On pensait le communisme rural moribond dans le Massif Central, replié sur quelques débris géopolitiques hérités de la Résistance. Il semble, au vu des résultats officiels de ce premier tour des élections régionales en Auvergne et dans le Limousin, que le Front de gauche lui apporte un certain regain.
En Auvergne, le populaire député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, tête de liste Front de gauche, atteint la troisième place avec 14,24 %. Un score réellement inédit dans cette région plutôt conservatrice, où le communisme ne s'est jamais vraiment imposé, à l'exception du département de l'Allier.
Ce succès est davantage celui d'un homme que d'une sensibilité. L'élection d'André Chassaigne, lors des législatives de 1997, a constitué une surprise, dans un contexte de reflux communiste. depuis, il a le temps de travailler son implantation, et de se faire le porte-parole des laissés-pour-compte de la crise et des habitants des zones rurales en mal de services publics.
Ce haut niveau empêche d'ailleurs le président socialiste sortant René Souchon, qui est coiffé sur le poteau par le candidat UMP Alain Marleix.
La situation est un peu différente dans le Limousin. Dans cette région aussi le Front de gauche arrive troisième avec cette fois 13,13 %. Ici aussi la question des services publics a joué à fond, notamment dans la Creuse, département symbole de cette problématique. Le PCF conserve de beaux restes en Corrèze. En revanche, ce sont ses anciens dissidents de la tendance Marcel Rigout, fondateurs de l'ADS (Alternative démocratique et socialiste), qui gardent un maillage territorial important en Haute-Vienne. Pour finir, l'union au premier tour avec le NPA a clairement créé une dynamique, qui a elle aussi gêné le président PS sortant Jean-Paul Denanot, qui doit se contenter d'un "petit" 38,06 %, alors qu'il aurait pu espérer obtenir le meilleur score de ces élections.
Emmanuel SAINT-BONNET

