mercredi 17 novembre 2010

Le redécoupage Marleix en Mayenne

Non prévu dans le projet initial, ce nouveau tracé fait suite aux commentaires de la commission constitutionnelle sur le redécoupage. Les changements concernent les urbains et péri-urbains de la région de Laval
1ere circonscription (Laval-Est)
Cette circonscription perd sa partie ouest, avec le départ de Laval Nord-Ouest et Saint-Berthevin. Représentée par le PS depuis 2007, elle se "gauchit" ainsi légèrement. Depuis sa création en 1973, Laval Nord-Ouest penche globalement à droite, même s'il a basculé à gauche en 2004. Quant à Saint-Berthevin, qui a été découpé en 1985 à partir d'anciens cantons de Laval, il n'a jamais élu de conseiller de gauche. Face à une préfecture aux mains de la gauche depuis 2008, les campagnes risquent de peser assez peu. Renforcé par les dernières municipales, le député socialiste Guillaume Garot devrait être assez facilement réélu. La recomposition du centre devrait peser sur l'UMP, encore marquée par les défaites de François d'Aubert en 2007 et 2008. Plusieurs candidats pourrait émerger, comme la conseillère générale de Bais Marie-Cécile Morice, ou son collègue de Pré-en-Pail Yves Cortès.
2e circonscription (Château-Gontier)
En échangeant Loiron, qui vote à droite depuis 1973, contre Saint-Berthevin, qui n'a jamais élu de conseiller de gauche, la droite fait, sur le papier, une bonne affaire. A part Meslay-du-Maine, qui ne vote à droite "que" depuis 1976, cette nouvelle 2e n'abrite que des cantons favorables à cette sensibilité (en bleu foncé sur la carte). Mais ce presque unanimisme ne pourrait être qu'une façade. En 2007, Marc Bernier, député UMP, avait du batailler ferme contre la candidate soutenue par François Bayrou pour retrouver son siège. Les élections de 2012 sont encore loin, et le centre semble avoir amorcé une recomposition. Si Marc Bernier ne parvient pas à rassembler autour de lui, il pourrait retrouver d'autres prétendants sur sa route. Que fera le conseiller Nouveau Centre de Saint-Berthevin Marcel Rousseau? Et Elisabeth Doineau, sa collègue de Saint-Agnan-sur-Roë, qui était au second tour en 2007 et est restée fidèle au MoDem? Sans oublier le sénateur Jean Arthuis, leader de l'Alliance centriste et implanté à Château-Gontier, qui pourrait soit siffler la fin de la récréation, soit jeter de l'huile sur le feu. Quant à la gauche, assez mal implantée dans le secteur, elle ne devrait que compter les points, à moins qu'une triangulaire la mette en selle.
3e circonscription (Laval-Ouest, Mayenne)
Le secteur change assez peu, en perdant Laval Nord-Est mais en gagnant Loiron. De quoi renforcer légèrement le député UMP sortant Yannick Favennec, qui a été réélu au premier tour en 2007, mais a été assez nettement battu aux municipales de 2008 à Mayenne, une ville de gauche dont il tentait de s'emparer sur la lancée des législatives. Ici, la question sera surtout de savoir si la gauche, qui pourrait être représentée par le maire de Mayenne Michel Angot, sera en mesure de mettre le sortant en difficulté, dans cette circonscription marquée à droite, surtout sur ses marges nord.
A quoi faut-il s'attendre...
Sauf raz-de-marée de gauche dans la foulée d'une présidentielle gagnée par le PS, la droite devrait conserver ses deux circonscriptions. Mais quelle droite? Si, dans la 3e, Yannick Favennec semble moins fragilisé, Marc Bernier pourrait faire les frais, dans la 2e, du contexte national régnant à droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

lundi 11 octobre 2010

Le redécoupage Marleix dans la Marne

En perdant une circonscription, la Marne gagne un découpage moins torturé, même si la ville principale, Reims, est désormais ventilée sur quatre sièges au lieu de trois précédemment.
1ere circonscription (Reims-Nord)
Ce secteur se trouve profondément modelé. Il ne garde que les cantons II et VI de Reims. Le reste se compose des cantons IV et X et de celui, péri-urbain, de Bourgogne. Les cartes sont rebattues mais cela ne devrait rien changer à la géographie électorale. Sur le papier, cette circonscription reste ancrée à droite, n'abritant qu'un seul canton (Reims IV) penchant à gauche depuis sa création. Cependant, le PS détient le VI depuis 2004 et le X depuis 2008. La question, en 2012, sera de savoir si le jeune député UMP Arnaud Robinet, qui a succédé en 2008 au très contesté Renaud Dutreil, est suffisamment renforcé face à une éventuelle victoire de la gauche à la présidentielle. Il pourrait trouver sur sa route Sabrina Ghallal, conseillère de Reims IV.
2e circonscription (Reims-Sud)
La principale ville du département est ici aussi sérieusement redécoupée, puisque ne subsiste de l'ancienne 2e que le canton de Reims III, associé avec des chutes des anciennes 1ere (Reims I et V) et 3e (Reims VIII). L'ensemble glisse vers l'ouest, en perdant Verzy et en gagnant la partie ouest de Châtillon-sur-Marne. Le glissement se produit également vers la droite, avec la perte de deux réservoirs de gauche, Reims VII et IX. L'arrivée de Reims VIII, qui vote à gauche depuis sa création en 1973, contrebalancera-t-elle les cantons péri-urbain du flanc ouest, classés globalement de droite depuis 1958? C'est ce qu'espère la gauche, qui pourrait présenter la socialiste Adeline Hazan, qui a remporté la mairie en 2008, face à la députée UMP Catherine Vautrin. Ici aussi, les résultats de la présidentielle seront déterminants.
3e circonscription (Reims-Epernay)
En franchissant la Montagne de Reims, l'ancienne 6e circonscription est devenue la nouvelle 3e. Elle perd au passage Sézanne et la partie ouest de Châtillon-sur-Marne, mais gagne Avize, Verzy et Reims IX. Ce dernier canton a toujours été représenté par un socialiste depuis sa création en 1982, mais les deux autres n'ont jamais voté à gauche sous la Ve République. Cette partie de l'agglomération rémoise sera donc noyée dans les suffrages de droite de la région d'Epernay. En 2012 se posera surtout la question de la candidature à droite. Le député UMP conservateur Philippe Martin, soutenu par les milieux viticoles, en place depuis 1993, se représentera-t-il? Ou laissera-t-il la place au maire UMP d'Epernay Franck Leroy, ce qui pourrait favoriser une triangulaire avec le FN? Un maigre espoir pour la gauche, qui pourrait investir Marc Lefèvre, membre de l'opposition municipale à Epernay, ou Dominique Lévêque, conseiller général PS d'Ay.
4e circonscription (Reims-Châlons)
Ce secteur s'épaissit, en gagnant le fief de droite de Suippes, le canton de Beine-Nauroy, anciennement de tendance radicale et votant régulièrement à droite depuis 1985, et Reims VII, élisant des conseillers communistes dès sa création en 1973, puis socialistes depuis 1982. En contrepartie, il perd Marson, classé plutôt à droite (en bleu clair sur la carte). Sur le papier, la gauche est donc légèrement favorisée au plan démographique. Cependant, une conquête depuis une base rémoise semble peu probable. D'abord en raison de la rivalité naturelle entre la ville du sacre des rois de France et la préfecture, tenue par la droite depuis 1995. Seule une large victoire de la gauche à la présidentielle de 2012 pourrait inquiéter le jeune ministre du Logement Benoist Apparu, qui a laissé les clefs de la circonscription à Bruno Bourg-Broc, maire UMP de Châlons et député entre 1982 et 2007. Le PS pourrait laisser Alain Biaux, conseiller général écologiste de Châlons III, monter à l'assaut.
5e circonscription (Vitry-le-François)
Seule circonscription ne comprenant aucun canton rémois, elle s'agrandit sur ses marges, en gagnant Marson et Sézanne, deux cantons penchant plutôt à droite, de tradition respectivement modérée et radicale. Pas de quoi déstabiliser le député Nouveau Centre sortant, Charles-Amédée de Courson, qui a l'avantage d'être un élu rural dans ce secteur peu urbanisé, et de marquer sa différence en tant que centriste. De plus, la remise en selle du socialiste Jean-Pierre Bouquet, lors des municipales de 2008 à Vitry-le-François (où il fut maire de 1989 à 1995), pourrait l'inciter à se présenter. L'homme est certes incontournable mais ne représente pas vraiment le renouvellement: il a déjà été député entre 1988 et 1993, avant d'être battu par l'actuel titulaire du siège. Cependant, il faudra également surveiller en 2012 le FN, qui fait preuve d'une certaine vitalité dans les campagnes marnaises.
A quoi faut-il s'attendre...
L'objectif d'Alain Marleix semble ici assez clair, bien que justifié par la démographie. En éclatant Reims sur quatre circonscriptions, dont deux abritant des villes rivales et de droite, le redécoupage tend à affaiblir le principal foyer de gauche dans ce département conservateur. Le PS, qui détenait deux sièges sur six entre 1988 et 1993, pourrait au mieux en récupérer deux sur cinq, surtout si le FN vient brouiller les cartes.
Emmanuel SAINT-BONNET

mardi 28 septembre 2010

Création du cabinet Atlaspol Consultants et Solutions

Le cabinet d'expertise, d'analyse et de prospective Atlaspol (Consultants et Solutions, Siret 52514615500011) a été créé lundi 27 septembre à Villeneuve-de-Berg (Ardèche) par votre serviteur, Emmanuel Saint-Bonnet, journaliste et diplômé en Histoire à l'université Pierre-Mendes-France (Grenoble II).
Cette entreprise individuelle réalisera, pour les élus, les mouvements politiques et les candidats aux élections, des diagnostics électoraux de territoire. Il s'agira exclusivement de micro-géopolitique, à l'échelle des communes, des cantons et des circonscriptions législatives.
Elle proposera également des solutions pour campagnes électorales: coaching légal et rédactionnel, distribution de la propagande, mise en contact avec la presse.
Sa vitrine est le site www.atlaspol.com, l'atlas électoral de la France en ligne.
Pour tout renseignement: atlaspol@sfr.fr.

jeudi 19 août 2010

Le redécoupage Marleix dans la Manche

Encore très rurale, la péninsule du Cotentin perd un siège à l'Assemblée nationale et se retrouve avec un découpage plutôt cohérent. Peut-être parce que la majorité, ici, risque assez peu, diront les détracteurs d'Alain Marleix.
1ere circonscription (Saint-Lô)
Cette nouvelle 1ere mord sur l'est de l'ancienne 4e, et récupère donc les cantons de Montebourg et Sainte-Mère-Eglise, qui n'ont jamais voté à gauche depuis 1958, ce qui la fera encore plus pencher à droite. Pas de souci en vue donc pour le député UMP sortant, Philippe Gosselin, qui pourrait affronter un élu du bassin de Saint-Lô, seul secteur de la circonscription où la gauche est bien implantée, sans doute le socialiste Jean-Karl Deschamps.
2e circonscription (Granville)
Ce secteur ne gagne qu'un seul canton mais pas des moindres: Granville. Plutôt fragile pour la majorité, avec un chef-lieu ayant basculé à gauche en 2008, il devrait cependant être noyé dans un océan de droite. La carte révèle que la majorité des cantons de cette circonscription a toujours été fidèle à cette sensibilité depuis 1958 (bleu foncé). La situation actuelle n'est guère différente. Le PS ne détient que La Haye-Pesnel (depuis 2008) et ses alliés divers gauche Pontorson (depuis 1998) et Saint-James (depuis 2002). L'implantation de la gauche est donc ici trop récente, mis à part à Pontorson qui avait déjà élu un conseiller PS en 1976, et dans le vieux fief radical, passé à droite en 1964, de Saint-Hilaire-du-Harcouet. Elle ne devrait pas trop inquiéter le député UMP Guénhaël Huet. L'élection de 2012 pourrait tourner à un duel entre les maires des deux grandes villes de la circonscription, à savoir M. Huet à Avranches et le radical de gauche Daniel Caruhel, à Granville.
3e circonscription (Valognes)
Privée de la ville de Granville, cette circonscription récupère le plus gros de l'ancienne 4e, abritant la plus grande partie de la côte ouest. L'opération n'est pas anodine pour la majorité. Elle va consister en l'arrimage des zones rurales conservatrices de l'ancienne 3e avec les cantons bien plus tangents de la 4e, sous la pression de l'agglomération de Cherbourg-Octeville. Trois gros dominos sont ainsi tombés à gauche: Barneville-Carterêts en 1998, Les Pieux en 2001 et surtout Valognes en 2004, ainsi que Coutances, plus au sud, la même année. Deux lourdes défaites à l'époque, puisque essuyées par les députés UMP de deux circonscriptions, Claude Gatignol et Alain Cousin. Davantage que la géographie électorale, globalement favorable, tout de même, à l'UMP, se posera la question du renouvellement des cadres. Les deux hommes, en effet, ont été élus pour la première fois en 1988. Le parti majoritaire pourrait pousser une nouvelle tête, comme le maire UMP de Coutances Yves Lamy. A moins que le siège ne soit réservé à un allié du Nouveau Centre, comme le maire de Valognes Jacques Coquelin. La gauche pourrait ainsi voir s'entrouvrir une fenêtre de lancement, peut-être avec le conseiller général PS de Valognes Yves Neel.
4e circonscription (Cherbourg-Octeville)
L'ancienne 5e s'étend désormais sur tout le littoral nord, en gagnant les cantons de Quettehou et surtout de La Hague. Cette nouvelle configuration pourrait bien gêner la gauche dans ce secteur, le seul qu'elle domine régulièrement sur toute la péninsule. Au plan de la géographie électorale, ces ajouts devraient peu la perturber. Même s'ils sont classés plutôt de droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), les changements sociologiques en cours sur ces territoires devraient cependant renforcer la tendance observée depuis très longtemps dans l'agglomération de Cherbourg-Octeville, et qui se manifeste ici par trois points rouges jamais passés à droite depuis leur création: Cherbourg-Octeville Sud-Ouest, Equeurdreville-Hainneville et Tourlaville. En revanche, l'arrivée du très symbolique canton de La Hague, qui abrite le centre de retraitement des déchets nucléaires, une installation qui a fait émerger ici, plus tôt qu'ailleurs, un électorat écologiste, devrait inciter Europe-Ecologie et Les Verts à une campagne active en 2012. Elle pourrait être incarnée par Didier Anger, vieil opposant au centre de retraitement et candidat de la gauche plurielle dans l'ancienne 4e, en 1997. Un caillou vert suffisant pour faire trébucher le député socialiste Bernard Cazeneuve, qui bénéficie de nombreuses voix de gauche mais également pro-nucléaires? C'est ce qu'espère la droite, au sein de laquelle l'ancien député UMP (2002-2007) Jean Lemière pourrait faire un retour, dans ce secteur qui a toujours zappé depuis 1988.
A quoi faut-il s'attendre...
Il sera assez difficile, mais pas impossible (surtout en cas de victoire à la présidentielle), pour la majorité UMP, de ne pas perdre un siège. La reconquête de la nouvelle 4e est loin d'être gagnée, et le jeu pourrait s'ouvrir dans la 3e si le contexte national ne s'arrange pas pour la droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

lundi 9 août 2010

Le redécoupage Marleix en Lozère

Véritable symbole des déséquilibres démographiques pouvant justifier un redécoupage législatif, la Lozère, le département le moins peuplé de la métropole, se retrouve donc avec une circonscription unique, née de la fusion des deux prééxistantes. Ces dernières, il est vrai, abritaient moins d'électeurs que certains cantons dans des "gros" départements.
Circonscription unique
Sur le papier, ce siège est promis à la droite. La carte des tendances depuis 1958 (ci-contre) montre du bleu presque partout, sauf sur les quatre cantons cévenols du coin sud-est, qui d'ailleurs affichent un rouge révélant qu'ils n'ont jamais basculé à droite sous la Ve République. La situation actuelle s'avère moins clivée. Au conseil général, la gauche a débordé à l'ouest vers la vallée du Tarn et surtout au nord en direction des villes de Mende et Langogne. Pour conserver ce siège de député, la majorité devra prendre en compte au moins deux facteurs. D'abord ces deux communes, qui ont basculé à gauche lors des municipales de 2008, pourraient devenir des réservoirs de suffrages pour l'opposition. Elles se trouvaient dans l'ancienne 1ere circonscription, conquise à la surprise générale par le PS en 1997. Ensuite la disparition de l'ancien maire centriste de Mende Jean-Jacques Delmas, en 2010, posera la question de l'attitude de l'électorat du centre, relativement important sur cette terre catholique, qui n'est pas à l'abri d'un réalignement à la bretonne (sanction contre les centristes de l'UMP par un vote à gauche au second tour). A cet égard, les cantonales de 2011 seront cruciales pour l'UMP, qui mécaniquement perd un siège. Le département est en effet plus facile à tenir par deux députés, que par un seul, davantage exposé aux basculements. Le parti majoritaire devra surtout choisir qui des deux sortants investir: Francis Saint-Léger ou Pierre Morel? La solution pourrait être d'exfiltrer l'un des deux vers le Sénat en septembre 2011. L'opération sera très peu risquée (à moins d'une surprise comme dans le Cantal en 2008) mais elle supposera le retrait du puissant Jacques Blanc, véritable champion de la survie politique. Au PS, où l'on ne manquera pas d'observer ces opérations avec une certaine gourmandise, le choix pourrait se porter sur le maire de Langogne Guy Malaval, le conseiller du même canton Gérard Souchon, ou Dominique Aulas, opposante locale à Jacques Blanc. A moins que cette circonscription ne soit réservée à un allié, comme le conseiller général radical de Florac Alain Argilier, ou simplement le maire divers gauche de Mende Alain Bertrand.
A quoi faut-il s'attendre...
Pas mal de projecteurs devraient être braqués sur la Lozère en 2012. Ce scrutin apportera quelques éléments de réponse à cette question: les derniers succès locaux de la gauche sont-ils conjoncturels ou le signe avant-coureur d'un réalignement de l'électorat lozérien, comme une réponse au phénomène de varisation (glissement à droite de secteurs acquis de longue date à la gauche) constaté dans le sud du Languedoc-Roussillon?
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 22 juillet 2010

Le redécoupage Marleix dans le Loiret

La création d'un sixième siège occasionne un fort redécoupage, surtout dans l'est du département, l'agglomération orléanaise étant peu concernée. Ailleurs, les détracteurs d'Alain Marleix y verront sans doute des velléités de gerrymandering.
1ere circonscription (Orléans-Sud)
Le secteur se recentre sur l'agglomération orléanaise en perdant le canton de La Ferté-Saint-Aubin. Il glisse ainsi légèrement vers la gauche, mais les rapports de force semblent encore favorables à la droite. Celle-ci tient sans discontinuer le canton de Saint-Jean-de-Braye depuis sa création en 1982. La gauche, de son côté, domine celui d'Orléans - La Source sur la même période. Elle est bien implantée à Beaugency, mais les trois autres cantons sont globalement dominés par la droite. Même s'il risque de ne pas retrouver les mêmes écarts que ceux de son oncle et prédécesseur Antoine, le député UMP Olivier Carré part avec de sérieuses chances de réélection pour 2012. Il pourrait retrouver sur sa route la socialiste Marie-Madeleine Mialot.
2e circonscription (Orléans-Ouest)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Gien)
Cette circonscription, qui allait de l'est orléanais aux portes de Gien, est complètement remodelée. Elle perd sa partie nord et récupère des débris des anciennes 1ere et 4e. Formée autour de la ville de Gien, elle incorpore désormais les cantons de la bande sud du département. Mis à part les cantons de Briare et Châtillon-sur-Loire, celle-ci est dominée par la droite. Quatre cantons sur sept sont d'ailleurs actuellement détenus par l'UMP. Le sortant de l'ancienne 3e, l'UMP Jean-Louis Bernard, étant implanté à Orléans, le parti majoritaire pourrait orienter son choix vers le maire de Gien Jean-Pierre Hurtiger ou vers celui de Sully-sur-Loire Daniel Sablon. Le PS, dont les chances de victoires s'avèrent minces, pourrait investir le maire de La Ferté-Saint-Aubin Philippe Froment ou son collègue de Jargeau Jean-Marc Gibey.
4e circonscription (Montargis)
Evolution démographique oblige, cette circonscription perd sa partie sud, la plus rurale, pour se recentrer autour de Montargis, la deuxième agglomération du département. Celle-ci est dominée par la droite, que ce soit dans le centre-ville que dans sa banlieue sud. La gauche reste davantage présente dans sa banlieue nord, renforcée par l'apport de Ferrières-en-Gâtinais, qui lui est favorable depuis 1958, mais ayant cepandant un conseiller divers droite depuis 2008. Réélu dès le premier tour en 2007, le député-maire UMP de Montargis Jean-Pierre Door n'a pas trop de souci à se faire dans cette nouvelle configuration, les autres cantons penchant à droite. Il devra cependant garder un oeil sur le FN, que le redécoupage pourrait aider à se maintenir au second tour. Le PS, quant à lui, pourrait investir François Bonneau, président du conseil régional.
5e circonscription (Fleury-les-Aubrais)
Cette circonscription s'est contractée vers l'ouest, mais sa configuration reste la même: faire cohabiter une partie du nord de l'agglomération orléanaise, à savoir le canton cheminot de Fleury-les-Aubrais, autrefois dominé par le PCF, aujourd'hui détenu par le PS avec une forte concurrence centriste, avec le nord du département en contact avec la pression foncière francilienne mais toujours sous influence de la droite (cantons de Malesherbes et Outarville), la ville beauceronne de Pithiviers, à l'identité politique assez floue, constituant le centre de gravité. Sur le papier, la droite est assurée de l'emporter en 2012. Cela pourrait être le baptême du feu de Marianne Dubois, devenue députée en 2009 après le décès de Jean-Paul Charié, héritier d'une dynastie gaulliste dominant le secteur depuis 1958. Le PS pourrait lui opposer Carole Canette.
6e circonscription (Orléans-Est)
Pour les détracteurs d'Alain Marleix, cette nouvelle circonscription est une "salamandre" (gerrymandering, du nom d'un gouverneur américain du XIXe siècle, redoutable créateur de circonscriptions électorales biscornues destinées à faire perdre l'adversaire). Paradoxalement, ce pourrait être la seule, dans ce redécoupage du Loiret, où l'opposition aurait des chances de gagner. Certes, il s'agit d'une bande étroite, comprenant le nord-est de l'agglomération orléanaise et deux cantons péri-urbains situés en amont, dans la vallée de la Loire. Ces derniers penchent à droite depuis 1958. Si Châteauneuf-sur-Loire élit régulièrement cette tendance depuis 1973, celui de Lorris a un conseiller divers gauche depuis 1992. Seul le canton d'Orléans-Bourgogne n'a jamais voté pour la gauche depuis 1958, mais son voisin de Saint-Marc - Argonne affiche une tradition radicale aujourd'hui favorable au PS. Quant à la banlieue, elle est aujourd'hui dominée par ce dernier. L'UMP part avec un handicap supplémentaire: Jean-Louis Bernard, sortant de la 3e mais élu du secteur, est présent dans le paysage politique local depuis 1988. La question de sa succession pourrait se poser, notamment avec Florent Montillot, membre de la majorité municipale à Orléans. A gauche pourraient se présenter les socialistes David Thiberge ou Micheline Prahecq, ou même le Vert Thierry Soler, élu conseiller général de Chécy en 2008.
A quoi faut-il s'attendre...
Tout en préservant l'existant à droite, ce redécoupage assez lourd pourrait donner un os à ronger à la gauche, qui conserve de sérieuses chances de conquête dans la 6e nouvellement créée, et de rééquilibrage dans la 1ere remodelée.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 21 juillet 2010

Le redécoupage Marleix en Loire-Atlantique

Le remodelage reste modeste en Loire-Atlantique. Seules les trois circonscriptions du nord du département sont concernées, et encore de manière peu importante.
1ere circonscription (Nantes I, VI, VII)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Nantes II, III, IV, IX)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Nantes V, XI)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Nantes X)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Nantes VIII)
Avec l'accroissement démographique de l'agglomération nantaise, cette circonscription perd ses cantons les plus lointains et se recentre en gagnant Nort-sur-Erdre. Elle glisse aussi légèrement à gauche. Certes, elle perd Varades, qui a globalement voté à gauche depuis 1958, au profit de Nort-sur-Erdre, qui penche plutôt de l'autre côté sur la même période, mais elle voit surtout partir le canton d'Ancenis, qui n'a jamais élu de conseiller de droite depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte). De plus, l'agglomération nantaise est représentée ici par un canton VIII qui n'a jamais voté à droite depuis sa création en 1973. De quoi renforcer le député socialiste sortant Michel Ménard. Il pourrait se voir opposer Robert Diat, son prédécesseur UMP. A moins que la majorité ne s'ouvre avec Claude Guillet, le maire sans étiquette de Carquefou.
6e circonscription (Châteaubriant)
C'est ici la seule circonscription redécoupée à s'élargir. Même si elle perd Nort-sur-Erdre, elle récupère quatre cantons de l'ancienne 5e et un de l'ancienne 7e. Quatre de ces nouveaux venus penchent à droite depuis 1958. De quoi renforcer la famille modérée puis gaulliste des Hunault, qui domine le secteur depuis 1962. Si Michel, député depuis 1993, s'efface en 2012, il pourrait laisser la place à son frère Alain, maire UMP de Châteaubriant. A gauche, les chances de basculement résident aujourd'hui dans les rapports de force. Sur les treize cantons qui composent cette circonscription, neuf sont à gauche. Cependant, huit de ces conseillers ne portent pas d'étiquette, signe de cette notabilisation des élus encore répandue dans l'Ouest. Alain Hunault devra jouer là-dessus, et surveiller aussi bien le PS, qui pourrait investir le maire de Blain Daniel Leroux, ou Pascal Bioret, son opposant à Châteaubriant, que le maire centriste d'Ancenis Jean-Michel Tobie.
7e circonscription (Guérande)
Ancienne terre d'élection du baron gaulliste Olivier Guichard, cette circonscription perd le canton péri-urbain de Saint-Nicolas-de-Redon, réputé moins sûr pour la droite depuis 2001. Restent six cantons, deux détenus par le PS mais penchant globalement à droite depuis 1958, Guérande et Herbignac (en bleu clair sur la carte), l'un dans le même cas mais détenu par l'UMP (Le Croisic), les trois autres n'ayant jamais failli à cette sensibilité sur cette même période (en bleu foncé). Le député UMP sortant Christophe Priou aura beau jeu de s'appuyer sur la zone balnéaire, gros réservoir de voix de droite, et surtout seul secteur du département où la majorité ne recule pas (rebasculement à droite de Pornichet lors des municipales de 2008). Face à lui, le PS, qui pourrait être incarné par l'ancien "bébé Ségolène" Adeline L'Honen ou par le maire d'Herbignac Pascal Noël-Racine, ne pourra compter que sur les changements sociologiques à l'oeuvre dans l'arrière-pays, et sur le vieux bastion du communisme sardinier de La Turballe. Une éventuelle division de la droite locale, endémique depuis le retrait d'Olivier Guichard, pourrait lui donner un coup de pouce, comme en 1997.
8e circonscription (Saint-Nazaire)
Cette circonscription reste inchangée.
9e circonscription (Pornic)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Vertou)
Cette circonscription reste inchangée.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce redécoupage devrait, sur le papier, renforcer les sortants dans la 5e et la 7e. La situation dans la 6e est plus atypique. L'élection de 2012 devrait y déterminer laquelle de ces deux dynamiques, entre le poids de la notabilité et la progression continue de la gauche sur le terrain, l'emportera.
Emmanuel SAINT-BONNET