bastion communiste de Dozulé, passé sous le contrôle de la droite en 1985, après la création des cantons de Cabourg et Ouistreham, jamais passés à droite depuis. Certes, la droite possède ici une bonne avance, mais le PS devrait jouer la carte du renouvellement le jeune élu de Cabourg Damien Cesselin. Députée depuis 1991, l'UMP Nicole Ameline pourrait céder en 2012 la place au maire de Deauville Philippe Auger, ou à celui de Honfleur, Michel Lamarre.
5e circonscription (Bayeux)
Cette circonscription perd un canton, celui de Ouistreham, le seul traditionnellement tourné vers la gauche dans le secteur. Ce qui devrait renforcer le sortant UMP Jean-Marc Lefranc, et éloigner le scénario d'une réédition des législatives de 1997, qui avaient vu la victoire quasiment "hors-sol", au vu de la rareté et de la faiblesse des bastions de gauche à l'époque, de la jeune socialiste Laurence Dumont face au notable indépendant, et réputé imbattable, François d'Harcourt. En 2012, la gauche pourrait présenter Nathalie Le Moal, implantée à Bayeux. Mais, en retranchant Ouistreham, Alain Marleix a voulu retarder le lent grignotage de la gauche par l'Est (Creully, Douvres-la-Délivrande) de cette circonscription.
6e circonscription (Vire)
Cette circonscription reste inchangée
A quoi faut-il s'attendre...
Alain Marleix a profité des observations de la commission de suivi pour tenter un pari qui pourrait s'avérer audacieux. En renforçant à droite les 3e et 5e circonscriptions, il prend le risque d'affaiblir le bastion UMP de la 4e, qui n'est plus à l'abri d'une surprise, dans un département où les changements sociologiques et démographiques résonnent de plus en plus dans les urnes.
Emmanuel SAINT-BONNET

mardi 1 septembre 2009

Le redécoupage Marleix dans les Bouches-du-Rhône

Comme en 1986, le département des Bouches-du-Rhône est assez fortement redécoupé, notamment la ville de Marseille. Le nombre de circonscriptions reste cependant inchangé, même si la préfecture en perd une au profit du reste du département.
1ere circonscription (Marseille XI)
Elle comprend la totalité du XIe arrondissement, et une partie des X et XIIe, ce qui la rapproche plutôt de l'ancienne 8e circonscription. Jusqu'en 2007, c'était le fief incontesté de la famille socialiste Masse, conquis par la jeune UMP Valérie Boyer. Le redécoupage écarte certains quartiers Nord les plus ancrés à gauche, ce qui pourrait conforter la députée sortante. La nouvelle délimitation comprend trois cantons traditionnellement à gauche, dont l'un, Saint-Marcel, n'a jamais élu de conseiller de droite (en rouge sur la carte) sous la Ve République.
2e circonscription (Marseille VII et VIII)
Elle regroupe le VIIIe arrondissement, qui formait l'ancienne 2e circonscription, et le VIIe, partie de l'ancienne 3e. Deux bastions de droite, qui devraient rendre ce nouveau siège très sûr pour la majorité. L'examen des cantons qu'elle abrite amène à la même conclusion. Ses trois cantons la Pointe-Rouge, Saint-Giniez, et Saint-Lambert, sont classés plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), et votent pour cette tendance respectivement depuis 1979, 1973 et 1982. Ce qui devrait assurer la réélection du député UMP de l'ancienne 2e, Dominique Tian.
3e circonscription (Marseille XIII)
Comprenant l'intégralité du XIIIe arrondissement, et une partie des XII et XIVe, elle peut s'assimilier à l'ancienne 7e circonscription. Cette dernière élit depuis 1997 la socialiste Sylvie Andrieux, connue pour bien résister aux vagues bleues. Cette nouvelle circonscription abrite trois cantons, dont deux, les Olives et la Rose, ont toujours voté à gauche depuis 1958. Le troisième, Montolivet, même s'il est classé à gauche, est moins stable politiquement, et vote à droite depuis 2004.
4e circonscription (Marseille I, II, III)
Difficile de rattacher cette nouvelle circonscription à une ancienne. Formée des trois premiers arrondissements municipaux, elle annexe aussi une partie des Ve et VIe. Ce qui la rapproche aussi bien de l'ancienne 4e que de la 3e, et en partie de la 5e qui recouvrait la totalité du Ve arrondissement. Ce qui pourrait créer une rivalité entre le socialiste Henri Jibrayel, qui a arraché en 2007 l'ancienne 4e aux communistes, et le 1er adjoint UMP à la mairie, Renaud Muselier, élu dans l'ancienne 5e depuis 1993. A moins que ne se dessine un autre scénario, favorisé par un éventuel retrait du sortant UMP de l'ancienne 3e, Jean Roatta, parallèle à une nouvelle tentative du ségoléniste de choc Patrick Mennucci, vice-président de la Région. A cet égard, le résultat des régionales de 2010 pésera peut-être sur les rapports de force dans cette circonscription en 2012. Difficile aussi de faire de la prospective à partir de la carte des cantons, puisque les quatre recouverts par cette circonscription vont du solidement ancré à droite à l'incontestablement attaché à la gauche. Cependant, depuis 2004, trois d'entre eux sont à gauche.
5e circonscription (Marseille IV)
Elle se rapproche beaucoup de l'ancienne 1ere, basée sur le IVe arrondissement, même si son découpage est un peu différent, comprenant des morceaux de Ve et VIe arrondissement, alors que l'ancien siège représentait aussi des parties des Ier et XIIe. Une zone considérée comme la clé de la victoire aux municipales. Elle est solidement tenue depuis 1988 par l'UMP Roland Blum. Une longévité que la gauche aimerait transformer en usure du pouvoir, avec peut-être une candidature de la conseillère générale PS Marie-Arlette Carlotti. Cette nouvelle circonscription recouvre deux cantons, Camas et la Blancarde, classés globalement à gauche mais relativement peu stables.
6e circonscription (Marseille IX)
Une circonscription peu modifiée, puisqu'elle reprend le tracé du IXe arrondissement, sa périphérie étant quelque peu remodelée. Après une tentative d'enracinement local de Bernard Tapie en 1989, elle reste solidement tenue par la droite. Son tracé passe par les principales places fortes UMP, au Sud de la ville. Notamment deux cantons votant à droite depuis 1958, Sainte-Marguerite et Mazargues. Seul le troisième, la Capelette, s'avère plus favorable à la gauche. Mais, même en cas du retrait du sortant UMP Guy Teissier, la gauche a peu de chances de prendre ce siège.
7e circonscription (Marseille XV, XVI)
Encore une circonscription complètement éclatée sur plusieurs tracés antérieurs. Incorporant les XV et XVIe arrondissement, ainsi qu'une partie du XIVe, elle reprend des quartiers des anciennes 4e et 7e. Cependant, sa géopolitique s'avère relativement limpide, puisqu'il s'agit de deux fiefs de gauche avec de nombreux quartiers Nord. Sur les sept cantons, seul un penche relativement à droite, Cinq-Avenues, cependant représenté par le PS depuis 1998. Tous les autres n'ont jamais voté à droite depuis 1958. Ce nouveau siège pourrait servir de point de chute à une pointure socialiste, comme Patrick Mennucci ou Jean-Noël Guérini.
8e circonscription (Salon-de-Provence)
Une nouvelle circonscription qui reprend la partie ouest de l'ancienne 11e (cantons de Salon et Pélissanne), et le Nord de l'ancienne 12e (Berre-l'Etang). Ces deux sièges sont à droite, respectivement depuis 1988 et 2002. Mais, au plan strictement géopolitique, le secteur penche globalement à gauche. Le canton de Pélissanne revient au PS depuis sa création en 1992, et ceux de Berre et Salon ont été le plus souvent représentés par la gauche depuis 1958. Comme bien souvent dans les Bouches-du-Rhône, les élections de 2012 se joueront ici au moins autant sur les personnalités que sur les équilibres électoraux. La géographie voudrait en effet que le député UMP sortant de la 11e, Christian Kert, se présente. Fort d'un bon enracinement dans la ville de Salon, où s'affrontent régulièrement la gauche et le centre-droit, il garde de bonnes chances de victoire. Face à lui, la gauche compte sur une certaine usure (il est élu depuis 1988). Plusieurs candidats socialistes peuvent se déclarer: Michel Tonon, maire de Salon depuis 2002 qui est parvenu à conserver la ville en 2008, Jean-Pierre Maggi, conseiller général de Pélissanne, ou Serge Andréoni, maire de Berre-l'Etang.
9e circonscription (Aubagne, La Ciotat)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Gardanne)
Les contours de la 10e circonscription sont peu modifiés. Seul le canton des Pennes-Mirabeau est écarté, ce qui atténue le penchant à gauche de l'ancienne circonscription de Bernard Tapie, représentée depuis 2002 par l'UMP Richard Mallié. La géopolitique des trois cantons restants, même s'ils penchent à gauche, surtout Roquevaire qui n'est jamais passé à droite depuis 1958, devrait assez peu peser, puisque ce secteur, autrefois minier et très populaire, est en pleine expansion démographique. Les mutations sociologiques en cours devrait donc plutôt profiter à Richard Mallié, au détriment du maire communiste de Gardanne Roger Mei, député entre 1999 et 2002. Le PS, de son côté, pourrait investir le maire d'Allauch Roland Povinelli.
11e circonscription (Aix-Ouest)
La 11e circonscription échange sa partie ouest, formée des cantons de Salon et de Pélissanne, contre le canton des Pennes-Mirabeau, tout aussi à gauche mais moins peuplé que cet ensemble. Les ciseaux d'Alain Marleix ont quelque peu rééquilibré le tout à droite en ajoutant quelques quartiers compris dans le canton d'Aix - Nord-Est. Le seul problème pour l'UMP sera de désigner un candidat, puisque Christian Kert et Maryse Joissans devraient se présenter dans les circonscriptions voisines. Le PS, lui, devrait mettre en avant le maire des Pennes Michel Amiel.
12e circonscription (Marignane)
Cette circonscription, qui a fait trembler les Etats-Majors politiques locaux à la fin du siècle dernier, est amputée du canton de Berre-l'Etang. Un handicap pour une gauche qui a perdu ce siège en 2002, après le reflux d'une extrême-droite autrefois florissante. Même si tous les cantons, à l'exception de celui de Marignane, penchent tous à gauche, la droite a récupéré une bonne partie des suffrages frontistes et mégrétistes. Débarrassé d'un éventuel rival, en la personne du maire divers gauche de Berre Serge Andréoni, le député-maire UMP de Sausset-les-Pins Eric Diard devrait retrouver son siège sans problème. Face à lui, le conseiller général PS de Châteauneuf-Côte-Bleue Vincent Burroni, député entre 1998 et 2002, sera moins favorisé par ce nouveau découpage.
13e circonscription (Martigues)
Alain Marleix aura sans doute permis au PCF de sauver son dernier siège dans les Bouches-du-Rhône. Géographiquement, cela se traduit par un décalage vers le Sud de cette circonscription, qui abandonne le canton d'Istre-Nord au profit de Port-Saint-Louis-du-Rhône. De quoi incontestablement renforcer le député communiste sortant Michel Vaxes, bien implanté dans le secteur de Fos-sur-Mer, qui avait battu en 1997 un sortant UDF ancré lui à Istres. Même si Port-Saint-Louis est moins peuplé qu'Istres-Nord, ce canton reste bien plus stable politiquement, avec des conseillers communistes depuis 1967, sauf pendant un interrègne divers droite entre 1992 et 2004. En attendant l'éventuelle émergence d'une personnalité de droite dans cette circonscription, le PS pourrait investir René Raimondi, maire de Fos.
14e circonscription (Aix-Est)
L'amputation de quelques quartiers d'Aix, au profit de la nouvelle 11e, ne devrait pas remettre en question les équilibres locaux. Ils reposent sur deux cantons aixois penchant plutôt à droite, le canton de Trets, ancien fief indépendant élisant des socialistes depuis 1973, et le canton de Peyrolles-en-Provence, représenté en son temps par Louis Philibert, ancien président socialiste du conseil général. La démographie est donc clairement défavorable à la gauche, qui n'a jamais pu faire élire ici de député depuis 1988. Cependant, l'évolution politique à Aix d'ici à 2012 sera intéressante à suivre. Si la députée-maire UMP Maryse Joissans devrait certainement se représenter, elle devrait retrouver sur sa route son opposant municipal Alexandre Medvedowsky (PS), qui a obtenu un score honorable lors de la municipale partielle de 2009.
15e circonscription (Châteaurenard)
Le tracé de cette circonscription est très légèrement modifié, avec le départ des trois communes du canton de Pélissanne (Aurons, la Barben et le chef-lieu). C'est la seule, hors Marseille, à ne compter aucun canton solidement ancré à gauche. Elle est détenue depuis 2007 par Bernard Reynès, maire UMP de la plus grande ville Châteaurenard, qui a succédé au gaulliste Léon Vachet. La droite devrait donc garder ce secteur sans problème, le PS pouvant investir le maire de Saint-Rémy-de-Provence Hervé Chérubini, ou laisser l'un de ses alliés monter au front.
16e circonscription (Arles)
Détenue depuis 2007 par le président PS du conseil régional Michel Vauzelle, cette circonscription a tendance a zapper au gré des vagues roses ou bleues. Les départs de la ville de Miramas, gros réservoir de voix socialistes, et du canton communiste de Port-Saint-Louis-du-Rhône, et l'arrivée du canton d'Istres-Nord, considéré comme moins stable pour la gauche, pourrait permettre à la droite de faire la différence. Les résultats des régionales de 2010 sont très attendus par les Etats-Majors locaux, alors que Michel Vauzelle a annoncé qu'il ne se représenterait pas. Le PS devra se chercher un nouveau champion, alors que l'UMP pourrait soit investir le maire des Saintes-Maries-de-la-Mer Roland Chassain, député de 2002 à 2007, soit envoyer le nouveau maire de Tarascon Charles Fabre. Une situation qui pourrait permettre au maire communiste d'Arles, Hervé Schiavetti, de tirer son épingle du jeu dans ce secteur représenté par le PCF entre 1973 et 1986. Sans compter le maire divers gauche d'Istres, François Bernardini, qui pourrait être tenté de brouiller les cartes. Bref, l'élection de 2012 pourrait s'avérer ici très ouverte.
A quoi faut-il s'attendre...
Avec depuis 2007 12 sièges sur 16, l'UMP et son allié Nouveau Centre dominent largement le département. Ce redécoupage s'est effectué dans une certaine concertation, la gauche n'a pas protesté et même considéré qu'elle n'avait pas été "volée". Il semble qu'Alain Marleix ait agi ici avec une certaine prudence, le redécoupage cantonal d'avant les élections de 2004 ayant été assez peu profitable à la droite. Mécaniquement, la droite devrait perdre un siège à Marseille, le PS maintenant ses deux circonscriptions sur sept, contre huit actuellement. L'UMP pourrait rattraper cette perte dans la circonscription d'Arles.
Emmanuel SAINT-BONNET

lundi 17 août 2009

Le redécoupage Marleix dans l'Aube

Durant tout l'été, les Artisans-Politologues publient une série de posts sur le redécoupage électoral, département par département
Inchangé depuis 1958, le découpage électoral de l'Aube sera légèrement retouché, suivant les prescriptions de la commission consultative, qui a pointé un déséquilibre démographique entre les 1ere et 3e circonscriptions. Une remarque qui avait déjà été émise en 1986!
1ere circonscription (Troyes-Est)
Cette circonscription gagne un canton, celui de Méry-sur-Seine. Ce transfert ne devrait pas remettre en question les équilibres géopolitiques locaux. Détenu depuis 1982 par le président divers droite (Mouvement libéral et modéré) du conseil général Philippe Adnot, il rejoint ainsi une zone solidement ancrée à droite depuis 1978. Dans cette circonscription, seuls deux cantons penchent plutôt à gauche: Troyes I, représenté par le PS depuis 2001, et Brienne-le-Château, qui zappe régulièrement de droite à gauche avec un léger avantage pour cette dernière. Député depuis 2007, son actuel conseiller général UMP, Nicolas Dhuicq, devrait retrouver son siège sans problème.
2e circonscription (Troyes-Sud)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Troyes-Ouest)
Le départ du canton de Méry-sur-Seine augmente très légèrement les chances de la gauche de reprendre ce siège perdu en 1993. Cette circonscription perd un pilier de droite avec son conseiller général Philippe Adnot qui, s'il siège au Sénat, jouit d'une grande influence sur la partie rurale de la circonscription. Au strict plan géopolitique, la droite, même si elle se trouve légèrement amoindrie, reste dominante. Elle contrôle sans interruption depuis le début de la Ve République les cantons de Marcilly-le-Hayer et Romilly-sur-Seine I. Ceux de Nogent-sur-Seine, Sainte-Savine, Troyes III et Villenauxe-la-Grande, penchent globalement vers elle. La gauche peut s'appuyer sur le canton II de Romilly, représenté par le PCF depuis sa création. Elle domine globalement celui de Troyes IV. Créé en 1985, celui de La Chapelle-Saint-Luc a d'abord été détenu par l'UDF, avant de passer au PCF en 1998. Il reste donc encore à la gauche du terrain à conquérir avant de pouvoir prétendre à ce siège. D'autant plus que Romilly-sur-Seine, la plus grande ville sur laquelle elle s'appuyait, a basculé à droite en 2008. Et que le sortant, qui n'est autre que le maire UMP de Troyes François Baroin, chiraquien sarko-compatible, n'aura que 47 ans en 2012, quand bien même il voudrait prétendre à un cinquième mandat.
A quoi faut-il s'attendre...
Le redécoupage reste très léger et ne devrait très probablement pas remettre en cause la domination de la droite sur l'Aube. Seule une vague rose d'ampleur, couplée à une hypothétique dégradation de l'image de François Baroin, pourrait faire basculer la 3e circonscription.
Emmanuel SAINT-BONNET

samedi 15 août 2009

Le redécoupage Marleix dans les Hautes-Alpes

Durant tout l'été, les Artisans-Politologues publient une série de posts sur le projet de redécoupage électoral, département par département
Le redécoupage des Hautes-Alpes suit les recommandations de la commission consultative, qui avait pointé un déséquilibre démographique entre les deux circonscriptions.
1ere circonscription (Gap)
Elle n'est modifiée qu'à la marge, avec le départ du canton de Chorges vers la 2e. Un redécoupage qui devrait affaiblir la gauche. Pas tant du poids démographique de Chorges, classé comme canton penchant à gauche depuis 1958 (en orange sur la carte), que de son rôle de point de chute pour Karine Berger, candidate socialiste qui est parvenue à inquiéter la sortante UMP Henriette Martinez en 2007. Le PS devra se trouver un autre prétendant, tandis que la droite devrait se diviser, le conseiller général UMP de Tallard Jean-Michel Arnaud, candidat MODEM en 2007, n'ayant jamais caché ses ambitions.
2e circonscription (Briançon)
Si Karine Berger se présente dans ce secteur, elle trouvera sur sa route, à gauche, le député radical sortant Joël Giraud. A droite, après le retrait en 2009 d'Alain Bayrou de la mairie de Briançon, la maire Nouveau Centre d'Embrun Chantal Eyméoud semble bien placée pour emporter l'investiture. L'apport du canton de Chorges rééquilibre un peu plus à gauche cette circonscription penchant plutôt à droite, même si elle a échappé à cette dernière en 2002.
A quoi faut-il s'attendre...
Le redécoupage restant quoi qu'il en soit marginal, les deux circonscriptions ne devrait pas voir leur évolution politique bouleversée en 2012. Au contraire, les tendances actuelles semblent légèrement renforcées. A cet égard, la carte ci-dessus ne signifie pas grand chose, puisqu'il s'agit davantage de personnalités politiques que de géopolitique.
Emmanuel SAINT-BONNET

lundi 10 août 2009

Le redécoupage Marleix dans l'Aude

Durant tout l'été, les artisans-politologues publient une série de posts sur le projet de redécoupage électoral, département par département
L'Aude garde ses trois sièges, mais le rééquilibrage démographique fait glisser les limites de ses circonscriptions vers l'Est. Un redécoupage validé par la commission consultative, à l'exception du très symbolique canton de Ginestas.
1ere circonscription (Carcassonne-Ouest)
On pourrait aussi appeler cette circonscription Carcassonne-Corbières. Elle reprend tous les cantons de la préfecture, sauf le II Sud, ceux du Nord de l'ancienne 1ere, sauf Mas-Cabardès, ainsi que Durban, Lézignan et Ginestas, précédemment dans la 2e. Ce nouveau découpage ne devrait pas pénaliser une gauche largement dominante, même s'il ne garde que la partie la plus conservatrice de Carcassonne, avec le canton III, le seul encore détenu par l'UMP. Cependant, il reste classé relativement à gauche depuis 1958 (en orange sur la carte). Et sur les neuf cantons de cette nouvelle circonscription, six n'ont jamais élu de conseiller de droite depuis 1958 (en rouge sur la carte). La commission consultative recommande cependant de transférer l'un d'eux, Ginestas, dans la 2e. Mais, même dans cette hypothèse, la réélection du socialiste Jean-Claude Perez semble acquise.
2e circonscription (Narbonne)
La démographie a concentré cette nouvelle circonscription autour de Narbonne, l'agglomération la plus importante du département. C'est la seule où le jeu semble un peu plus ouvert. L'équilibre demeure cependant précaire. Sur les cinq cantons, deux sont classés relativement à droite depuis 1958, Narbonne-Est et Sud (en bleu ciel sur la carte), un relativement à gauche, Sigean, qui vote à droite depuis 2001, et deux ont toujours voté à gauche, Coursan et Narbonne-Ouest. La dynamique demeure cependant en faveur du député PS Jacques Bascou, qui a enlevé la mairie de Narbonne à la droite en 2008. Cette dernière manque pour l'instant d'un candidat assez solide. En bon connaisseur de la carte électorale, Alain Marleix a du toutefois parier sur une "varisation" du littoral audois, payante électoralement pour la droite, à plus long terme. A noter que si Ginestas rejoint cette circonscription, comme le préconise la commission consultative, cela pèsera davantage en faveur de la gauche, qui trouverait alors le renfort, entre les deux tours, de la "vedette" locale Gérard Schivardi.
3e circonscription (Carcassonne-Ouest, Castelnaudary, Limoux)
Représentant déjà l'arrière-pays et les Pyrénées audoises, ainsi que les petites villes Castelnaudary et Limoux, cette circonscription gagne du terrain, jusque dans la partie Ouest de l'agglomération de Carcassonne. Comme dans la plupart des départements du Sud-Ouest, la gauche tient solidement les campagnes audoises. Dans ce secteur, seul le petit canton de Belpech, à la limite du Lauragais, vote à droite depuis 1961. Douze des vingt autres cantons n'ont jamais élu de conseiller de droite depuis 1958. La route semble donc dégagée pour le sortant socialiste Jean-Paul Dupré.
A quoi faut-il s'attendre...
Pas de surprise en perspective, la gauche devrait garder la haute main sur l'Aude. La droite ne conserve qu'une petite chance dans la 2e qui semble, au vu de son évolution sociologique, disposée à basculer à plus long terme.
Emmanuel SAINT-BONNET

Le redécoupage Marleix dans les Alpes-Maritimes

Durant tout l'été, les Artisans-Politologues publient une série de posts sur le projet de redécoupage électoral, département par département
Si les Alpes-Maritimes ne gagnent ni ne perdent aucune circonscription lors de ce redécoupage, les neuf existantes sont fortement remodelées, à quelques exceptions près. Il s'agit, ici, de rééquilibrer la démographie, en supprimant un siège dans l'agglomération niçoise, au profit de la région de Grasse. Une opération délicate et insatisfaisante à en croire la commission consultative.
1ere circonscription (Nice-Sud)
Dans le fief d'Eric Ciotti, président (UMP) du conseil général, aux cantons de Nice I, II, III et XII viennent s'ajouter les IV et VIII. Une opération qui, électoralement, ne pourra que renforcer le sortant, dans cette circonscription abritant les seuls cantons tendant plutôt à gauche de la préfecture, les III et XII (en orange sur la carte). Et ce avec l'arrivée des cantons IV et VIII, qui ont toujours voté à droite depuis 1958. Pour sa part, la commission préconise le transfert de Nice VIII vers la nouvelle 5e, ce qui ne devrait de toutes façons pas modifier les équilibres existants.
2e circonscription (Grasse-Nord)
Les commentateurs ne se priveront sans doute pas de relever les coups de ciseaux d'Alain Marleix. La nouvelle 2e se trouve à cheval sur les anciennes 5e, 6e et 9e. Comprenant beaucoup de cantons ruraux attachés à la droite, elle recouvre aussi bien le nord de l'agglomération de Grasse que Carros, le seul canton du département n'ayant jamais voté à droite depuis 1958 (en rouge sur la carte). Une configuration qui enlève toute perspective de victoire à la gauche, qui avait pu enlever la 9e circonscription en 1997. La compétition pourrait tourner à l'avantage du maire UMP de Grasse, l'ex-villiériste Jean-Pierre Leleux.
3e circonscription (Nice-Centre)
Aux cantons de Nice IV, V, VI, VII de l'ancienne 2e circonscription viennent s'ajouter les XI et XIII. Politiquement, c'est un peu le marais niçois, avec des cantons tendant plutôt à droite mais ayant chacun élu au moins une fois un conseiller de gauche depuis 1958. Un secteur qui devrait être disputé entre le sortant de la 3e, l'UMP modéré Rudy Salles, et la sortante de la 2e, l'UMP Muriel Marland. Elue depuis 2002, elle peut faire valoir sa jeunesse, face à un collègue implanté depuis 1988 mais au positionnement peut-être plus adapté à l'électorat mouvant de cette circonscription recouvrant deux cantons, le V et le VII, représentés par le PS respectivement depuis 1998 et 2004.
4e circonscription (Menton)
Très orientée à droite, avec comme député le maire UMP de Menton Jean-Claude Guibal, elle n'est modifiée qu'à la marge avec l'adjonction du canton de gauche de Contes, qui ne devrait cependant aucunement modifier les rapports de forces existants.
5e circonscription (Nice-Nord)
Alain Marleix a taillé ici un nouveau fief au très sarkozyste ministre de l'Industrie et maire de Nice, Christian Estrosi, élu de la 5e depuis 1988, mise à part une escapade dans la 2e entre 1993 et 1997. Un bastion renforcé pour l'ancien président du conseil général, connu pour son dynamisme mais ayant la fâcheuse réputation de se chercher un nouveau point de chute en cas de situation indécise. Le redécoupage écarte le seul canton vraiment "dangereux", Contes, et recentre la circonscription sur le nord de Nice et la vallée de la Vésubie, conscienscieusement bétonnée (au plan électoral) par l'ancien député RPR Gaston Franco, entré depuis au cabinet de Christian Estrosi. A moins que le maire ne préfère se présenter dans la nouvelle 1ere et laisser ce nouveau siège à Eric Ciotti, élu en 2009 conseiller général de Saint-Martin-Vésubie après sa défaite en 2008 face au PS à Nice I. A noter que la commission consultative préconise ici l'ajout du canton conservateur Nice VIII, et le départ du XIV, ce qui placerait cette circonscription encore plus à droite sur l'échiquier.
6e circonscription (Cagnes-sur-Mer)
Amputée de son arrière-pays, la 6e circonscription s'urbanise et se droitise. Dorénavant, elle ne comprendra plus que les trois cantons de Cagnes-sur-Mer, qui ne sont jamais passés à gauche depuis 1958 (en bleu sur la carte). En 2012, l'horizon semble dégagé pour l'anticonformiste député UMP Lionnel Luca. La commission consultative recommande l'adjonction du canton de Nice XIV, au PS depuis 1998, et détenu précédemment par le FN.
7e circonscription (Antibes)
Cette circonscription reste inchangée.
8e circonscription (Cannes)
Cette circonscription reste inchangée.
9e circonscription (Grasse-Sud)
La seule nouvelle circonscription où le jeu politique pourrait s'ouvrir. L'ancienne 9e s'urbanise en perdant les cantons de Saint-Vallier et Saint-Aubin, et se concentre sur les seuls cantons de Grasse-Sud, Mougins et Le Cannet. Si ce dernier est solidement ancré à droite, les deux autres s'avèrent bien plus tangents. Créé en 1985, Grasse-Sud vote pour les Verts depuis 1998. Existant depuis 1982, celui de Mougins, davantage conservateur, a cependant élu un écologiste sans étiquette en 2008. L'empreinte d'André Aschieri, maire écologiste de Mouans-Sartoux, député de 1997 à 2002, est ici bien présente. En 2012, il pourrait être tenté de reprendre son duel de 2002 face à la maire libérale du Cannet Michèle Tabarot. Elle l'avait emporté d'une très courte tête (50,52 %). En 2007, elle avait été réélue dès le premier tour dans la foulée de la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Ce qui tend à prouver que cette circonscription est peut-être la plus sensible du département aux rapports de forces nationaux.
A quoi faut-il s'attendre...
A moins d'un tsunami rose en 2012, les Alpes-Maritimes resteront dans tous les cas majoritairement à droite. Il faudra cependant surveiller de près la 9e, où la gauche pourrait gagner à la loyale. Elle pourrait également tirer son épingle du jeu en cas de primaire à droite dans la 3e.
Emmanuel SAINT-BONNET