jeudi 15 janvier 2009

Second tour surprise à Douarnenez

L'empêcheur de tourner en rond n'a pas été le MODEM mais le candidat PCF-Alternatifs, lors de la cantonale partielle de dimanche à Douarnenez (Finistère).
Comme prévu, le candidat divers droite soutenu par l'UMP, Erwan Le Floch, s'est nettement détaché lors de ce premier tour, avec 38,55 % des suffrages exprimés (les résultats complets sur http://christof.rmc.fr/). La vraie surprise, c'est son challenger Hugues Tupin. Classé divers gauche, il a doublé le socialiste Hervé Fourn de 47 voix. Loin devant le MODEM Bernard Conan, qui rassemble 11,19 % des voix.
Mais les centristes détiennent cependant toujours la clé de ce scrutin. Additionnés à ceux de l'UMP, leurs suffrages pourraient permettre à Erwan Le Floch de l'emporter. Alors que la gauche à elle seule, toutes tendances confondues, atteint les 50 %.
Les habituels mauvais reports du MODEM sur la droite dans la région semblent a priori favoriser Hugues Tupin. Seul son profil très à gauche pourrait gripper cette mécanique, comme en témoignent les réactions sur le terrain des militants du MODEM (http://skeptikos.hautetfort.com/archive/2009/01/11/cantonale-de-douarnenez.html). Il convient également de ne pas oublier les abstentionnistes de droite, certainement très nombreux lors de ce premier tour qui n'a vu que 28,68 % de participants. Leur mobilisation pourrait aussi renverser la vapeur.
Ce premier tour illustre en tout cas une certaine défiance des électeurs de ce canton aussi bien face à la majorité présidentielle et gouvernementale qu'au PS. Si on ajoute les suffrages obtenus par les Verts et les autonomistes de Breizhistance à ceux de M. Tupin, on obtient près de 33 %, bien loin devant les 17,91 % du PS.
Seul ce dernier a clairement appelé à voter pour Hugues Tupin, comme le rapporte le Télégramme (http://www.letelegramme.com/gratuit/generales/regions/finistere/cantonales-douarnenez-pas-de-ps-au-second-tour-20090112-4503112_1596645.php). Les socialistes semblent avoir perdu la main pour de bon dans ce fief du communisme sardinier dominé par la droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

vendredi 9 janvier 2009

Le MODEM trouble le jeu au large d'Ys

Dimanche se déroulera une cantonale partielle inattendue à Douarnenez, dans le Finistère. Inattendue car le sortant, le maire UMP de la ville-centre Philippe Paul, pensait, après avoir été élu sénateur cet automne, transmettre tranquillement son siège à sa suppléante Catherine Billac.
Or, il semble que les élus connaissent encore mal les modifications du code électoral récemment induites par la création des conseillers généraux suppléants, comme l'explique "Le Télégramme" (http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/ouest-cornouaille/douarnenez/locale/elections-cantonales-partielles-retour-aux-urnes-20080929-3886105_1477213.php). En effet, la démission pour cumul des mandats, comme c'est le cas ici, doit donner lieu à une élection partielle, et non au remplacement du titulaire par le suppléant.
A première vue, la droite devrait conserver ce canton, qu'elle détient depuis 1994, et où Philippe Paul a été réélu au premier tour en 2008, avec 51,03 %, en l'absence de candidat du FN. Il avait alors fait coup double en enlevant la mairie de Douarnenez à la gauche.
Cependant, de nombreux facteurs pourraient gêner l'adjoint au maire de Douarnenez Erwan Le Floch, candidat investi par l'UMP.
Au premier rang de ceux-ci, le MODEM. En 2008, il avait été absent du jeu électoral d'où, vraisemblablement, le bon score de Philippe Paul. Ce dernier provient des rangs de l'UDF, et avait succédé au centriste Joseph Trétout, qui avait arraché ce canton aux socialistes en 1994. Cette fois-ci, les centristes présentent Bernard Conan, qui mène une campagne assez active, aussi bien sur le terrain que sur le Web (http://singulierdemocrate.over-blog.fr/article-26228892.html).
Le PS, emmené par Louis Le Pensec, avait réussi à faire élire l'un des siens pour deux mandats, depuis 1982, sur fond de lente montée de la gauche dans le Sud-Finistère, qui avait débouché sur le basculement du département en 1998. Mais la nouvelle majorité n'est pour l'instant pas parvenue à reprendre Douarnenez.
Vieille terre MRP passée aux gaullistes en 1976, ce canton, situé au nord du Pays Bigouden, dans la Bretagne des légendes (la ville d'Ys reposerait au large de Douarnenez), n'est cependant pas monocolore. Si la droite gagne le plus souvent grâce aux campagnes, la gauche est présente depuis le début du XXe siècle dans la ville-centre. Aujourd'hui plutôt tournée vers la navigation de plaisance, Douarnenez a autrefois abrité de grandes conserveries. C'est ici qu'est né le communisme sardinier, déclinaison bretonne de ce mouvement dont l'implantation resta assez médiocre dans le reste de la région.
En plus du socialiste Hervé Fourn, conseiller municipal de Douarnenez, le PCF alignera un candidat commun avec les Alternatifs, Hugues Tupin, lui aussi élu de la ville-centre. Le Vert Jean Cathala, qui a dépassé les 10 % en mars 2008, repartira au combat.
Comme souvent dans ce canton, l'offre de gauche s'avère assez importante. Il conviendra cette fois-ci d'ajouter Arnaud Vannier, du mouvement Breizhistance (http://bretagnelibre.over-blog.com/article-25861160.html).
Si Erwan Le Floch, favorisé par l'absence du FN, ne passe pas au premier tour, une mécanique complexe de reports devrait se déclencher au second. Même si les militants bretons du MODEM et du PS semblent peu proches sur le terrain, la singulière porosité entre leurs électeurs, qui a beaucoup oeuvré lors des législatives de 2007 et des cantonales de 2008, pourrait de nouveau se faire entendre. Il faut savoir en effet que les leaders socialistes et de la défunte UDF ont souvent été nourris, dans leur jeunesse, au même lait des mouvements ouvriers et paysans. Et que beaucoup d'électeurs centristes n'ont toujours pas pardonné le ralliement inconditionnel de la plupart de leurs élus à l'UMP en 2002. Parmi eux, un certain... Philippe Paul.
Pour ce dernier, qui fait figure d'homme fort du secteur, ce scrutin partiel aura valeur de test. Son candidat risque fort de ne pas le remporter s'il n'obtient pas, dimanche, au moins 45 % face au PS ou au MODEM... Ou aux deux en même temps.
Reste une dernière inconnue: l'abstention, qui promet d'être forte comme lors de la plupart des partielles, et peut elle aussi déjouer bien des pronostics.
Emmanuel SAINT-BONNET
POUR EN SAVOIR PLUS
Tout sur la géopolitique du Finistère: http://www.atlaspol.com/BR/Copie%20de%20finistere1.htm
Tout sur les élections cantonales: http://christof.rmc.fr/

mercredi 7 janvier 2009

Ginestas à l'aube de l'après-Schivardi?

Gérard Schivardi, candidat du Parti des travailleurs (PT) à la dernière élection présidentielle, a été démis de ses fonctions de conseiller général (divers gauche) de Ginestas, dans l'Aude, a annoncé l'AFP mardi 6 janvier.
Selon la Dépêche du Midi (http://www.ladepeche.fr/article/2009/01/07/518273-Ginestas-Cantonales-Gerard-Schivardi-demis-de-ses-fonctions.html), c'est pour une facture d'imprimeur de 223,45 € que le tribunal administratif a rendu cette décision, assortie d'une peine d'inéligibilité d'un an, à l'encontre du maire de Mailhac. Expliquant qu'il n'avait pas ouvert de compte lors des élections cantonales de 2008, faisant campagne sur ses propres deniers, Gérard Schivardi affirme: « C'est moi-même qui a indiqué ce montant lorsque quelqu'un de Paris, de la commission des comptes, m'a téléphoné pour me demander pourquoi je ne faisais pas de dossier pour être remboursé ».
Sur son site, recueillant des réactions indignées d'internautes face à cette décision, TF1 indique notamment que M. Schivardi fera appel devant le conseil d'Etat (http://tf1.lci.fr/infos/france/politique/0,,4216828,00-des-ennuis-pour-schivardi-.html). Cet appel, s'il est déposé, sera suspensif.
Au delà de la polémique naissante sur cette affaire, force est de constater que l'éventuelle disparition de Gérard Schivardi des travées du conseil général de l'Aude a peu de chances de bouleverser la géopolitique du canton de Ginestas.
Officiellement sans étiquette jusqu'à la création de son Parti ouvrier indépendant (POI) en juin dernier, le conseiller général sortant provient en fait du PS, auquel il a adhéré en 1975. Il en fut même secrétaire fédéral jusqu'en 2003, année de sa candidature dissidente à l'élection partielle devant remplacer le conseiller général PS de Ginestas, Jean Palancade, démissionnaire, élu en 1988. Au terme d'une campagne axée sur la défense des services publics, mais également marquée par une certaine méfiance face à l'intercommunalité, Gérard Schivardi souffle le canton au candidat officiel du PS, Yves Bastié.
Lors des cantonales de mars dernier, il a obtenu 63 % des suffrages exprimés dès le premier tour. Un résultat habituel dans ce canton, très solidement ancré à gauche, puisqu'il n'a élu que des socialistes sous la Ve République.
Situé aux confins du Minervois et du Narbonnais, bordé par le canal du Midi, le canton de Ginestas est en partie constitué d'une plaine viticole. Comme la plupart des régions productrices de vin, il a connu très tôt la déchristianisation, avant d'entrer au début du XXe siècle dans l'orbite du Midi rouge, sur fond de révoltes vigneronnes. D'où un reste de tempérament frondeur, allumé, selon certains, sur les bûchers de la croisade contre les Albigeois au début du XIIIe siècle. En 1210, en effet, 240 cathares ont été brûlés à Minerve, au nord-ouest de Ginestas.
Grand pourfendeur des directives de l'Union européenne et des structures intercommunales, tout en se déclarant profondément laïc et républicain, Gérard Schivardi a su incarner cette tradition de révolte, dans un secteur où sévit encore quelquefois le Comité d'action viticole. En 2004, il fut pressenti pour diriger une liste régionaliste aux élections europénnes, avec la coalition Languedoc et Catalogne, qui évoquait des thèmes encore sensibles dans la région.
Si son invalidation est confirmée par le Conseil d'Etat, il reste fort probable que Ginestas demeurera à gauche. Reste à savoir quel élu portera ses couleurs. Un militant du POI soutenu par M. Schivardi ou un maire sans étiquette? Sans oublier le PS qui, même s'il paraît notabilisé (seuls deux conseillers généraux se sont succédés entre 1958 et 2003), ne reste pas loin des leviers de commande dans ce canton.
Emmanuel SAINT-BONNET
POUR EN SAVOIR PLUS
Tout sur la géopolitique de l'Aude: http://www.atlaspol.com/LARU/aude1.htm
Tout sur les élections cantonales: http://christof.rmc.fr/

lundi 15 décembre 2008

Mais que se passe-t-il donc dans le Cantal?

Nul doute qu'Alain Marleix, ministre délégué aux Collectivités locales chargé du redécoupage législatif, et fin connaisseur de la carte électorale à l'UMP, a examiné avec attention les résultats des deux partielles qui ont eu lieu dimanche dans son département du Cantal.
Si ces deux cantonales ne remettent nullement en cause l'écrasante domination de la droite au sein du conseil général (19 sièges sur 27), elles vont totalement à l'encontre de la géopolitique de ce département.
A Aurillac IV, canton détenu depuis 1994 par le PRG Jacques Mézard, c'est le divers droite Philippe Maurs qui l'emporte face à la socialiste Claudine Fley, par 57,9 %. Il avait obtenu 53,6 % lors du premier tour, dimanche 7 décembre, mais la très faible participation (38 %) nécessitait l'organisation d'un second tour.
Pour la droite, cette victoire sonne comme une revanche sur les sénatoriales de septembre dernier. Lors de ce scrutin, Jacques Mézard avait soufflé le siège détenu par l'UMP Roger Besse, qui ne se représentait pas, au divers droite Yves Coussain.
Cette élection avait constitué l'une des plus grosses surprises de ces sénatoriales: l'envoi au palais du Luxembourg d'un homme de gauche par un département solidement ancré à droite.
Elle s'expliquait cependant par le contexte local. Président de l'agglomération d'Aurillac, Jacques Mézard avait eu raison d'une figure de la droite sur le déclin. Ayant arraché en 1988 la 1ere circonscription, formée autour d'Aurillac, aux socialistes, Yves Coussain a ensuite échoué aux municipales de 1995 à Arpajon-sur-Cère et de 2001 à Aurillac. Ayant abandonné sa circonscription en 2007, il pensait poursuivre sa carrière au Sénat mais a payé un certain désamour local.
Découpé en 1973 à partir de l'ancien canton d'Aurillac-Nord, ce canton est une vieille terre radicale. Aurillac-Nord est passé mécaniquement à droite en 1972, lorsque le conseiller général radical a refusé le Programme commun. En 1979, c'est Philippe Maurs qui lui succède sous l'étiquette UDF.
Industriel, laïc, le bassin d'Aurillac vote à gauche sans interruption depuis 1977. Les quatre cantons de la préfecture étaient tous à gauche depuis 1994. La droite signe avec cette partielle un retour dans ce seul secteur du Cantal où elle a quelques difficultés à s'imposer.
Ce n'était jusque-là pas du tout le cas du côté de Saint-Flour. Or, le canton Sud de la sous-préfecture est passé à gauche dimanche. Une demi-surprise, puisque le 7 décembre, le socialiste Gérard Salat est arrivé en tête avec 50,54 % face à l'UMP Michel Rouffiac. La participation n'ayant atteint que 41 %, un second tour a été organisé. Il a vu le PS l'emporter avec 53,18 %, avec une abstention de 64,11 % due en partie aux fortes chutes de neige de ce dimanche.
C'est une véritable pierre dans le jardin de Pierre Jarlier, le sortant UMP qui, comme Jacques Mézard, a du se conformer à la loi sur le cumul des mandats, étant maire de Saint-Flour depuis 1989 et réélu sénateur en septembre.
Depuis 1958, c'est une première sur la terre d'élection de Georges Pompidou. Contrairement à Aurillac, Saint-Flour demeure une ville catholique et conservatrice, relativement isolée dans un environnement très rural et peu porté à gauche. Le canton Sud est découpé sur la Planèze, un haut-plateau volcanique propice à l'élevage, et ouvert sur l'Aubrac et la Margeride, régions aussi très conservatrices du Massif central. Depuis un demi-siècle, il n'a été représenté que par différentes sensibilités de droite: indépendants, gaullistes, chrétiens-démocrates, libéraux...
Dans ce contexte, plusieurs explications peuvent être avancées à ce résultat.
Avant tout, bien sûr, la personnalité du nouvel élu. Gérard Salat n'est pas un inconnu dans ce canton. Maire de Villedieu, il a ainsi pu attirer un certain nombre de suffrages ruraux, qui se sont additionnés à ceux provenant de Saint-Flour, où l'électorat de gauche reste tout de même plus présent. A noter qu'il fut également suppléant du candidat PS aux dernières sénatoriales, Jacques Klem. Ce qui a sans doute laissé des traces dans ce secteur où les électeurs restent assez proches de leurs élus.
D'autres raisons, tenant à la mécanique même des élections partielles, peuvent être invoquées. Ainsi, il est plutôt courant que l'électorat rural remplace un élu qui abandonne son siège par un de ses opposants politiques, comme c'est le cas assez souvent dans un département tel, par exemple, les Hautes-Alpes. Dans d'autres, comme l'Eure-et-Loir, toutes les législatives partielles, depuis 1988, ont été perdues par les sortants.
Enfin, il ne faut sans doute pas mettre de côté certains changements sociologiques. Même si Saint-Flour Sud peut toujours être classé dans le "rural profond", le voisinage de l'A75 attire peu à peu une nouvelle population aux comportements électoraux différents. Ce qui est valable également pour Aurillac, tant les comportements des électeurs urbains deviennent volatiles.
Les prochaines consultations seront l'occasion de constater s'il s'agit d'un épisode sans lendemain, du à des causes conjoncturelles, ou l'amorce de changements géopolitiques plus profonds.
Emmanuel SAINT-BONNET
Photo: carte historique des cantons du Cantal depuis 1958 (fond de carte http://www.geoatlas.fr/)
POUR EN SAVOIR PLUS
Tout sur la géopolitique du Cantal http://www.atlaspol.com/AU/cantal.htm
Tout sur les élections cantonales http://christof.rmc.fr/

vendredi 12 décembre 2008

Les descendants des révoltés du Bounty aux urnes

Comme chaque année, au mois de décembre, les citoyens des îles Pitcairn vont se rendre aux urnes, mercredi 24, pour désigner les quatre membres élus du conseil.
Situé à 2220 km de Tahiti, ce minuscule (49 km²) archipel de quatre îles, dont une seule est habitée, est le plus petit groupement humain auto-administré... depuis la fameuse mutinerie du Bounty en 1790.
Jusqu'en 1831, Pitcairn a de facto été souveraine, avant de devenir une colonie britannique. Pour cause de surpopulation, elle a subi, au cours du XIXe siècle, de nombreux transferts de ses habitants, notamment à Tahiti et dans la possession australienne de Norfolk. Les neuf mutins anglais, qui ont débarqué en 1790 sur cet ilôt désert découvert en 1767, en compagnie de 12 Tahitiennes, six Noirs et un bébé, sont tous morts en 1800, à l'exception d'Alexander Smith (alias John Adams).
Cependant, les 48 habitants actuels, issus de neuf familles différentes, descendent tous des révoltés. Ainsi, la liste des dirigeants de l'île (http://rulers.org/rulp2.html#pitcairn_island) contient-elle nombre d'Adams et de Christian (de Fletcher Christian, 1764-1793, meneur de la mutinerie).
Fletcher Christian, leader de la communauté de 1790 à 1793, a institué le partage des terres toujours en vigeur aujourd'hui. John Adams (1767-1829), qui a laissé son nom à la capitale Adamstown, fut leader de 1800 à 1829. C'est lui qui rédigea la plupart des lois actuelles, basées sur le christianisme. Les habitants sont adventistes du septième jour depuis 1886.
A la mort d'Adams, l'île sombra dans une période d'anarchie qui déboucha sur la prise de pouvoir, en 1832, du président Joshua Hill (1773-1844), présenté sur le site officielle des îles (http://government.pn/index.html) comme un dictateur, auto-proclamé représentant de la Couronne britannique. L'érection des îles en colonie britannique, en 1838, permet la mise en place du régime des magistrats élus pour trois ans par un conseil de dix membres. Depuis la dernière révision constitutionnelle, en 2000, le pouvoir est exercé par le maire d'Adamstown et par le président du conseil.
Sur les dix membres du conseil, seuls quatre sont désignés au suffrage universel. Ils élisent le maire et le président du conseil. Ce dernier, avec les quatre élus au suffrage universel, co-opte un septième membre. Deux autres, dont le secrétaire des îles, sont nommés par le gouverneur général, poste revenant à l'ambassadeur britannique en Nouvelle-Zélande. Le dixième siège est réservé au haut-commissaire non-résidant, siégeant lui aussi en Nouvelle-Zélande, chargé de faire la liaison entre le gouverneur et le conseil.
Les élections annuelles du 24 décembre ne devraient pas bouleverser l'équilibre politique de la petite colonie. En effet, le maire actuel, Mike Warren, 44 ans, n'achève son mandat qu'au 31 décembre 2010. Cependant, la classe politique locale se remet lentement d'un énorme scandale de pédophilie, qui a conduit les autorités britanniques à démettre le maire Steve Christian en 2004.
Considérée comme la plus petite démocratie du monde, Pitcairn n'a aucun parti politique.
Dépendant politiquement du Royaume-Uni, en théorie, mais en pratique de la Nouvelle-Zélande, l'archipel l'est aussi au plan économique. Les biens de consommation sont le plus souvent parachutés ou amenés par voie maritime depuis ce pays. Les seules ressources proviennent des productions agricoles, dont un miel assez réputé, ainsi que des devises rapportées par les pièces de monnaies et les timbres, très recherchés par les collectionneurs, et par la vente des domaines Internet en .pn.
Emmanuel SAINT-BONNET

lundi 8 décembre 2008

Pari réussi pour Christian Estrosi

Le "plan Estrosi" s'est déroulé sans accroc et même mieux que prévu. Dimanche soir, le poulain du président (UMP) des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, a remporté dès le premier tour la cantonale partielle de Saint-Martin-Vésubie. Le score est sans appel (78,46 %), comme l'a annoncé dès dimanche soir le site du "Figaro" (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/12/07/01011-20081207FILWWW00200-saint-martin-vesubie-ciotti-ump-elu.php). Une tendance qui, il est vrai, s'est affirmée dès le comptage des premiers bulletins, comme l'a raconté lundi matin "Nice Matin" (http://www.nicematin.com/ra/nice/161413/nice-cantonale-partielle-eric-ciotti-elu-au-premier-tour). Député (UMP) depuis 2007, candidat malheureux à Nice I lors des cantonales de mars dernier, Eric Ciotti a réussi son implantation locale au delà de toute espérance. Le candidat PRG Paul Chomicki, qui avait battu son oncle, Alfred Kermes, en 1979, n'a pu rééditer l'exploit. Le conseiller sortant, Gaston Franco, avait il est vrai "chauffé le place" à l'enfant du pays, après avoir démissionné de son mandat pour rejoindre le cabinet de Christian Estrosi. Un chassé-croisé, dénoncé par la gauche, que décrit "Le Canard Enchaîné" du mercredi 3 décembre ("L'aile du roitelet Estrosi sur la baie des Anges"). Cette victoire de l'UMP, bien plus large que la dernière réélection de Gaston Franco au premier tour, démontre cependant la solidité des réseaux locaux du président du conseil général. Certes, ceux-ci sont davantage mobilisables dans un canton très rural comme Saint-Martin-Vésubie qu'en zone urbaine, mais la forte mobilisation qui a caractérisé ce scrutin (70,31 % selon "Nice Matin") révèle une réélle adhésion de l'électorat. Il y aura tout de même un deuxième tour à cette élection. Il se déroulera dans les jours prochains, avec la désignation d'Eric Ciotti dans le fauteuil présidentiel de Christian Estrosi. L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, président de l'assemblée départementale depuis 2003, élu maire de Nice et redevenu député en 2008, pourra ainsi se mettre en conformité avec la loi sur le cumul des mandats. Certains observateurs murmurent déjà que cette élection pourrait également lui permettre de revenir au gouvernement. Emmanuel SAINT-BONNET

samedi 6 décembre 2008

Centre contre périphérie à Mézières-Ouest

Une élection cantonale partielle a lieu dimanche 7 décembre à Mézières-Ouest. Elle fait suite à l'invalidation de l'élection du conseiller (divers gauche), Pierre Pandini, en mars dernier.
Cette partielle, a priori sans gros risque pour la gauche, semble catalyser les rivalités entre élus du centre et de la périphérie de ce canton. En effet, le conseiller sortant, élu de Charleville-Mézière, la préfecture des Ardennes, se retrouvera une nouvelle fois face au maire (UMP) de This Robert Chauderlot, et son collègue (sans étiquette, soutenu par le MODEM) de Prix-lès-Mézières Alain Beaufey.
C'est ce dernier qui a introduit un recours auprès du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Celui-ci a estimé qu'il fallait revoter car, lors de ces cantonales, le bureau de vote de la commune de Warcq était différent de celui ouvert pour les municipales. Ce qui, selon Alain Beaufey, "n'a pas permis à un nombre conséquent d'électeurs de voter" (http://alain.beaufey.over-blog.com/article-23449598.html).
Au mois de mars, arrivé troisième avec 17,35 % des voix, il avait manqué de trois suffrages la possibilité de se maintenir au second tour. Il espère cette fois-ci brouiller les cartes avec une triangulaire.
A droite, Robert Chauderlot est lui aussi convaincu de la nécessité de revoter, comme il l'a expliqué dans "L'Union" du 15 septembre dernier. Il analyse la large victoire de Pierre Pandini au second tour de mars (plus de 60 %) "par le fait que Warcq et Prix-lès-Mézières n'étaient pas obligés de revoter pour les municipales, leurs maires et leurs équipes étant réélues dès le premier tour" (http://www.lunion.presse.fr/index.php/cms/13/article/177175/).
La gauche, de son côté, dénonce une candidature sans étiquette "marquée à droite" et appelle à voter Pandini dès le premier tour (http://michele.leflon.over-blog.com/article-22816609.html). Un appel entendu par la candidate MRC de mars dernier, Yvette Lambert. Celui du MODEM, Eric Moine, demande cette fois à ses électeurs de se reporter sur Alain Beaufey.
Ce scrutin verra également les candidatures du FN Eric Samyn et du Vert Philippe Lenice.
Depuis sa création en 1976, suite au redécoupage du canton de Mézières, Mézières-Ouest a toujours voté à gauche. Il était même représenté jusqu'en 1988 par le Parti communiste. Concentrant toutes les administrations de la préfecture, Mézières est davantage marquée à gauche que sa voisine Charleville, avec laquelle elle a été fusionnée en 1966. Ce qui n'est pas le cas de la plupart des communes de sa banlieue.
Une géopolitique locale que pourrait troubler une triangulaire qui bloquerait les suffrages centristes, notamment dans les petites communes, où l'abstention, toujours forte lors des partielles, pourrait être moins importante qu'en ville. Reste à savoir comment ils se distribueraient au second tour, et surtout si Eric Beaufey parviendra à se maintenir.
Un changement de couleur de Mézières-Ouest n'aurait aucune incidence sur l'équilibre du conseil général des Ardennes, qui reste dominé par la droite avec 26 sièges sur 37.
Emmanuel SAINT-BONNET
POUR EN SAVOIR PLUS Tout sur la géopolitique des Ardennes sur http://www.atlaspol.com/CHAR/ardennes.htm Tout sur les élections cantonales sur http://christof.rmc.fr/