jeudi 22 juillet 2010

Le redécoupage Marleix dans le Loiret

La création d'un sixième siège occasionne un fort redécoupage, surtout dans l'est du département, l'agglomération orléanaise étant peu concernée. Ailleurs, les détracteurs d'Alain Marleix y verront sans doute des velléités de gerrymandering.
1ere circonscription (Orléans-Sud)
Le secteur se recentre sur l'agglomération orléanaise en perdant le canton de La Ferté-Saint-Aubin. Il glisse ainsi légèrement vers la gauche, mais les rapports de force semblent encore favorables à la droite. Celle-ci tient sans discontinuer le canton de Saint-Jean-de-Braye depuis sa création en 1982. La gauche, de son côté, domine celui d'Orléans - La Source sur la même période. Elle est bien implantée à Beaugency, mais les trois autres cantons sont globalement dominés par la droite. Même s'il risque de ne pas retrouver les mêmes écarts que ceux de son oncle et prédécesseur Antoine, le député UMP Olivier Carré part avec de sérieuses chances de réélection pour 2012. Il pourrait retrouver sur sa route la socialiste Marie-Madeleine Mialot.
2e circonscription (Orléans-Ouest)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Gien)
Cette circonscription, qui allait de l'est orléanais aux portes de Gien, est complètement remodelée. Elle perd sa partie nord et récupère des débris des anciennes 1ere et 4e. Formée autour de la ville de Gien, elle incorpore désormais les cantons de la bande sud du département. Mis à part les cantons de Briare et Châtillon-sur-Loire, celle-ci est dominée par la droite. Quatre cantons sur sept sont d'ailleurs actuellement détenus par l'UMP. Le sortant de l'ancienne 3e, l'UMP Jean-Louis Bernard, étant implanté à Orléans, le parti majoritaire pourrait orienter son choix vers le maire de Gien Jean-Pierre Hurtiger ou vers celui de Sully-sur-Loire Daniel Sablon. Le PS, dont les chances de victoires s'avèrent minces, pourrait investir le maire de La Ferté-Saint-Aubin Philippe Froment ou son collègue de Jargeau Jean-Marc Gibey.
4e circonscription (Montargis)
Evolution démographique oblige, cette circonscription perd sa partie sud, la plus rurale, pour se recentrer autour de Montargis, la deuxième agglomération du département. Celle-ci est dominée par la droite, que ce soit dans le centre-ville que dans sa banlieue sud. La gauche reste davantage présente dans sa banlieue nord, renforcée par l'apport de Ferrières-en-Gâtinais, qui lui est favorable depuis 1958, mais ayant cepandant un conseiller divers droite depuis 2008. Réélu dès le premier tour en 2007, le député-maire UMP de Montargis Jean-Pierre Door n'a pas trop de souci à se faire dans cette nouvelle configuration, les autres cantons penchant à droite. Il devra cependant garder un oeil sur le FN, que le redécoupage pourrait aider à se maintenir au second tour. Le PS, quant à lui, pourrait investir François Bonneau, président du conseil régional.
5e circonscription (Fleury-les-Aubrais)
Cette circonscription s'est contractée vers l'ouest, mais sa configuration reste la même: faire cohabiter une partie du nord de l'agglomération orléanaise, à savoir le canton cheminot de Fleury-les-Aubrais, autrefois dominé par le PCF, aujourd'hui détenu par le PS avec une forte concurrence centriste, avec le nord du département en contact avec la pression foncière francilienne mais toujours sous influence de la droite (cantons de Malesherbes et Outarville), la ville beauceronne de Pithiviers, à l'identité politique assez floue, constituant le centre de gravité. Sur le papier, la droite est assurée de l'emporter en 2012. Cela pourrait être le baptême du feu de Marianne Dubois, devenue députée en 2009 après le décès de Jean-Paul Charié, héritier d'une dynastie gaulliste dominant le secteur depuis 1958. Le PS pourrait lui opposer Carole Canette.
6e circonscription (Orléans-Est)
Pour les détracteurs d'Alain Marleix, cette nouvelle circonscription est une "salamandre" (gerrymandering, du nom d'un gouverneur américain du XIXe siècle, redoutable créateur de circonscriptions électorales biscornues destinées à faire perdre l'adversaire). Paradoxalement, ce pourrait être la seule, dans ce redécoupage du Loiret, où l'opposition aurait des chances de gagner. Certes, il s'agit d'une bande étroite, comprenant le nord-est de l'agglomération orléanaise et deux cantons péri-urbains situés en amont, dans la vallée de la Loire. Ces derniers penchent à droite depuis 1958. Si Châteauneuf-sur-Loire élit régulièrement cette tendance depuis 1973, celui de Lorris a un conseiller divers gauche depuis 1992. Seul le canton d'Orléans-Bourgogne n'a jamais voté pour la gauche depuis 1958, mais son voisin de Saint-Marc - Argonne affiche une tradition radicale aujourd'hui favorable au PS. Quant à la banlieue, elle est aujourd'hui dominée par ce dernier. L'UMP part avec un handicap supplémentaire: Jean-Louis Bernard, sortant de la 3e mais élu du secteur, est présent dans le paysage politique local depuis 1988. La question de sa succession pourrait se poser, notamment avec Florent Montillot, membre de la majorité municipale à Orléans. A gauche pourraient se présenter les socialistes David Thiberge ou Micheline Prahecq, ou même le Vert Thierry Soler, élu conseiller général de Chécy en 2008.
A quoi faut-il s'attendre...
Tout en préservant l'existant à droite, ce redécoupage assez lourd pourrait donner un os à ronger à la gauche, qui conserve de sérieuses chances de conquête dans la 6e nouvellement créée, et de rééquilibrage dans la 1ere remodelée.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 21 juillet 2010

Le redécoupage Marleix en Loire-Atlantique

Le remodelage reste modeste en Loire-Atlantique. Seules les trois circonscriptions du nord du département sont concernées, et encore de manière peu importante.
1ere circonscription (Nantes I, VI, VII)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Nantes II, III, IV, IX)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Nantes V, XI)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Nantes X)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Nantes VIII)
Avec l'accroissement démographique de l'agglomération nantaise, cette circonscription perd ses cantons les plus lointains et se recentre en gagnant Nort-sur-Erdre. Elle glisse aussi légèrement à gauche. Certes, elle perd Varades, qui a globalement voté à gauche depuis 1958, au profit de Nort-sur-Erdre, qui penche plutôt de l'autre côté sur la même période, mais elle voit surtout partir le canton d'Ancenis, qui n'a jamais élu de conseiller de droite depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte). De plus, l'agglomération nantaise est représentée ici par un canton VIII qui n'a jamais voté à droite depuis sa création en 1973. De quoi renforcer le député socialiste sortant Michel Ménard. Il pourrait se voir opposer Robert Diat, son prédécesseur UMP. A moins que la majorité ne s'ouvre avec Claude Guillet, le maire sans étiquette de Carquefou.
6e circonscription (Châteaubriant)
C'est ici la seule circonscription redécoupée à s'élargir. Même si elle perd Nort-sur-Erdre, elle récupère quatre cantons de l'ancienne 5e et un de l'ancienne 7e. Quatre de ces nouveaux venus penchent à droite depuis 1958. De quoi renforcer la famille modérée puis gaulliste des Hunault, qui domine le secteur depuis 1962. Si Michel, député depuis 1993, s'efface en 2012, il pourrait laisser la place à son frère Alain, maire UMP de Châteaubriant. A gauche, les chances de basculement résident aujourd'hui dans les rapports de force. Sur les treize cantons qui composent cette circonscription, neuf sont à gauche. Cependant, huit de ces conseillers ne portent pas d'étiquette, signe de cette notabilisation des élus encore répandue dans l'Ouest. Alain Hunault devra jouer là-dessus, et surveiller aussi bien le PS, qui pourrait investir le maire de Blain Daniel Leroux, ou Pascal Bioret, son opposant à Châteaubriant, que le maire centriste d'Ancenis Jean-Michel Tobie.
7e circonscription (Guérande)
Ancienne terre d'élection du baron gaulliste Olivier Guichard, cette circonscription perd le canton péri-urbain de Saint-Nicolas-de-Redon, réputé moins sûr pour la droite depuis 2001. Restent six cantons, deux détenus par le PS mais penchant globalement à droite depuis 1958, Guérande et Herbignac (en bleu clair sur la carte), l'un dans le même cas mais détenu par l'UMP (Le Croisic), les trois autres n'ayant jamais failli à cette sensibilité sur cette même période (en bleu foncé). Le député UMP sortant Christophe Priou aura beau jeu de s'appuyer sur la zone balnéaire, gros réservoir de voix de droite, et surtout seul secteur du département où la majorité ne recule pas (rebasculement à droite de Pornichet lors des municipales de 2008). Face à lui, le PS, qui pourrait être incarné par l'ancien "bébé Ségolène" Adeline L'Honen ou par le maire d'Herbignac Pascal Noël-Racine, ne pourra compter que sur les changements sociologiques à l'oeuvre dans l'arrière-pays, et sur le vieux bastion du communisme sardinier de La Turballe. Une éventuelle division de la droite locale, endémique depuis le retrait d'Olivier Guichard, pourrait lui donner un coup de pouce, comme en 1997.
8e circonscription (Saint-Nazaire)
Cette circonscription reste inchangée.
9e circonscription (Pornic)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Vertou)
Cette circonscription reste inchangée.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce redécoupage devrait, sur le papier, renforcer les sortants dans la 5e et la 7e. La situation dans la 6e est plus atypique. L'élection de 2012 devrait y déterminer laquelle de ces deux dynamiques, entre le poids de la notabilité et la progression continue de la gauche sur le terrain, l'emportera.
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 15 juillet 2010

Le redécoupage Marleix dans la Loire

Perdant un siège dans l'agglomération stéphanoise, pour raisons démographiques, le département de la Loire est assez fortement redécoupé.
1ere circonscription (Saint-Etienne Nord)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Saint-Etienne Sud)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont cantonné l'agglomération stéphanoise dans les deux premières circonscriptions. Alors que la première, comprenant les quatre cantons du nord de la préfecture, reste inchangée, cette nouvelle deuxième récupère celui de Sud-Ouest II, qui figurait dans l'ancienne quatrième, avec des cantons péri-urbains et ruraux. Cet ajout ne devrait cependant pas perturber les équilibres électoraux actuels. Alors que les quatre cantons originels sont classés plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), Saint-Etienne Sud-Ouest II s'avère davantage tangent (en gris sur la carte), n'ayant jamais voté pour la même sensibilité plus de deux mandats à la suite, depuis sa création en 1973. Il est cependant représenté par le PS depuis 1998. Droite et gauche se partagent équitablement les quatre autres. Les enjeux de 2012 seront sans doute très nationaux, dans cette circonscription urbaine et populaire, qui a basculé à gauche en 2007, vraisemblablement avec l'effet "TVA sociale". Le député socialiste sortant Jean-Louis Gagnaire partira avec la prime au sortant. L'UMP pourrait investir le conseiller de Saint-Etienne Sud-Est III Jean-Jacques Rey. Elle devra surveiller le niveau du FN, ainsi que le Nouveau Centre qui pourrait se placer en embuscade.
3e circonscription (Saint-Chamond)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Firminy)
En perdant un canton de Saint-Etienne, cette circonscription a glissé vers le Nord en contournant l'agglomération stéphanoise par l'Ouest. Un peu moins urbaine que la mouture précédente, cette nouvelle 4e est également un peu plus marquée à droite. Notamment avec les cantons de Saint-Bonnet-le-Château et Saint-Just-Saint-Rambert, qui n'ont jamais voté à gauche depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte). De quoi donner un peu d'oxygène à Dino Cinieri, député UMP abonné aux victoires étriquées et affaibli par la perte de sa mairie de Firminy en 2008. Relativement mal implanté dans ce secteur, le PS pourrait investir Jean-Paul Chartron. La concurrence pourrait être rude avec le Front de gauche dans cet ancien fief communiste. Le score du FN sera aussi à surveiller.
5e circonscription (Roanne)
Avec la 6e, c'est la circonscription la plus redécoupée. Jusque-là divisé selon un axe Est-Ouest, le Nord du département se scinde en deux parties Nord et Sud. Découpée autour de Roanne, cette nouvelle 6e occupe la partie nord. La stratégie d'Alain Marleix ressemble un peu ici à ce qui s'est passé dans la 4e: desserrer l'étreinte autour d'un sortant UMP fragilisé. Réélu de peu en 2007, battu aux municipales de 2008, Yves Nicolin pourra davantage s'appuyer sur des cantons ruraux nouveaux venus et solidement ancrés à droite: Belmont-de-Loire et Saint-Symphorien-de-Laye. Cependant, en zone urbaine, la dynamique de gauche pourrait se poursuivre avec la socialiste Laure Laroche, qui a pris la mairie de Roanne à Yves Nicolin en 2008.
6e circonscription (Feurs-Montbrison)
Ce nouveau siège rassemble les débris de l'ancienne 7e et quelques cantons du sud des anciennes 5e et 6e. Sur le papier, elle s'annonce assez solidement arrimée à droite. Seul le canton de Boën penche plutôt à gauche depuis 1958 (en orange sur la carte). Le problème pour la majorité sera surtout de trouver un bon candidat. Présent dans le paysage politique depuis 1978, Pascal Clément, sortant de la 6e, pourrait ne pas se représenter. Tout comme Jean-François Chossy, député de l'ancienne 7e, élu pour la première fois en 1993. L'UMP pourrait alors investir Liliane Vaginay, proche de Pascal Clément. Le PS, de son côté, pourrait lui opposer Liliane Faure, maire de Montbrison.
A quoi faut-il s'attendre...
Bien qu'assez lourd, ce remodelage ne devrait pas, en tant que tel, menacer le sortant PS dans la 2e. Il pourrait au contraire constituer une digue contre une éventuelle vague rose. Si la 6e paraît solide pour l'UMP et la 4e à peu près sûre, Yves Nicolin semble cependant davantage menacé dans la 5e.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 4 juillet 2010

Le redécoupage Marleix dans le Loir-et-Cher

Le redécoupage est ici très modeste. Il ne porte que sur un seul canton, après avis de la commission Guéna.
1ere circonscription (Blois)
Alain Marleix a suivi les recommandations de la commission constitutionnelle, qui préconisait le transfert du canton d'Herbault vers la 3e circonscription, pour cause de déséquilibre démographique. Le départ de ce secteur péri-urbain renforce le poids de l'agglomération blésoise, globalement dominée par la gauche. Ce qui, en 2012, pourrait favoriser le maire socialiste de Blois Marc Gricourt, et un peu plus fragiliser le député Nouveau Centre sortant Nicolas Perruchot, déjà déstabilisé par la perte de la préfecture en 2008. L'hypothèse ou non d'une candidature NC à la présidentielle sera déterminante sur l'éventuelle présence d'une UMP assez faible dans le secteur. Sans oublier un MODEM en embuscade derrière la sénatrice Jacqueline Gourault, très bien implantée ici.
2e circonscription (Romorantin-Lanthenay)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Vendôme)
L'arrivée du canton péri-urbain d'Herbault, à gauche depuis 2001 mais globalement à droite sur la période 1958-2008, accentue l'aspect "marécageux" de cette circonscription. Depuis 1958, seul le canton de Mer a toujours voté à droite (en bleu foncé sur la carte). La gauche a globalement dominé Vendôme et les campagnes à l'ouest de cette agglomération (en orange), les autres cantons optant plutôt pour la droite (en bleu clair). Dans ce secteur traditionnellement de gauche mais dominé par le centre-droit depuis 1968, le député NC sortant Maurice Leroy, président du conseil général, reste à l'aise. A moins qu'il ne perde ce dernier levier de commande lors des cantonales de 2011, il devrait assez facilement battre le PS, qui pourrait être représenté par Catherine Lockhart, maire de la ville-centre.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce redécoupage à la marge a de fortes chances de menacer la majorité dans la 1ere circonscription mais ne devrait guère changer la donne dans la 3e.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 23 juin 2010

Le redécoupage Marleix dans les Landes

Le redécoupage de ce département n'était pas prévu dans le premier projet. Mais le transfert d'un canton de la 2e à la 3e circonscription, préconisé par la commission constitutionnelle, a été retenu, d'où l'aspect modeste de ce remodelage.
1ere circonscription (Mont-de-Marsan)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Dax)
Evolution démographique oblige, cette circonscription perd le canton péri-urbain de Peyrehorade. Classé globalement à gauche depuis 1958 (en orange sur la carte), il est détenu par le PS depuis 1979. Une modification à la marge qui ne devrait pas bouleverser la géopolitique du secteur. D'autant plus que le basculement à gauche de Dax, lors des municipales de 2008, a renforcé localement le PS. Si le sortant Jean-Pierre Dufau, en place depuis 1997, ne se représente pas, il pourrait céder la place à sa suppléante Elisabeth Bonjean, à la maire de Saint-Paul-lès-Dax Danielle Michel ou au maire de la ville-centre Gabriel Bellocq. Depuis la chute de la municipalité UMP de Dax, la droite reste orpheline. Jacques Forté pourrait tenter un retour en 2012. Il faudra aussi peut-être compter avec la centriste Florence Defos.
3e circonscription (Saint-Sever)
La seule circonscription landaise n'ayant jamais basculé à droite depuis 1988 reçoit le canton de Peyrehorade, ce qui devrait la marquer encore plus à gauche qu'elle ne l'est. Ici, la seule carte à jouer pour la droite serait un retrait d'Henri Emmanuelli, député socialiste élu pour la première fois en 1978, peut-être au profit de sa suppléante Monique Lubin. Ce qui pourrait profiter à l'UMP Serge Lansaman, maire d'Hagetmau, la plus grande ville de droite de la circonscription. A moins que la majorité ne réserve l'investiture à un membre du NC, à savoir Pierre Dufourcq, conseiller général de Grenade-sur-l'Adour, le seul canton dui département n'ayant jamais élu de conseiller de gauche depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte).
A quoi faut-il s'attendre...
A priori aucun bouleversement n'est attendu dans les deux circonscriptions redécoupées, même si, en 2012, la nécessité pour le PS de renouveler ses cadres sera plus que jamais présente.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 2 juin 2010

Les noyaux durs de la 4e circonscription de l'Isère

Comme (presque) toujours lors d'une élection partielle, l'abstention a largement remporté le premier tour du scrutin du 30 mai, dans la 4e circonscription de l'Isère, destiné à remplacer Didier Migaud, nommé à la tête de la cour des comptes.
Dimanche, seuls 29,85 % des inscrits se sont déplacés aux urnes. C'est près de vingt points de moins que lors des régionales de mars dernier, qui alignaient à peu près les mêmes forces politiques et auxquelles Didier Migaud ne participait pas. Les dernières législatives, en 2007, avaient vu elles l'abstention atteindre les 39,66 %.
Dans ce contexte, nos pronostics de notre post du 16 mai étaient plutôt surévalués, même si nous avons trouvé l'ordre d'arrivée des candidats.
Avec 9987 voix (39,31 %), Marie-Noëlle Battistel arrive en tête. Un résultat qui valide la stratégie du PS, réélle ou supposée, de bétonnage de cette circonscription qui vote davantage Migaud que socialiste. Que ce soit en voix comme en pourcentage, ce score est médiocre mais les meubles sont sauvés. Depuis la création de cette circonscription en 1988, jamais le PS n'était passé sous la barre des 10 000 électeurs lors d'un premier tour d'une législative. Lors de la vague bleue de 1993, Didier Migaud avait attiré 11 888 bulletins sur son nom. Le décompte en pourcentage s'avère moins catastrophique. Marie-Noëlle Battistel atteint à peu près le score de Didier Migaud en 1997 (40,27 %). A noter également que l'appel à voter Battistel, lancé par le villepiniste Yann Casavecchia, n'a visiblement déplacé aucun suffrage.
L'UMP, qui était (officiellement) représentée par Fabrice Marchiol, atteint elle aussi un nouveau plancher. Avec 8364 votants et 32,93 %, son candidat arrive légèrement en deça du résultat de la liste UMP-NC-MPF-CPNT aux dernières régionales (8728 voix). En pourcentage, Fabrice Marchiol fait même mieux que Yann Casavecchia en 2007 (31,70 %). Pour la droite parlementaire, c'est un résultat à la fois médiocre et encourageant. Il semble en effet que le noyau dur de son électorat, dans cette circonscription, n'a pas été entamé par l'abstention, contrairement à celui de Didier Migaud (mais non du PS). Il est possible que l'absence d'étiquette UMP affichée ait un peu limité les dégâts, mais cette stratégie ne pourra que difficilement être réutilisée en 2012.
Avec 3208 suffrages et 12,63 %, les écologistes s'installent comme troisième force du secteur. Certes, ils sont loin de leurs 7103 voix des régionales de mars dernier, mais la candidate Europe-Ecologie Anne Parlange a mobilisé un noyau dépassant les 2748 électeurs toutes tendances confondues de 2007. Un score prometteur pour 2010, confirmant une nouvelle fois qu'on n'a pas fini d'entendre parler d'Europe Ecologie.
Avec Mireille d'Ornano, le FN avait dépêché une militante de la première heure. Elle obtient 1881 voix et 7,4 %. L'extrême-droite est elle aussi très loin de son score de mars dernier (4291 voix) mais proche du total FN-MNR de 2007 (1972 bulletins), ce qui tend à attester qu'il s'agit ici aussi d'un noyau dur.
Le candidat du Front de gauche Laurent Jadeau attire 1730 électeurs, soit 6,81 % des inscrits. Dans notre analyse du 16 mai, nous avions établi des comparatifs comprenant toutes les forces à la gauche du PS. En l'absence de candidature d'extrême-gauche, ce mouvement reste à peu près à son niveau de 2007 (1068 voix pour le PCF) et de mars dernier (4412 voix en comptant l'extrême-gauche). Cela démontre cependant que, lorsque l'enjeu est peu important, il n'attire pas tous les électeurs d'extrême-gauche de cette circonscription.
La candidature d'Arnaud Walther, pour l'Alternative libérale, petit mouvement très critique sur le modèle social français, est restée symbolique, avec 233 voix et 0,92 %. Seule certitude: elle n'aura pas mobilisé les déçus du sarkozysme de cette circonscription.
Parallèlement à la forte abstention, cette partielle voit également un effet-loupe pour les deux principales formations de la vie politique française, qui réunissent près des trois quarts des exprimés de ce premier tour.
Un phénomène qui se confirme dans la géographie électorale de cette circonscription, qui n'aura vu, dans aucune commune et a fortiori aucun canton, aucune des autres forces en présence arriver en tête.
Marie-Noëlle Battistel est première dans six cantons sur dix. Elle obtient la majorité absolue à Corps, où elle est implantée, et obtient 64,29 % dans sa commune de La Salle-en-Beaumont.
Fabrice Marchiol est en tête dans les autres cantons, dont celui de La Mure mais de seulement 34 voix, ce qui confirme la relative défiance de ce canton ouvrier pour le maire de la ville-centre. Dans cette dernière, il remporte 53,49 % des voix exprimées.
Mis à part quelques surprises, la géographie électorale actuelle est respectée. La gauche domine la plupart des centres urbains, malgré une forte abstention, et la droite s'impose de plus en plus à mesure qu'on se rapproche du Vercors et de ses contreforts, où l'électorat modéré et conservateur est plus proche.
Quelques exceptions sont à signaler.
A Villard-de-Lans, canton à droite depuis 1979, Marie-Noëlle Battistel est en tête avec 35,1 % des exprimés, peu avant Fabrice Marchiol (32,50 %). Il semble que la candidate écologiste Anne Parlange (19,50 %) ait davantage siphonné de voix de droite que de gauche, dans ce secteur assez péri-urbanisé. Elle arrive d'aileurs deuxième avec 29,82 % des exprimés à Saint-Nizier-du-Moucherotte, commune du versant grenoblois du massif.
A Bourg-d'Oisans, canton détenu par la gauche depuis 1998, les scores sont tout aussi serrés. Fabrice Marchiol fait la course en tête avec 39,9 % et onze communes sur vingt-et-une, Anne-Marie Battistel s'adjugeant 36,5 % des exprimés. A y regarder de plus près, il ne s'agit cependant que d'une demi-surprise. Dans certaines communes, les votes se distribuent logiquement: respectivement 63,11 et 40,50 % pour l'UMP dans les stations de L'Alpe-d'Huez et de Vaujany, 44,24 % pour le PS dans la commune ouvrière de Livet-et-Gavet. Encore sociologiquement très clivé, de tradition radicale, ce canton passe assez régulièrement de droite à gauche depuis 1958.
A quoi faut-il donc s'attendre pour ce second tour dimanche 6 juin? Très probablement à une victoire du PS, mais cependant pas aussi large que depuis 1997.
La forte abstention de ce premier tour aura au moins mis à nu les noyaux durs de chaque force en présence. Au delà se situent le bonus électoral, qui permettait depuis 1993 à Didier Migaud de dépasser le quantum socialiste, ainsi que l'électorat centriste, qui pesait tout de même encore 3000 bulletins en 2007, et qui semble s'être littéralement évaporé.
Après la traditionnelle chasse aux abstentionnistes de cet entre-deux-tours, la reconquête de ces deux électorats qui se confondent sûrement en partie sera l'un des enjeux de 2012.
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 27 mai 2010

Le redécoupage Marleix en Isère

C'est dans le nord du département, très péri-urbanisé et soumis à l'influence électorale de l'agglomération lyonnaise, qu'est créé un dixième siège.
1ere circonscription (Grenoble I, II, IV)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Echirolles)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Grenoble III, V, VI)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Vif)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Saint-Egrève)
Cette circonscription reste inchangée.
6e circonscription (Bourgoin-Jallieu Nord)
Le redécoupage enlève ici les cantons péri-urbains de La Tour-du-Pin et de Pont-de-Beauvoisin, à gauche respectivement depuis 2008 et 2001. Ne restent que des cantons penchant plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte). Sur ces quatre-là, seul celui de Bourgoin-Jallieu Nord, ancien fief du gaulliste Paul de Belval, est passé au PS en 2008. Les deux seuls espoirs du PS seraient que le député UMP sortant, Alain Moyne-Bressand, en place depuis 1986, ne se représente pas, et/ou que le FN parvienne à provoquer une triangulaire dans ce secteur où il demeure assez présent. Benoît de Belval pourrait prétendre à l'investiture UMP. A gauche, le seul conseiller général PS de la circonscription, Bernard Cottaz, pourrait lui disputer ce siège.
7e circonscription (Roussillon)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont ôté les cantons formant le sud de l'agglomération berjallienne et la ville nouvelle, et ajouté Beaurepaire et le sud de celui de Roussillon. Cette circonscription perd donc sa partie urbaine du nord, dominée par la gauche mais avec le gros réservoir de droite de la ville de Villefontaine, au profit du canton de Beaurepaire, qui a toujours voté socialiste sous la Ve République, et d'une bonne partie de l'agglomération ouvrière de Roussillon, où la gauche reste très influente. Au milieu subsistent des cantons globalement à droite, dont La Côte-Saint-André et Roybon, qui ont toujours soutenu cette sensibilité depuis 1958. Le cas de Saint-Jean-de-Bournay est un peu différent. S'il penche globalement à gauche sur cette dernière période (en orange sur la carte), il est détenu depuis 1985 par l'actuel député UMP Georges Colombier. Il est fort possible qu'il ne se représente pas en 2012. La compétition pourrait alors opposer Yannick Neuder, maire UMP de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, et Didier Rambaud, vice-président PS du conseil général, implanté au Grand-Lemps, et surtout s'avérer très ouverte.
8e circonscription (Vienne)
L'ancien bastion de Louis Mermaz est amputé de sa partie sud, avec le départ de Beaurepaire et de la partie la plus peuplée du canton de Roussillon vers la nouvelle 7e. Autrefois dominante, la gauche est ici clairement défavorisée. Face à Vienne-Sud et au canton péri-urbain d'Heyrieux, Vienne-Nord est la seul canton de la circonscription a n'avoir jamais voté à droite sous la Ve République (en rouge sur la carte). Le député UMP sortant Jacque Remiller n'a pas trop de souci à se faire. A moins que le conseiller général de Vienne-Sud Patrick Curtaud lui succède, face au PS qui pourrait investir Erwann Binet, son homologue de Vienne-Nord.
9e circonscription (Voiron)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Bourgoin-Jallieu Sud)
Ce nouveau siège chevauche les trois anciennes circonscriptions du nord du département. Il est majoritairement urbain et suit le tracé de l'autoroute Lyon-Chambéry, ce qui pourrait lui conférer une sociologie électorale mouvante, au gré de la pression foncière. Sur le papier, gauche et droite semblent partir avec les mêmes chances. La première domine globalement depuis 1958 les cantons de L'Isle-d'Abeau et de La Verpillière, la seconde ceux de Pont-de-Beauvoisin et de La Tour-du-Pin. Au milieu, Bourgoin-Jallieu Sud est indécis depuis sa création en 1985: d'abord divers droite puis PS depuis 1998. Cependant, le PS et ses alliés ont conquis tous ces cantons entre 1994 et 2008. Les socialistes pourraient envoyer Alain Cottalorda, maire de Bourgoin-Jallieu, à moins qu'ils soutiennent Serge Revel, conseiller général écologiste de Pont-de-Beauvoisin. A droite, l'ouverture pourrait aussi être de mise, avec notamment Raymond Feyssaguet, le maire sans étiquette de Villefontaine, seule ville du secteur à échapper à la gauche, ou Andrée Rabilloud pour le Nouveau Centre.
A quoi faut-il s'attendre...
Dans un Nord-Isère totalement verrouillé par la droite depuis 2002, le redécoupage renforcera incontestablement cette dernière dans les 6e et 8e circonscription, mais la fragilisera peut-être dans la 7e. Surtout, le jeu pourrait être très ouvert dans la nouvelle 10e.
Emmanuel SAINT-BONNET