jeudi 15 juillet 2010

Le redécoupage Marleix dans la Loire

Perdant un siège dans l'agglomération stéphanoise, pour raisons démographiques, le département de la Loire est assez fortement redécoupé.
1ere circonscription (Saint-Etienne Nord)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Saint-Etienne Sud)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont cantonné l'agglomération stéphanoise dans les deux premières circonscriptions. Alors que la première, comprenant les quatre cantons du nord de la préfecture, reste inchangée, cette nouvelle deuxième récupère celui de Sud-Ouest II, qui figurait dans l'ancienne quatrième, avec des cantons péri-urbains et ruraux. Cet ajout ne devrait cependant pas perturber les équilibres électoraux actuels. Alors que les quatre cantons originels sont classés plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), Saint-Etienne Sud-Ouest II s'avère davantage tangent (en gris sur la carte), n'ayant jamais voté pour la même sensibilité plus de deux mandats à la suite, depuis sa création en 1973. Il est cependant représenté par le PS depuis 1998. Droite et gauche se partagent équitablement les quatre autres. Les enjeux de 2012 seront sans doute très nationaux, dans cette circonscription urbaine et populaire, qui a basculé à gauche en 2007, vraisemblablement avec l'effet "TVA sociale". Le député socialiste sortant Jean-Louis Gagnaire partira avec la prime au sortant. L'UMP pourrait investir le conseiller de Saint-Etienne Sud-Est III Jean-Jacques Rey. Elle devra surveiller le niveau du FN, ainsi que le Nouveau Centre qui pourrait se placer en embuscade.
3e circonscription (Saint-Chamond)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Firminy)
En perdant un canton de Saint-Etienne, cette circonscription a glissé vers le Nord en contournant l'agglomération stéphanoise par l'Ouest. Un peu moins urbaine que la mouture précédente, cette nouvelle 4e est également un peu plus marquée à droite. Notamment avec les cantons de Saint-Bonnet-le-Château et Saint-Just-Saint-Rambert, qui n'ont jamais voté à gauche depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte). De quoi donner un peu d'oxygène à Dino Cinieri, député UMP abonné aux victoires étriquées et affaibli par la perte de sa mairie de Firminy en 2008. Relativement mal implanté dans ce secteur, le PS pourrait investir Jean-Paul Chartron. La concurrence pourrait être rude avec le Front de gauche dans cet ancien fief communiste. Le score du FN sera aussi à surveiller.
5e circonscription (Roanne)
Avec la 6e, c'est la circonscription la plus redécoupée. Jusque-là divisé selon un axe Est-Ouest, le Nord du département se scinde en deux parties Nord et Sud. Découpée autour de Roanne, cette nouvelle 6e occupe la partie nord. La stratégie d'Alain Marleix ressemble un peu ici à ce qui s'est passé dans la 4e: desserrer l'étreinte autour d'un sortant UMP fragilisé. Réélu de peu en 2007, battu aux municipales de 2008, Yves Nicolin pourra davantage s'appuyer sur des cantons ruraux nouveaux venus et solidement ancrés à droite: Belmont-de-Loire et Saint-Symphorien-de-Laye. Cependant, en zone urbaine, la dynamique de gauche pourrait se poursuivre avec la socialiste Laure Laroche, qui a pris la mairie de Roanne à Yves Nicolin en 2008.
6e circonscription (Feurs-Montbrison)
Ce nouveau siège rassemble les débris de l'ancienne 7e et quelques cantons du sud des anciennes 5e et 6e. Sur le papier, elle s'annonce assez solidement arrimée à droite. Seul le canton de Boën penche plutôt à gauche depuis 1958 (en orange sur la carte). Le problème pour la majorité sera surtout de trouver un bon candidat. Présent dans le paysage politique depuis 1978, Pascal Clément, sortant de la 6e, pourrait ne pas se représenter. Tout comme Jean-François Chossy, député de l'ancienne 7e, élu pour la première fois en 1993. L'UMP pourrait alors investir Liliane Vaginay, proche de Pascal Clément. Le PS, de son côté, pourrait lui opposer Liliane Faure, maire de Montbrison.
A quoi faut-il s'attendre...
Bien qu'assez lourd, ce remodelage ne devrait pas, en tant que tel, menacer le sortant PS dans la 2e. Il pourrait au contraire constituer une digue contre une éventuelle vague rose. Si la 6e paraît solide pour l'UMP et la 4e à peu près sûre, Yves Nicolin semble cependant davantage menacé dans la 5e.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 4 juillet 2010

Le redécoupage Marleix dans le Loir-et-Cher

Le redécoupage est ici très modeste. Il ne porte que sur un seul canton, après avis de la commission Guéna.
1ere circonscription (Blois)
Alain Marleix a suivi les recommandations de la commission constitutionnelle, qui préconisait le transfert du canton d'Herbault vers la 3e circonscription, pour cause de déséquilibre démographique. Le départ de ce secteur péri-urbain renforce le poids de l'agglomération blésoise, globalement dominée par la gauche. Ce qui, en 2012, pourrait favoriser le maire socialiste de Blois Marc Gricourt, et un peu plus fragiliser le député Nouveau Centre sortant Nicolas Perruchot, déjà déstabilisé par la perte de la préfecture en 2008. L'hypothèse ou non d'une candidature NC à la présidentielle sera déterminante sur l'éventuelle présence d'une UMP assez faible dans le secteur. Sans oublier un MODEM en embuscade derrière la sénatrice Jacqueline Gourault, très bien implantée ici.
2e circonscription (Romorantin-Lanthenay)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Vendôme)
L'arrivée du canton péri-urbain d'Herbault, à gauche depuis 2001 mais globalement à droite sur la période 1958-2008, accentue l'aspect "marécageux" de cette circonscription. Depuis 1958, seul le canton de Mer a toujours voté à droite (en bleu foncé sur la carte). La gauche a globalement dominé Vendôme et les campagnes à l'ouest de cette agglomération (en orange), les autres cantons optant plutôt pour la droite (en bleu clair). Dans ce secteur traditionnellement de gauche mais dominé par le centre-droit depuis 1968, le député NC sortant Maurice Leroy, président du conseil général, reste à l'aise. A moins qu'il ne perde ce dernier levier de commande lors des cantonales de 2011, il devrait assez facilement battre le PS, qui pourrait être représenté par Catherine Lockhart, maire de la ville-centre.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce redécoupage à la marge a de fortes chances de menacer la majorité dans la 1ere circonscription mais ne devrait guère changer la donne dans la 3e.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 23 juin 2010

Le redécoupage Marleix dans les Landes

Le redécoupage de ce département n'était pas prévu dans le premier projet. Mais le transfert d'un canton de la 2e à la 3e circonscription, préconisé par la commission constitutionnelle, a été retenu, d'où l'aspect modeste de ce remodelage.
1ere circonscription (Mont-de-Marsan)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Dax)
Evolution démographique oblige, cette circonscription perd le canton péri-urbain de Peyrehorade. Classé globalement à gauche depuis 1958 (en orange sur la carte), il est détenu par le PS depuis 1979. Une modification à la marge qui ne devrait pas bouleverser la géopolitique du secteur. D'autant plus que le basculement à gauche de Dax, lors des municipales de 2008, a renforcé localement le PS. Si le sortant Jean-Pierre Dufau, en place depuis 1997, ne se représente pas, il pourrait céder la place à sa suppléante Elisabeth Bonjean, à la maire de Saint-Paul-lès-Dax Danielle Michel ou au maire de la ville-centre Gabriel Bellocq. Depuis la chute de la municipalité UMP de Dax, la droite reste orpheline. Jacques Forté pourrait tenter un retour en 2012. Il faudra aussi peut-être compter avec la centriste Florence Defos.
3e circonscription (Saint-Sever)
La seule circonscription landaise n'ayant jamais basculé à droite depuis 1988 reçoit le canton de Peyrehorade, ce qui devrait la marquer encore plus à gauche qu'elle ne l'est. Ici, la seule carte à jouer pour la droite serait un retrait d'Henri Emmanuelli, député socialiste élu pour la première fois en 1978, peut-être au profit de sa suppléante Monique Lubin. Ce qui pourrait profiter à l'UMP Serge Lansaman, maire d'Hagetmau, la plus grande ville de droite de la circonscription. A moins que la majorité ne réserve l'investiture à un membre du NC, à savoir Pierre Dufourcq, conseiller général de Grenade-sur-l'Adour, le seul canton dui département n'ayant jamais élu de conseiller de gauche depuis 1958 (en bleu foncé sur la carte).
A quoi faut-il s'attendre...
A priori aucun bouleversement n'est attendu dans les deux circonscriptions redécoupées, même si, en 2012, la nécessité pour le PS de renouveler ses cadres sera plus que jamais présente.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 2 juin 2010

Les noyaux durs de la 4e circonscription de l'Isère

Comme (presque) toujours lors d'une élection partielle, l'abstention a largement remporté le premier tour du scrutin du 30 mai, dans la 4e circonscription de l'Isère, destiné à remplacer Didier Migaud, nommé à la tête de la cour des comptes.
Dimanche, seuls 29,85 % des inscrits se sont déplacés aux urnes. C'est près de vingt points de moins que lors des régionales de mars dernier, qui alignaient à peu près les mêmes forces politiques et auxquelles Didier Migaud ne participait pas. Les dernières législatives, en 2007, avaient vu elles l'abstention atteindre les 39,66 %.
Dans ce contexte, nos pronostics de notre post du 16 mai étaient plutôt surévalués, même si nous avons trouvé l'ordre d'arrivée des candidats.
Avec 9987 voix (39,31 %), Marie-Noëlle Battistel arrive en tête. Un résultat qui valide la stratégie du PS, réélle ou supposée, de bétonnage de cette circonscription qui vote davantage Migaud que socialiste. Que ce soit en voix comme en pourcentage, ce score est médiocre mais les meubles sont sauvés. Depuis la création de cette circonscription en 1988, jamais le PS n'était passé sous la barre des 10 000 électeurs lors d'un premier tour d'une législative. Lors de la vague bleue de 1993, Didier Migaud avait attiré 11 888 bulletins sur son nom. Le décompte en pourcentage s'avère moins catastrophique. Marie-Noëlle Battistel atteint à peu près le score de Didier Migaud en 1997 (40,27 %). A noter également que l'appel à voter Battistel, lancé par le villepiniste Yann Casavecchia, n'a visiblement déplacé aucun suffrage.
L'UMP, qui était (officiellement) représentée par Fabrice Marchiol, atteint elle aussi un nouveau plancher. Avec 8364 votants et 32,93 %, son candidat arrive légèrement en deça du résultat de la liste UMP-NC-MPF-CPNT aux dernières régionales (8728 voix). En pourcentage, Fabrice Marchiol fait même mieux que Yann Casavecchia en 2007 (31,70 %). Pour la droite parlementaire, c'est un résultat à la fois médiocre et encourageant. Il semble en effet que le noyau dur de son électorat, dans cette circonscription, n'a pas été entamé par l'abstention, contrairement à celui de Didier Migaud (mais non du PS). Il est possible que l'absence d'étiquette UMP affichée ait un peu limité les dégâts, mais cette stratégie ne pourra que difficilement être réutilisée en 2012.
Avec 3208 suffrages et 12,63 %, les écologistes s'installent comme troisième force du secteur. Certes, ils sont loin de leurs 7103 voix des régionales de mars dernier, mais la candidate Europe-Ecologie Anne Parlange a mobilisé un noyau dépassant les 2748 électeurs toutes tendances confondues de 2007. Un score prometteur pour 2010, confirmant une nouvelle fois qu'on n'a pas fini d'entendre parler d'Europe Ecologie.
Avec Mireille d'Ornano, le FN avait dépêché une militante de la première heure. Elle obtient 1881 voix et 7,4 %. L'extrême-droite est elle aussi très loin de son score de mars dernier (4291 voix) mais proche du total FN-MNR de 2007 (1972 bulletins), ce qui tend à attester qu'il s'agit ici aussi d'un noyau dur.
Le candidat du Front de gauche Laurent Jadeau attire 1730 électeurs, soit 6,81 % des inscrits. Dans notre analyse du 16 mai, nous avions établi des comparatifs comprenant toutes les forces à la gauche du PS. En l'absence de candidature d'extrême-gauche, ce mouvement reste à peu près à son niveau de 2007 (1068 voix pour le PCF) et de mars dernier (4412 voix en comptant l'extrême-gauche). Cela démontre cependant que, lorsque l'enjeu est peu important, il n'attire pas tous les électeurs d'extrême-gauche de cette circonscription.
La candidature d'Arnaud Walther, pour l'Alternative libérale, petit mouvement très critique sur le modèle social français, est restée symbolique, avec 233 voix et 0,92 %. Seule certitude: elle n'aura pas mobilisé les déçus du sarkozysme de cette circonscription.
Parallèlement à la forte abstention, cette partielle voit également un effet-loupe pour les deux principales formations de la vie politique française, qui réunissent près des trois quarts des exprimés de ce premier tour.
Un phénomène qui se confirme dans la géographie électorale de cette circonscription, qui n'aura vu, dans aucune commune et a fortiori aucun canton, aucune des autres forces en présence arriver en tête.
Marie-Noëlle Battistel est première dans six cantons sur dix. Elle obtient la majorité absolue à Corps, où elle est implantée, et obtient 64,29 % dans sa commune de La Salle-en-Beaumont.
Fabrice Marchiol est en tête dans les autres cantons, dont celui de La Mure mais de seulement 34 voix, ce qui confirme la relative défiance de ce canton ouvrier pour le maire de la ville-centre. Dans cette dernière, il remporte 53,49 % des voix exprimées.
Mis à part quelques surprises, la géographie électorale actuelle est respectée. La gauche domine la plupart des centres urbains, malgré une forte abstention, et la droite s'impose de plus en plus à mesure qu'on se rapproche du Vercors et de ses contreforts, où l'électorat modéré et conservateur est plus proche.
Quelques exceptions sont à signaler.
A Villard-de-Lans, canton à droite depuis 1979, Marie-Noëlle Battistel est en tête avec 35,1 % des exprimés, peu avant Fabrice Marchiol (32,50 %). Il semble que la candidate écologiste Anne Parlange (19,50 %) ait davantage siphonné de voix de droite que de gauche, dans ce secteur assez péri-urbanisé. Elle arrive d'aileurs deuxième avec 29,82 % des exprimés à Saint-Nizier-du-Moucherotte, commune du versant grenoblois du massif.
A Bourg-d'Oisans, canton détenu par la gauche depuis 1998, les scores sont tout aussi serrés. Fabrice Marchiol fait la course en tête avec 39,9 % et onze communes sur vingt-et-une, Anne-Marie Battistel s'adjugeant 36,5 % des exprimés. A y regarder de plus près, il ne s'agit cependant que d'une demi-surprise. Dans certaines communes, les votes se distribuent logiquement: respectivement 63,11 et 40,50 % pour l'UMP dans les stations de L'Alpe-d'Huez et de Vaujany, 44,24 % pour le PS dans la commune ouvrière de Livet-et-Gavet. Encore sociologiquement très clivé, de tradition radicale, ce canton passe assez régulièrement de droite à gauche depuis 1958.
A quoi faut-il donc s'attendre pour ce second tour dimanche 6 juin? Très probablement à une victoire du PS, mais cependant pas aussi large que depuis 1997.
La forte abstention de ce premier tour aura au moins mis à nu les noyaux durs de chaque force en présence. Au delà se situent le bonus électoral, qui permettait depuis 1993 à Didier Migaud de dépasser le quantum socialiste, ainsi que l'électorat centriste, qui pesait tout de même encore 3000 bulletins en 2007, et qui semble s'être littéralement évaporé.
Après la traditionnelle chasse aux abstentionnistes de cet entre-deux-tours, la reconquête de ces deux électorats qui se confondent sûrement en partie sera l'un des enjeux de 2012.
Emmanuel SAINT-BONNET

jeudi 27 mai 2010

Le redécoupage Marleix en Isère

C'est dans le nord du département, très péri-urbanisé et soumis à l'influence électorale de l'agglomération lyonnaise, qu'est créé un dixième siège.
1ere circonscription (Grenoble I, II, IV)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Echirolles)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Grenoble III, V, VI)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Vif)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Saint-Egrève)
Cette circonscription reste inchangée.
6e circonscription (Bourgoin-Jallieu Nord)
Le redécoupage enlève ici les cantons péri-urbains de La Tour-du-Pin et de Pont-de-Beauvoisin, à gauche respectivement depuis 2008 et 2001. Ne restent que des cantons penchant plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte). Sur ces quatre-là, seul celui de Bourgoin-Jallieu Nord, ancien fief du gaulliste Paul de Belval, est passé au PS en 2008. Les deux seuls espoirs du PS seraient que le député UMP sortant, Alain Moyne-Bressand, en place depuis 1986, ne se représente pas, et/ou que le FN parvienne à provoquer une triangulaire dans ce secteur où il demeure assez présent. Benoît de Belval pourrait prétendre à l'investiture UMP. A gauche, le seul conseiller général PS de la circonscription, Bernard Cottaz, pourrait lui disputer ce siège.
7e circonscription (Roussillon)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont ôté les cantons formant le sud de l'agglomération berjallienne et la ville nouvelle, et ajouté Beaurepaire et le sud de celui de Roussillon. Cette circonscription perd donc sa partie urbaine du nord, dominée par la gauche mais avec le gros réservoir de droite de la ville de Villefontaine, au profit du canton de Beaurepaire, qui a toujours voté socialiste sous la Ve République, et d'une bonne partie de l'agglomération ouvrière de Roussillon, où la gauche reste très influente. Au milieu subsistent des cantons globalement à droite, dont La Côte-Saint-André et Roybon, qui ont toujours soutenu cette sensibilité depuis 1958. Le cas de Saint-Jean-de-Bournay est un peu différent. S'il penche globalement à gauche sur cette dernière période (en orange sur la carte), il est détenu depuis 1985 par l'actuel député UMP Georges Colombier. Il est fort possible qu'il ne se représente pas en 2012. La compétition pourrait alors opposer Yannick Neuder, maire UMP de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, et Didier Rambaud, vice-président PS du conseil général, implanté au Grand-Lemps, et surtout s'avérer très ouverte.
8e circonscription (Vienne)
L'ancien bastion de Louis Mermaz est amputé de sa partie sud, avec le départ de Beaurepaire et de la partie la plus peuplée du canton de Roussillon vers la nouvelle 7e. Autrefois dominante, la gauche est ici clairement défavorisée. Face à Vienne-Sud et au canton péri-urbain d'Heyrieux, Vienne-Nord est la seul canton de la circonscription a n'avoir jamais voté à droite sous la Ve République (en rouge sur la carte). Le député UMP sortant Jacque Remiller n'a pas trop de souci à se faire. A moins que le conseiller général de Vienne-Sud Patrick Curtaud lui succède, face au PS qui pourrait investir Erwann Binet, son homologue de Vienne-Nord.
9e circonscription (Voiron)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Bourgoin-Jallieu Sud)
Ce nouveau siège chevauche les trois anciennes circonscriptions du nord du département. Il est majoritairement urbain et suit le tracé de l'autoroute Lyon-Chambéry, ce qui pourrait lui conférer une sociologie électorale mouvante, au gré de la pression foncière. Sur le papier, gauche et droite semblent partir avec les mêmes chances. La première domine globalement depuis 1958 les cantons de L'Isle-d'Abeau et de La Verpillière, la seconde ceux de Pont-de-Beauvoisin et de La Tour-du-Pin. Au milieu, Bourgoin-Jallieu Sud est indécis depuis sa création en 1985: d'abord divers droite puis PS depuis 1998. Cependant, le PS et ses alliés ont conquis tous ces cantons entre 1994 et 2008. Les socialistes pourraient envoyer Alain Cottalorda, maire de Bourgoin-Jallieu, à moins qu'ils soutiennent Serge Revel, conseiller général écologiste de Pont-de-Beauvoisin. A droite, l'ouverture pourrait aussi être de mise, avec notamment Raymond Feyssaguet, le maire sans étiquette de Villefontaine, seule ville du secteur à échapper à la gauche, ou Andrée Rabilloud pour le Nouveau Centre.
A quoi faut-il s'attendre...
Dans un Nord-Isère totalement verrouillé par la droite depuis 2002, le redécoupage renforcera incontestablement cette dernière dans les 6e et 8e circonscription, mais la fragilisera peut-être dans la 7e. Surtout, le jeu pourrait être très ouvert dans la nouvelle 10e.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 23 mai 2010

Le redécoupage Marleix en Indre-et-Loire

Ce département, qui ne figurait pas au départ sur le tableau du redécoupage, voit se deux premières circonscriptions légèrement remodelées. Une révision du projet initial après l'avis de la commission constitutionnelle, pour motifs démographiques.
1ere circonscription (Tours)
Les sept cantons de Tours sont réunis, après l'arrivée de Tours Nord-Est en provenance de la 2e circonscription. Bien que penchant plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), ce canton est détenu par le PS depuis 2004. Ce qui devrait a priori renforcer le député socialiste sortant Jean-Patrick Gille. L'UMP, de son côté, pourrait investir à nouveau l'ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, afin qu'il tente de récupérer ce siège détenu entre 1997 et 2004.
2e circonscription (Amboise)
L'ancien fief de Bernard Debré se ruralise légèrement en perdant Tours Nord-Est. Mis à part le canton péri-urbain de Montlouis-sur-Loire, où gauche et droite arrivent à parité en nombre de mandats depuis sa création en 1985, les autres sont classés plutôt à droite depuis 1958. Cependant, ils ont tous basculé à gauche entre 2001 et 2008, sauf Château-Renault. Ce qui n'a pas empêché l'UMP d'être élue régulièrement ici depuis 2002. Titulaire du siège depuis 2007, Claude Greff part avec de sérieuses chances en 2012. Le PS pourrait investir face à elle Isabelle Gaudron, implantée à Amboise.
3e circonscription (Montbazon)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Joué-lès-Tours)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Saint-Cyr-sur-Loire)
Cette circonscription reste inchangée.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce petit redécoupage ne devrait pas provoquer de séisme. Au contraire, la tendance pourrait être au renforcement des sensibilités actuelles dans les deux premières circonscriptions.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 16 mai 2010

Les Verts peuvent-ils arriver en deuxième position dans la 4e de l'Isère?

Le départ de Didier Migaud à la Cour des Comptes provoquera, le 30 mai, dans la 4e circonscription de l'Isère, une partielle dont l'issue ne semble pas si évidente.
En investissant Marie-Noëlle Battistel, maire de La Salle-en-Beaumont, suppléante de M. Migaud, en ticket avec Michel Baffert, qui a succédé à ce dernier à la mairie de Seyssins, le PS joue la sécurité.
Taillée dans le sud de l'Isère, cette circonscription, qui ne figure pas sur le tableau du redécoupage Marleix, est davantage "migaudienne" que socialiste.
En 1995, si elle votait majoritairement pour Lionel Jospin au second tour de la présidentielle (51,81 %), c'était avec 28 835 voix et 19,94 % d'abstention. Alors qu'aux législatives de 1997, Didier Migaud obtenait au second tour 29 630 bulletins avec une participation de 67,88 %. Il était alors en Isère le seul député de gauche, dans une circonscription ayant voté à gauche à la présidentielle, à gagner en voix. Contrairement à Michel Destot (moins 2416 suffrages dans la 3e), François Brottes (moins 2708 dans la 5e) et surtout Gilbert Biessy (moins 6249 dans la 2e), il est vrai seul en lice après le premier tour.
Un phénomène qui s'est accru en 2007. Lors du second tour des législatives Didier Migaud l'emportait très largement avec 62,76 % des exprimés, alors que la circonscription s'était montrée légèrement sarkozyenne, quelques semaines auparavant, lors du second tour de la présidentielle, avec 50,70 % des exprimés au second tour en faveur de l'actuel locataire de l'Elysée.
La majorité espère sans doute capitaliser ce résultat, lors de cette partielle, ce qu'elle n'avait pu faire pour les législatives. Véritable miraculé du suffrage universel lors de la vague bleue de 1993, lors de laquelle il est parvenu à vaincre le puissant maire RPR de L'Alpe-d'Huez Jean-Guy Cupillard, Didier Migaud a depuis bien élargi son assise.
A cet égard, la désignation du ticket Battistel-Baffert peut donc être interprétée comme une volonté du PS de "blinder" ce siège (tout comme on pourrait émettre l'hypothèse que ces deux proches collaborateurs du sortant seront là pour "garder la boutique" en attendant son retour de la Cour des Comptes).
Mais contre qui?
Une première réponse réside dans un examen des forces en présence. Il convient de les mesurer en voix, pour faire ressortir le potentiel de mobilisation de chacune, et en pourcentage des inscrits, afin de prendre en compte les effets de seuil (12,5 % pour un maintien au second tour).
Face à Marie-Noëlle Battistel se présenteront Fabrice Marchiol (UMP), Anne Parlange (EE-Verts), Laurent Jadeau (FG-PCF), Mireille d'Ornano (FN) et Arnaud Walther (AL-PLD).
Lors des législatives de 2007, le PS avait obtenu au premier tour 23 751 voix (27,80 % des inscrits), la droite classique (UMP+MPF) 17 093 (20,01 %), les écologistes toutes tendances confondues 2748 (3,22 %), les actuels courants du Front de gauche avec l'extrême-gauche (LCR+PCF+LO) 2386 (2,79 %), et l'extrême-droite (FN+MNR) 1972 (2,31 %). Le centre (MoDem) pesait de son côté 3041 voix, soit 3,56 % des inscrits.
Le dernier scrutin ayant opposé des listes sur tout le territoire de la circonscription, lors desquels Didier Migaud était absent, furent les régionales de mars 2010.
On y retrouvait à peu près les mêmes forces qu'à cette partielle: une liste PS, une liste UMP-NC-MPF-CPNT, une liste Europe-Ecologie, une liste Front de gauche, une liste FN, et une liste Spartacus qu'on pourrait rapprocher de la candidature Walther, plus le MoDem, LO et le NPA.
La gauche classique réunissait cette fois au premier tour 11 057 voix (12,79 % des inscrits), la droite parlementaire 8728 (10,10 %), les écologistes 7103 (8,39 %), le Front de gauche et l'extrême-gauche 4412 (5,11 %), l'extrême-droite 4291 (4,97 %), et les socio-professionnels protestataires d'Opération Spartacus 619 (0,72 %). Sans oublier le MoDem, qui était à 1156 bulletins soit 1,34 % des inscrits.
Entre ces deux scrutins, aux enjeux certes différents (39,66 % d'abstention en 2007, 50,73 en 2010), gauche et droite classiques ont rencontré chacune des difficultés.
La première a vu fuir une partie de ses électeurs vers les écologistes, et le Front de gauche et l'extrême-gauche. Si le PS perd 12 694 suffrages, les deux autres blocs en gagnent respectivement 4355 et 2026.
Les supporters de Didier Migaud semblent être restés pour moitié fidèles au PS, un quart choisissant d'autres forces de gauche, le dernier quart se réfugiant dans l'abstention.
La majorité, de son côté, subit elle aussi une déperdition de la moitié de ses votants: 8365 de moins entre 2007 et 2010. Une grande part s'est abstenue massivement, les autres, sans doute une partie de ceux "siphonnés" par Nicolas Sarkozy à la présidentielle, et qui ont choisi de le soutenir en votant UMP aux législatives, sont revenus dans le giron du FN, puisque celui-ci enregistre un gain de 2319 bulletins (en comptant les voix MNR de 2007). La présence de la liste Spartacus a peut-être empêché certains déçus du sarkozysme de s'abstenir.
A noter aussi la dégringolade de 1885 voix du MoDem.
Alors que peut-il se passer dimanche 30 mai? En mars, Europe-Ecologie se trouvait à un peu plus de 1600 voix derrière l'UMP. Nul doute que les écologistes, l'opposant de longue date à l'autoroute A 51 Gérard Leras en tête, tablent sur une seconde place qui éliminerait purement et simplement la droite classique du second tour... afin de mieux récupérer une partie de ses suffrages pour battre le PS au second, à l'instar de ce qui s'était passé à Grenoble lors des cantonales de 2004. Ils comptent surtout sur une réédition, à fronts renversés, du séisme du 27 septembre 2009, dans la 10e circonscription des Yvelines, lorsque leur candidate manqua de cinq voix de souffler le siège de Christine Boutin à son suppléant.
Les rares victoires vertes aux législatives se sont souvent produites sur des dossiers contestés d'aménagement du territoire, comme en Eure-et-Loir en 1997 (troisième aéroport parisien) ou en Loire-Atlantique en 2007 (nouvel aéroport de Nantes). L'autoroute A 51 ayant beaucoup de plomb dans l'aile, et la rocade nord de Grenoble se trouvant trop loin de cette circonscription, le Verts ne pourront compter que sur l'élan de leurs excellents résultats aux dernières régionales pour tenter de dépasser la droite. L'absence de candidat MoDem pourrait cependant leur profiter.
S'ils approchent ou égalent ce résultat de 7103 voix, leur score sera de toute façon historique, le dernier record du total des voix écologistes à une législative dans cette circonscription ayant été obtenu en 1993 avec 5807 votants.
L'hypothèse d'une triangulaire semble en revanche très mince, au vu des pourcentages d'inscrits donnés plus haut, l'abstention, toujours très forte lors des partielles, promettant d'être au moins égale à celle de mars dernier. Il est même possible qu'aucun candidat n'atteigne les 12,5 % requis.
Même sans Didier Migaud, le PS, qui détient de nombreux leviers de commande de la circonscription (cinq cantons sur dix avec les apparentés, les villes du Pont-de-Claix et de Seyssins), devrait arriver en tête. Même s'il ne récupère que très peu de suffrages par rapport aux régionales, il devrait tout de même lui aussi profiter de la disparition du MoDem, et surtout du soutien inattendu du candidat UMP de 2007, le villepiniste Yann Casavecchia, qui comptait un temps se présenter en dissident (Grenews du 5 mai). Ce dernier scénario aurait d'ailleurs, pour le coup, accru les chances des Verts d'être présents au second tour.
Pour finir sur le PS, notons que ses 11 057 voix de mars dernier sont à rapprocher du plus mauvais score de Didier Migaud à un premier tour: 11 888 suffrages en 1993. Ce qui ne l'avait pas empêché de l'emporter au second tour. Mais, sans lui, le PS aura tout de même intérêt à s'éloigner de cet étiage.
Le second tour, si elle y accède, ce sera le vrai problème de l'UMP, comme lors de tous les scrutins depuis la présidentielle de 2007. La situation économique actuelle va rendre plus difficiles les reports du FN, et la candidature Walther ne devrait pas mobiliser plus de quelques centaines de voix.
Avec Fabrice Marchiol, la majorité a investi le jeune maire, estimé et respecté, de La Mure, commune ouvrière votant à droite depuis l'ère Carignon. Il a cependant l'inconvénient d'avoir été tenu en échec lors des cantonales. Son suppléant, Roger Pellat-Finet, tient lui solidement le canton péri-urbain de Monestier-de-Clermont. Il est l'ancien président de la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble, une structure soutenant le projet de rocade nord grenobloise. Au conseil général, il siège dans le groupe charnière des non-inscrits, composé d'élus de droite votant certains dossiers de la majorité de gauche.
Assez présente sur le terrain lors de cette campagne, la droite parlementaire espère ainsi ratisser large avec cet attelage. Reste à savoir quel impact aura dans les urnes la dissidence Casavecchia, même si elle ne se traduit pas par une candidature.
Dans cette circonscription, son plafond est de 16 913 voix, en 2002, mais en comptant la candidature dissidente UDF et le résultat de CPNT. En 1993, Jean-Guy Cupillard avait atteint 16 266 suffrages.
Si l'on devait partir sur un pronostic, nous dirions:
Battistel (PS) 12 000 - 15 000 voix
Marchiol (UMP) 8000 - 11 000 voix
Parlange (EE) 4000 - 8000 voix
d'Ornano (FN) 3000 - 5000 voix
Jadeau (FG) 2000 - 4000 voix
Walther (AL-PLD) 300 - 500 voix.
Emmanuel SAINT-BONNET