jeudi 27 mai 2010

Le redécoupage Marleix en Isère

C'est dans le nord du département, très péri-urbanisé et soumis à l'influence électorale de l'agglomération lyonnaise, qu'est créé un dixième siège.
1ere circonscription (Grenoble I, II, IV)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Echirolles)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Grenoble III, V, VI)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Vif)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Saint-Egrève)
Cette circonscription reste inchangée.
6e circonscription (Bourgoin-Jallieu Nord)
Le redécoupage enlève ici les cantons péri-urbains de La Tour-du-Pin et de Pont-de-Beauvoisin, à gauche respectivement depuis 2008 et 2001. Ne restent que des cantons penchant plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte). Sur ces quatre-là, seul celui de Bourgoin-Jallieu Nord, ancien fief du gaulliste Paul de Belval, est passé au PS en 2008. Les deux seuls espoirs du PS seraient que le député UMP sortant, Alain Moyne-Bressand, en place depuis 1986, ne se représente pas, et/ou que le FN parvienne à provoquer une triangulaire dans ce secteur où il demeure assez présent. Benoît de Belval pourrait prétendre à l'investiture UMP. A gauche, le seul conseiller général PS de la circonscription, Bernard Cottaz, pourrait lui disputer ce siège.
7e circonscription (Roussillon)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont ôté les cantons formant le sud de l'agglomération berjallienne et la ville nouvelle, et ajouté Beaurepaire et le sud de celui de Roussillon. Cette circonscription perd donc sa partie urbaine du nord, dominée par la gauche mais avec le gros réservoir de droite de la ville de Villefontaine, au profit du canton de Beaurepaire, qui a toujours voté socialiste sous la Ve République, et d'une bonne partie de l'agglomération ouvrière de Roussillon, où la gauche reste très influente. Au milieu subsistent des cantons globalement à droite, dont La Côte-Saint-André et Roybon, qui ont toujours soutenu cette sensibilité depuis 1958. Le cas de Saint-Jean-de-Bournay est un peu différent. S'il penche globalement à gauche sur cette dernière période (en orange sur la carte), il est détenu depuis 1985 par l'actuel député UMP Georges Colombier. Il est fort possible qu'il ne se représente pas en 2012. La compétition pourrait alors opposer Yannick Neuder, maire UMP de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, et Didier Rambaud, vice-président PS du conseil général, implanté au Grand-Lemps, et surtout s'avérer très ouverte.
8e circonscription (Vienne)
L'ancien bastion de Louis Mermaz est amputé de sa partie sud, avec le départ de Beaurepaire et de la partie la plus peuplée du canton de Roussillon vers la nouvelle 7e. Autrefois dominante, la gauche est ici clairement défavorisée. Face à Vienne-Sud et au canton péri-urbain d'Heyrieux, Vienne-Nord est la seul canton de la circonscription a n'avoir jamais voté à droite sous la Ve République (en rouge sur la carte). Le député UMP sortant Jacque Remiller n'a pas trop de souci à se faire. A moins que le conseiller général de Vienne-Sud Patrick Curtaud lui succède, face au PS qui pourrait investir Erwann Binet, son homologue de Vienne-Nord.
9e circonscription (Voiron)
Cette circonscription reste inchangée.
10e circonscription (Bourgoin-Jallieu Sud)
Ce nouveau siège chevauche les trois anciennes circonscriptions du nord du département. Il est majoritairement urbain et suit le tracé de l'autoroute Lyon-Chambéry, ce qui pourrait lui conférer une sociologie électorale mouvante, au gré de la pression foncière. Sur le papier, gauche et droite semblent partir avec les mêmes chances. La première domine globalement depuis 1958 les cantons de L'Isle-d'Abeau et de La Verpillière, la seconde ceux de Pont-de-Beauvoisin et de La Tour-du-Pin. Au milieu, Bourgoin-Jallieu Sud est indécis depuis sa création en 1985: d'abord divers droite puis PS depuis 1998. Cependant, le PS et ses alliés ont conquis tous ces cantons entre 1994 et 2008. Les socialistes pourraient envoyer Alain Cottalorda, maire de Bourgoin-Jallieu, à moins qu'ils soutiennent Serge Revel, conseiller général écologiste de Pont-de-Beauvoisin. A droite, l'ouverture pourrait aussi être de mise, avec notamment Raymond Feyssaguet, le maire sans étiquette de Villefontaine, seule ville du secteur à échapper à la gauche, ou Andrée Rabilloud pour le Nouveau Centre.
A quoi faut-il s'attendre...
Dans un Nord-Isère totalement verrouillé par la droite depuis 2002, le redécoupage renforcera incontestablement cette dernière dans les 6e et 8e circonscription, mais la fragilisera peut-être dans la 7e. Surtout, le jeu pourrait être très ouvert dans la nouvelle 10e.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 23 mai 2010

Le redécoupage Marleix en Indre-et-Loire

Ce département, qui ne figurait pas au départ sur le tableau du redécoupage, voit se deux premières circonscriptions légèrement remodelées. Une révision du projet initial après l'avis de la commission constitutionnelle, pour motifs démographiques.
1ere circonscription (Tours)
Les sept cantons de Tours sont réunis, après l'arrivée de Tours Nord-Est en provenance de la 2e circonscription. Bien que penchant plutôt à droite depuis 1958 (en bleu clair sur la carte), ce canton est détenu par le PS depuis 2004. Ce qui devrait a priori renforcer le député socialiste sortant Jean-Patrick Gille. L'UMP, de son côté, pourrait investir à nouveau l'ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, afin qu'il tente de récupérer ce siège détenu entre 1997 et 2004.
2e circonscription (Amboise)
L'ancien fief de Bernard Debré se ruralise légèrement en perdant Tours Nord-Est. Mis à part le canton péri-urbain de Montlouis-sur-Loire, où gauche et droite arrivent à parité en nombre de mandats depuis sa création en 1985, les autres sont classés plutôt à droite depuis 1958. Cependant, ils ont tous basculé à gauche entre 2001 et 2008, sauf Château-Renault. Ce qui n'a pas empêché l'UMP d'être élue régulièrement ici depuis 2002. Titulaire du siège depuis 2007, Claude Greff part avec de sérieuses chances en 2012. Le PS pourrait investir face à elle Isabelle Gaudron, implantée à Amboise.
3e circonscription (Montbazon)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Joué-lès-Tours)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Saint-Cyr-sur-Loire)
Cette circonscription reste inchangée.
A quoi faut-il s'attendre...
Ce petit redécoupage ne devrait pas provoquer de séisme. Au contraire, la tendance pourrait être au renforcement des sensibilités actuelles dans les deux premières circonscriptions.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 16 mai 2010

Les Verts peuvent-ils arriver en deuxième position dans la 4e de l'Isère?

Le départ de Didier Migaud à la Cour des Comptes provoquera, le 30 mai, dans la 4e circonscription de l'Isère, une partielle dont l'issue ne semble pas si évidente.
En investissant Marie-Noëlle Battistel, maire de La Salle-en-Beaumont, suppléante de M. Migaud, en ticket avec Michel Baffert, qui a succédé à ce dernier à la mairie de Seyssins, le PS joue la sécurité.
Taillée dans le sud de l'Isère, cette circonscription, qui ne figure pas sur le tableau du redécoupage Marleix, est davantage "migaudienne" que socialiste.
En 1995, si elle votait majoritairement pour Lionel Jospin au second tour de la présidentielle (51,81 %), c'était avec 28 835 voix et 19,94 % d'abstention. Alors qu'aux législatives de 1997, Didier Migaud obtenait au second tour 29 630 bulletins avec une participation de 67,88 %. Il était alors en Isère le seul député de gauche, dans une circonscription ayant voté à gauche à la présidentielle, à gagner en voix. Contrairement à Michel Destot (moins 2416 suffrages dans la 3e), François Brottes (moins 2708 dans la 5e) et surtout Gilbert Biessy (moins 6249 dans la 2e), il est vrai seul en lice après le premier tour.
Un phénomène qui s'est accru en 2007. Lors du second tour des législatives Didier Migaud l'emportait très largement avec 62,76 % des exprimés, alors que la circonscription s'était montrée légèrement sarkozyenne, quelques semaines auparavant, lors du second tour de la présidentielle, avec 50,70 % des exprimés au second tour en faveur de l'actuel locataire de l'Elysée.
La majorité espère sans doute capitaliser ce résultat, lors de cette partielle, ce qu'elle n'avait pu faire pour les législatives. Véritable miraculé du suffrage universel lors de la vague bleue de 1993, lors de laquelle il est parvenu à vaincre le puissant maire RPR de L'Alpe-d'Huez Jean-Guy Cupillard, Didier Migaud a depuis bien élargi son assise.
A cet égard, la désignation du ticket Battistel-Baffert peut donc être interprétée comme une volonté du PS de "blinder" ce siège (tout comme on pourrait émettre l'hypothèse que ces deux proches collaborateurs du sortant seront là pour "garder la boutique" en attendant son retour de la Cour des Comptes).
Mais contre qui?
Une première réponse réside dans un examen des forces en présence. Il convient de les mesurer en voix, pour faire ressortir le potentiel de mobilisation de chacune, et en pourcentage des inscrits, afin de prendre en compte les effets de seuil (12,5 % pour un maintien au second tour).
Face à Marie-Noëlle Battistel se présenteront Fabrice Marchiol (UMP), Anne Parlange (EE-Verts), Laurent Jadeau (FG-PCF), Mireille d'Ornano (FN) et Arnaud Walther (AL-PLD).
Lors des législatives de 2007, le PS avait obtenu au premier tour 23 751 voix (27,80 % des inscrits), la droite classique (UMP+MPF) 17 093 (20,01 %), les écologistes toutes tendances confondues 2748 (3,22 %), les actuels courants du Front de gauche avec l'extrême-gauche (LCR+PCF+LO) 2386 (2,79 %), et l'extrême-droite (FN+MNR) 1972 (2,31 %). Le centre (MoDem) pesait de son côté 3041 voix, soit 3,56 % des inscrits.
Le dernier scrutin ayant opposé des listes sur tout le territoire de la circonscription, lors desquels Didier Migaud était absent, furent les régionales de mars 2010.
On y retrouvait à peu près les mêmes forces qu'à cette partielle: une liste PS, une liste UMP-NC-MPF-CPNT, une liste Europe-Ecologie, une liste Front de gauche, une liste FN, et une liste Spartacus qu'on pourrait rapprocher de la candidature Walther, plus le MoDem, LO et le NPA.
La gauche classique réunissait cette fois au premier tour 11 057 voix (12,79 % des inscrits), la droite parlementaire 8728 (10,10 %), les écologistes 7103 (8,39 %), le Front de gauche et l'extrême-gauche 4412 (5,11 %), l'extrême-droite 4291 (4,97 %), et les socio-professionnels protestataires d'Opération Spartacus 619 (0,72 %). Sans oublier le MoDem, qui était à 1156 bulletins soit 1,34 % des inscrits.
Entre ces deux scrutins, aux enjeux certes différents (39,66 % d'abstention en 2007, 50,73 en 2010), gauche et droite classiques ont rencontré chacune des difficultés.
La première a vu fuir une partie de ses électeurs vers les écologistes, et le Front de gauche et l'extrême-gauche. Si le PS perd 12 694 suffrages, les deux autres blocs en gagnent respectivement 4355 et 2026.
Les supporters de Didier Migaud semblent être restés pour moitié fidèles au PS, un quart choisissant d'autres forces de gauche, le dernier quart se réfugiant dans l'abstention.
La majorité, de son côté, subit elle aussi une déperdition de la moitié de ses votants: 8365 de moins entre 2007 et 2010. Une grande part s'est abstenue massivement, les autres, sans doute une partie de ceux "siphonnés" par Nicolas Sarkozy à la présidentielle, et qui ont choisi de le soutenir en votant UMP aux législatives, sont revenus dans le giron du FN, puisque celui-ci enregistre un gain de 2319 bulletins (en comptant les voix MNR de 2007). La présence de la liste Spartacus a peut-être empêché certains déçus du sarkozysme de s'abstenir.
A noter aussi la dégringolade de 1885 voix du MoDem.
Alors que peut-il se passer dimanche 30 mai? En mars, Europe-Ecologie se trouvait à un peu plus de 1600 voix derrière l'UMP. Nul doute que les écologistes, l'opposant de longue date à l'autoroute A 51 Gérard Leras en tête, tablent sur une seconde place qui éliminerait purement et simplement la droite classique du second tour... afin de mieux récupérer une partie de ses suffrages pour battre le PS au second, à l'instar de ce qui s'était passé à Grenoble lors des cantonales de 2004. Ils comptent surtout sur une réédition, à fronts renversés, du séisme du 27 septembre 2009, dans la 10e circonscription des Yvelines, lorsque leur candidate manqua de cinq voix de souffler le siège de Christine Boutin à son suppléant.
Les rares victoires vertes aux législatives se sont souvent produites sur des dossiers contestés d'aménagement du territoire, comme en Eure-et-Loir en 1997 (troisième aéroport parisien) ou en Loire-Atlantique en 2007 (nouvel aéroport de Nantes). L'autoroute A 51 ayant beaucoup de plomb dans l'aile, et la rocade nord de Grenoble se trouvant trop loin de cette circonscription, le Verts ne pourront compter que sur l'élan de leurs excellents résultats aux dernières régionales pour tenter de dépasser la droite. L'absence de candidat MoDem pourrait cependant leur profiter.
S'ils approchent ou égalent ce résultat de 7103 voix, leur score sera de toute façon historique, le dernier record du total des voix écologistes à une législative dans cette circonscription ayant été obtenu en 1993 avec 5807 votants.
L'hypothèse d'une triangulaire semble en revanche très mince, au vu des pourcentages d'inscrits donnés plus haut, l'abstention, toujours très forte lors des partielles, promettant d'être au moins égale à celle de mars dernier. Il est même possible qu'aucun candidat n'atteigne les 12,5 % requis.
Même sans Didier Migaud, le PS, qui détient de nombreux leviers de commande de la circonscription (cinq cantons sur dix avec les apparentés, les villes du Pont-de-Claix et de Seyssins), devrait arriver en tête. Même s'il ne récupère que très peu de suffrages par rapport aux régionales, il devrait tout de même lui aussi profiter de la disparition du MoDem, et surtout du soutien inattendu du candidat UMP de 2007, le villepiniste Yann Casavecchia, qui comptait un temps se présenter en dissident (Grenews du 5 mai). Ce dernier scénario aurait d'ailleurs, pour le coup, accru les chances des Verts d'être présents au second tour.
Pour finir sur le PS, notons que ses 11 057 voix de mars dernier sont à rapprocher du plus mauvais score de Didier Migaud à un premier tour: 11 888 suffrages en 1993. Ce qui ne l'avait pas empêché de l'emporter au second tour. Mais, sans lui, le PS aura tout de même intérêt à s'éloigner de cet étiage.
Le second tour, si elle y accède, ce sera le vrai problème de l'UMP, comme lors de tous les scrutins depuis la présidentielle de 2007. La situation économique actuelle va rendre plus difficiles les reports du FN, et la candidature Walther ne devrait pas mobiliser plus de quelques centaines de voix.
Avec Fabrice Marchiol, la majorité a investi le jeune maire, estimé et respecté, de La Mure, commune ouvrière votant à droite depuis l'ère Carignon. Il a cependant l'inconvénient d'avoir été tenu en échec lors des cantonales. Son suppléant, Roger Pellat-Finet, tient lui solidement le canton péri-urbain de Monestier-de-Clermont. Il est l'ancien président de la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble, une structure soutenant le projet de rocade nord grenobloise. Au conseil général, il siège dans le groupe charnière des non-inscrits, composé d'élus de droite votant certains dossiers de la majorité de gauche.
Assez présente sur le terrain lors de cette campagne, la droite parlementaire espère ainsi ratisser large avec cet attelage. Reste à savoir quel impact aura dans les urnes la dissidence Casavecchia, même si elle ne se traduit pas par une candidature.
Dans cette circonscription, son plafond est de 16 913 voix, en 2002, mais en comptant la candidature dissidente UDF et le résultat de CPNT. En 1993, Jean-Guy Cupillard avait atteint 16 266 suffrages.
Si l'on devait partir sur un pronostic, nous dirions:
Battistel (PS) 12 000 - 15 000 voix
Marchiol (UMP) 8000 - 11 000 voix
Parlange (EE) 4000 - 8000 voix
d'Ornano (FN) 3000 - 5000 voix
Jadeau (FG) 2000 - 4000 voix
Walther (AL-PLD) 300 - 500 voix.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 21 mars 2010

Vers un troisième tour compliqué en Corse

La liste d'union de la gauche, conduite par le président (PRG) du conseil général de Haute-Corse Paul Giaccobbi, est arrivée en tête en Corse, lors de ce second tour des élections régionales. Selon des estimations France Bleu Frequenza Mora - France 3 Corse - Media Terra, elle obtiendrait 36,7 % des suffrages exprimés contre 27,5 pour celle du président (UMP) sortant Camille de Rocca Serre, 25,9 pour les régionalistes de Gilles Siméoni et 9,9 pour les nationalistes de Jean-Guy Talamoni.
La Corse n'étant pas une région, mais une collectivité territoriale, il faut 40 % des exprimés à la liste arrivée en tête au second tour pour obtenir la majorité absolue des sièges.
L'assemblée territoriale risque donc fort de se retrouver sans majorité. Et comme au "bon vieux temps" d'avant 2004, se déroulera un troisième tour dans les jours qui viennent.
Pour le moment, il est difficile de savoir quels lapins sortiront du chapeau pour les présidences de l'assemblée et du conseil exécutif. Le fait que deux présidences sont à distribuer pourrait d'ailleurs faciliter les tractations.
L'arithmétique voudrait que MM Giaccobbi et Simeoni s'allient. Cependant, ce dernier est le principal opposant, à la mairie de Bastia, d'Emile Zuccarelli, autre baron du radicalisme en Haute-Corse.
L'ancienne majorité semble trop affaiblie pour peser, et la liste Corsica Libera de Jean-Guy Talamoni, vitrine des mouvements indépendantistes, pourrait servir de repoussoir.
Cependant, la vie politique corse est rarement avare de surprises...
Emmanuel SAINT-BONNET

Pas une voix n'a manqué à René Souchon en Auvergne

Avec presque 60 % des suffrages exprimés, selon l'AFP, René Souchon, président PS sortant du conseil régional d'Auvergne, sera dans le peloton de tête des mieux réélus de ce deuxième tour des élections régionales.
L'ancien fief giscardien semble donc être tombé définitivement dans l'escarcelle de la gauche. Si la victoire de cette dernière en 2004, avec 5,3 points d'écart, pouvait paraître comme la conséquence du combat de trop, pour l'ancien président de la République, cette fois-ci l'électorat auvergnat manifeste une réélle adhésion. Tout au moins chez les électeurs qui se sont exprimés (51 % contre 67,91 % en 2004).
Cette victoire est aussi celle du député communiste André Chassaigne, qui a décroché le record du Front de gauche, avec 14,24 % des exprimés au premier tour. Un résultat s'expliquant par le charisme du parlementaire ainsi que par les problématiques de l'emploi et de la raréfaction des services publics en zone rurale, et qui a indéniablement créé une dynamique. La fusion avec la liste de René Souchon a permis à ce dernier de rassembler toute la gauche.
En revanche, pour la tête de liste UMP Alain Marleix, élu du Cantal et surtout artisan du redécoupage électoral, la défaite s'avère cuisante.
L'examen des résultats devra s'effectuer dans le détail, pour savoir si ce basculement est conjoncturel ou structurel. En effet, alors que la gauche tient bon dans ses bastions du Puy-de-Dôme et de l'Allier, la droite pourrait se voir fragilisée dans l'avenir dans ses bases de la Haute-Loire et surtout du Cantal, au rythme des changements sociologiques le long du tracé de l'autoroute A 75.
Emmanuel SAINT-BONNET

Le PS l'emporte de justesse en Champagne-Ardenne

La gauche restera aux commandes de la région Champagne-Ardenne, à l'issue de ce second tour des élections régionales.
Selon les résultats partiels du ministère de l'Intérieur, le président (divers gauche) sortant Jean-Paul Bachy l'emporterait en triangulaire, avec 42,9 % des suffrages exprimés, face à l'UMP Jean-Luc Warsmann (39,5 %) et le FN Bruno Subtil (17,6 %).
Un résultat serré dans cette région malgré tout ancrée à droite, mais un peu moins qu'en 2004, lorsque M. Bachy avait obtenu 41,89 % contre 39,82 % pour le président UMP sortant Jean-Claude Etienne et 18,28 pour Bruno Subtil.
Cette victoire, peut-être la plus étriquée pour le PS de la soirée, est donc cependant, en pourcentages, plus large qu'au deuxième tour de 2004.
En partant avec les communistes au premier tour, Jean-Paul Bachy a indéniablement créé une dynamique qui lui a permis de résister à la remontée de Jean-Luc Warsmann, qui a apparemment dépassé le total des voix de droite du premier tour.
Emmanuel SAINT-BONNET

Jean-Jack Queyranne à la majorité absolue en Rhône-Alpes

Selon les estimations de La Tribune de Genève, confirmées par celles de France 2, le président (PS) de la région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne aurait dépassé les 50 % des électeurs exprimés, lors de ce second tour des élections régionales.
La gauche PS-écologistes-Front de gauche progresse donc de près de quatre points depuis les précédentes régionales, en 2004 (46,50 %). La droite, de son côté, en perd à peu près autant, le FN restant stable autour des 15 %.
Ici aussi il s'agit d'un enracinement de la gauche dans cette région relativement peu sensible à ses thèses. Les résultats détaillés seront à examiner de près, mais il est fort probable que la considérable progression des écologistes depuis 2004, en pourcentage, au premier tour (de 10,09 à 17,83 %) ait joué un rôle décisif dans cette avance très nette.
Emmanuel SAINT-BONNET

Ségolène Royal dépasserait les 60 % en Poitou-Charentes

Ségolène Royal, présidente socialiste de la région Poitou-Charentes, aurait obtenu 61,1 % lors de ce second tour des élections régionales, face à Dominique Bussereau (UMP). Une information divulguée par le site www.tdg.ch du quotidien suisse La Tribune de Genève. Le déroulé de cette soirée devrait révéler si la candidate PS à la dernière présidentielle est la sortante la mieux réélue de ce scrutin. C'est en tout cas pour elle un succès personnel et une progression en pourcentage. Au second tour de 2004 Mme Royal avait attiré 55,10 % des exprimés dans une triangulaire avec l'UMP et le FN. Emmanuel SAINT-BONNET

Le PS garderait la Bretagne

Selon le site Internet du quotidien suisse La Tribune de Genève, www.tdg.ch, la liste du président (PS) du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, aurait remportée la triangulaire l'opposant à Bernadette Malgorn (UMP) et Guy Hascoët (Europe Ecologie) avec 49,9 % des suffrages exprimés.
Ce résultat confirmerait donc l'enracinement des socialistes dans l'Ouest, notamment en Bretagne, gagnée par le PS en 2004 après près de trois décennies d'un lent glissement à gauche débuté avec la prise du conseil général des Côtes-du-Nord par Charles Josselin en 1976.
Emmanuel SAINT-BONNET

L'UMP aurait remporté La Réunion

L'UMP serait au moins assuré de présider le conseil régional de La Réunion, à l'issue de ce second tour des élections régionales.
Selon le site Internet du quotidien suisse La Tribune de Genève, www.tdg.ch, le candidat UMP Didier Robert, maire du Tampon, aurait remporté 45 % des suffrages, battant ainsi président (Parti communiste réunionais) Paul Vergès, gêné par le maintien de la liste PS. Une victoire qu'il aurait déjà revendiquée sur Antenne Réunion.
Cette dernière, si elle devait être confirmée, empêcherait donc le PS d'accéder au grand chelem qu'il visait, malgré la situation politique un peu particulière du Languedoc-Roussillon.
A cet égard, ces régionales ne constitueront pas une exception à cette règle qui, depuis la première désignation des conseillers régionaux au suffrage universel, en 1986, n'a jamais vu ni la droite ni la gauche diriger toutes les régions.
Emmanuel SAINT-BONNET

lundi 15 mars 2010

L'UMP n'est plus à l'Ouest

L'adhésion ou non à la politique du président Nicolas Sarkozy a largement sous-tendus les votes, lors de ce premier tour des élections régionales, dimanche.
Force est de constater que le fameux socle électoral, dont se réclame le chef de l'Etat à chaque consultation intermédiaire, est sorti pour le moins ébréché de ce scrutin.
Dimanche, l'UMP a obtenu 5 066 826 voix. C'est un peu mieux que les 4 799 908 des Européennes de 2009, mais on est bien loin des 11 448 663 attirés par le candidat Sarkozy au premier tour de la présidentielle de 2007.
Abstention ou fuite vers le Front national? Sur le papier, ce n'est pas évident. Avec 2 223 760 bulletins, le parti de Jean-Marie Le Pen est loin des 3 834 530 obtenus par son chef en 2007.
Mais au plan géopolitique, le transfert apparaît plus clairement. En témoigne la carte des régions où le FN pourra se maintenir au second tour. Pas une seule du flanc est n'y échappe.
C'est cette même partie de la France qui avait permis à Jean-Marie Le Pen de se hisser au second tour de la présidentielle en 2002, et c'est une partie de ce capital électoral qu'avait siphonné Nicolas Sarkozy en 2007.
Cet électorat, notamment dans les bassins industriels en déclin, reste très instable. En témoigne la correction observée dans certaines circonscriptions populaires du flanc est (4e du Doubs, 2e de la Loire, 7e de la Meurthe-et-Moselle...) lors du second tour des législatives de 2007, après la bourde d'entre-deux-tours de Jean-Louis Borloo sur la TVA sociale.
Dimanche, l'UMP a vu filer encore un peu plus de cet électorat, reparti voter pour le FN, lorsqu'il ne s'est pas abstenu.
En difficulté avec le FN dans l'Est de la France, l'UMP n'est pas au mieux de sa forme dans l'Ouest. Si les bons résultats du PS ne sont pas une surprise dans les vieilles terres radicales-socialistes que sont l'Aquitaine, Midi-Pyrénées et dans une moindre mesure Poitou-Charentes, s'ils ne le sont plus en Bretagne, région qui a viré de bord au cours de la précédente décennie, ils étaient en revanche moins attendus en Pays-de-la-Loire (34,36 % en tête) et en Basse-Normandie (32,55 %, en tête mais cette fois en liste commune avec le Front de gauche), deux régions considérées comme gagnables par la majorité.
Surtout, l'avance socialiste y est bien plus nette qu'en 2004. Lors de ce précédent scrutin, la gauche avait créé la surprise en Pays-de-Loire en gagnant le second tour avec bien moins de réserves que la droite. En Basse-Normandie, arrivée seconde au premier tour, elle avait pu s'imposer dans une triangulaire avec le FN.
Si l'essai du PS devait être transformé dans l'Ouest au second tour, cela ne changera rien pour la majorité présidentielle sur le papier, mais sa géographie électorale en sortira un peu plus affaiblie.
Nicolas Sarkozy devra alors trouver d'autres ressorts pour s'imposer, s'il se représente en 2012, après des cantonales et des sénatoriales, en 2011, qui s'annoncent d'ores et déjà difficiles pour sa majorité, avec en toile de fond une réforme des collectivités locales qui risque fort de se heurter à une violente contestation.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 14 mars 2010

Le Massif Central rougit à nouveau

On pensait le communisme rural moribond dans le Massif Central, replié sur quelques débris géopolitiques hérités de la Résistance. Il semble, au vu des résultats officiels de ce premier tour des élections régionales en Auvergne et dans le Limousin, que le Front de gauche lui apporte un certain regain.
En Auvergne, le populaire député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, tête de liste Front de gauche, atteint la troisième place avec 14,24 %. Un score réellement inédit dans cette région plutôt conservatrice, où le communisme ne s'est jamais vraiment imposé, à l'exception du département de l'Allier.
Ce succès est davantage celui d'un homme que d'une sensibilité. L'élection d'André Chassaigne, lors des législatives de 1997, a constitué une surprise, dans un contexte de reflux communiste. depuis, il a le temps de travailler son implantation, et de se faire le porte-parole des laissés-pour-compte de la crise et des habitants des zones rurales en mal de services publics.
Ce haut niveau empêche d'ailleurs le président socialiste sortant René Souchon, qui est coiffé sur le poteau par le candidat UMP Alain Marleix.
La situation est un peu différente dans le Limousin. Dans cette région aussi le Front de gauche arrive troisième avec cette fois 13,13 %. Ici aussi la question des services publics a joué à fond, notamment dans la Creuse, département symbole de cette problématique. Le PCF conserve de beaux restes en Corrèze. En revanche, ce sont ses anciens dissidents de la tendance Marcel Rigout, fondateurs de l'ADS (Alternative démocratique et socialiste), qui gardent un maillage territorial important en Haute-Vienne. Pour finir, l'union au premier tour avec le NPA a clairement créé une dynamique, qui a elle aussi gêné le président PS sortant Jean-Paul Denanot, qui doit se contenter d'un "petit" 38,06 %, alors qu'il aurait pu espérer obtenir le meilleur score de ces élections.
Emmanuel SAINT-BONNET

Frêche écrase presque tout sur son passage

35,2 % selon les estimations TNS-Sofres/Logica, rapportées par www.lemonde.fr. Le président (divers gauche, ex-PS) de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, a littéralement écrasé ses adversaires au terme de ce second tour.
Celui qui voulut être roi de Septimanie distance largement la tête de liste UMP Raymond Couderc, qui obtient 20 %. Avec 13 %, la liste FN de France Jamet se hisse à la troisième place dans une région que l'extrême-droite a cogéré entre 1986 et 1992, puis 1998 et 2004.
Mais l'échec le plus cuisant est subi par la gauche officielle. La maire PS de Montpellier Hélène Mandroux, qui s'était dressée face à Georges Frêche, avec le soutien de la rue de Solférino, pointe à une humiliante sixième place. Elle est devancée par Europe-Ecologie, qui frôle la barre des 10 %, et par le Front de gauche qui obtient 8 %.
Les observateurs fixeront sans doute, jusqu'à l'obtention des résultats définitifs, la courbe d'Europe-Ecologie. Si elle passe les 10 %, une fusion sera possible avec les deux listes suivantes, qui éviterait un ralliement, sous une forme ou une autre, à Georges Frêche.
Ce qui, fondamentalement, ne changera pas grand chose à la donne.
Emmanuel SAINT-BONNET

Le Pen remis en selle en Provence-Alpes-Côte-d'Azur

Citées par www.lemonde.fr, les estimations de TNS-Sofres indiquent une course au coude à coude en tête en région Provence-Alpes-Côte-d'Azur entre le président socialiste sortant Michel Vauzelle et la tête de liste UMP Thierry Mariani, avec 26 % chacun.
Un résultat honorable pour la gauche dans une région qui glisse globalement à droite depuis deux décennies. Considéré par certains observateurs comme un second couteau, Thierry Mariani ne parvient pas à s'imposer.
Légèrement en retrait par rapport à 2004, Jean-Marie Le Pen remet le FN en selle dans une région où il a souvent brillé, avec 20 %. De quoi relancer les spéculations sur sa succession à la tête de son mouvement.
Avec 11 %, la liste Europe-Ecologie de Laurence Vichniesky s'affiche bien en retrait par rapport aux Européennes de 2009. Vécue comme certain comme un parachutage, sa candidature aura eu de la peine à convaincre durant cette campagne.
Un premier tour qui éloigne presque tout espoir de reconquête pour la droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

Peu de surprises en Rhône-Alpes

Selon l'estimation TNS-Sofres rapportée par www.lemonde.fr la candidate UMP François Grossetête serait légèrement en tête de ce premier tour des régionales en région Rhône-Alpes, avec 27,5 %. Le président PS sortant Jean-Jack Queyranne la suit de près avec 25 %.
Un résultat assez peu surprenant, Rhône-Alpes penchant légèrement à droite. Cependant, ces courbes pourraient très bien s'inverser dans la soirée, lorsque seront connus les résultats des zones urbaines.
La troisième place décrochée par la tête de liste Europe-Ecologie, avec 17 %, est en retrait par rapport aux élections européennes de juin 2009, mais dans un contexte de moindre abstention, ce qui confirme l'attachement de la région à l'écologie politique.
Les 14 % de Bruno Gollnisch (FN), eux, confirment le reflux de la vague sarkozyste sur le flanc est du pays au profit en partie de l'extrême-droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

La guerre des collectivités locales vient de débuter

En appelant à la poursuite de la réforme des collectivités locales, dimanche soir dans sa première allocution après le premier tour des élections régionales, le Premier ministre François Fillon vient de déclencher une guerre qui pourrait déboucher sur une véritable jacquerie des élus locaux.
Le message gouvernemental est clair: les régions, et surtout "leurs dirigeants", sont fragilisés par la forte abstention constatée ce soir-là. Il faut donc réformer, reventiler les compétences, fusionner sans le dire départements et régions en remplaçant conseillers généraux et régionaux par des conseillers territoriaux aux contours mal définis. Et surtout, arme fatale et ultime, changer le mode de scrutin.
Notons au passage que le résultat de ce premier tour pourrait refroidir les partisans les plus zélés, dans les rangs de l'UMP, d'un scrutin majoritaire à un tour. Désormais, la droite de gouvernement n'a plus seulement un soucis de réserve au second tour, mais maintenant un véritable problème de leadership.
En persistant dans cette réforme qui cabrera de nombreux élus ruraux déjà inquiets face à la raréfaction des services publics, le gouvernement s'engage dans un affrontement dont la violence risque de s'amplifier d'ici à la présidentielle de 2012.
Il reste deux élections intermédiaires avant cette date.
Lors des cantonales de 2011, l'UMP risque de perdre de nouveaux départements au profit d'une gauche qui n'aura jamais bénéficié d'un maillage territorial aussi fort. Le parti de la majorité pourrait aussi faire face à une fronde de certains présidents de conseil général de droite, exaspérés par les retards des dotations d'Etat dans un contexte de désengagement sur de nombreux dossiers.
Cette fronde, si elle se déclenche, déboucherait alors sur une multiplication des listes dissidentes de droite lors des sénatoriales qui suivront en septembre. Et pourrait précipiter le basculement à gauche du Sénat, que prédisent d'ores et déjà certains analystes.
Nicolas Sarkozy, qui vient de voir son socle électoral se fissurer, aborderait alors sa réélection en position de faiblesse, dans un pays divisé.
Emmanuel SAINT-BONNET

Le socle sarkozyste bien fissuré

Les premières estimations officielles TNS-Sofres de ce premier tour des élections régionales, citées par Le Monde (www.lemonde.fr), indiquent une domination assez nette du jeu politique par le PS, avec 30 %. Suivent l'UMP avec 26,5 %, Europe Ecologie et le FN qui se disputent la troisième place autour de 12 %, et le Front de gauche à 6 %. Avec 4 %, le MODEM obtient un score décevant.
Premier constat, la personnalisation de cette campagne, avec des têtes de liste et surtout des présidents sortants très identifiés, semble avoir favorisé le PS, en provoquant une prime au sortant accentuée par les difficultés de la droite de gouvernement.
On le subodorait lors des dernières Européennes, c'est maintenant confirmé. Avec 26,5 % dans un contexte d'abstention concernant plus de la moitié du corps électoral, le socle sarkozyste sort bien fissuré de ce premier tour. On est loin des 31,11 % obtenus par Nicolas Sarkozy au premier tour de l'élection présidentielle, avec une participation de 84,60 %.
Le score assez important du Front national est l'une des causes de ce désamour. Le mouvement de Jean-Marie Le Pen semble avoir récupéré une partie de ses électeurs siphonnés par Nicolas Sarkozy en 2007. L'examen des résultats dans les régions du flanc est devrait être à cet égard assez intéressant.
Avec un résultat équivalant, Europe-Ecologie arrive en deça de son score des Européennes de 2009, mais les résultats finaux, en voix, devraient être à peu près équivalants, l'abstention s'avérant moins importante. Ce qui est la preuve d'un réél enracinement dans le paysage politique.
Emmanuel SAINT-BONNET

L'abstention à 52 % selon TNS-Sofres et OpinionWay

L'abstention atteindrait les 52 % pour ce premier tour des élections régionales, selon TNS-Sofres et OpinWay, cités à 18 heures par le site Internet du journal suisse La Tribune de Genève (http://www.tdg.ch/). Un niveau record qui peut en partie s'expliquer par le fait que, pour la première fois, ce scrutin était organisé seul, et non couplé à d'autres (législatives en 1986, cantonales en 1992, 1998 et 2004) qui lui ont servi de levier les fois précédentes. Cela confirmerait aussi que l'enjeu de pouvoir de ces régionales reste assez flou pour les électeurs, malgré leur personnalisation plus forte qu'en 2004. Reste à savoir si ce faible enjeu sera corrélé à la dispersion des votes constatée souvent en parallèle. Emmanuel SAINT-BONNET

UMP et PS au coude à coude selon Le Soir

Le résultat de ce premier tour des élections régionales s'annonce serré, et la soirée électorale pourrait être riche en rebondissements, si l'on en croit le site Internet du journal belge Le Soir (lesoir.be).
Selon ses sondages sortie des urnes, annoncés à 18h14, la majorité serait à 29 %, talonné par un PS à 28 %. Suivraient des écologistes en pleine forme (14 %), un FN franchissant la barre des 10 %, un Front de gauche tirant son épingle du jeu à 7 % et un MODEM sombrant à 4 %.
Ce coude à coude en tête, en fin d'après-midi, pourrait tourner à l'avantage du PS, les bureaux de vote des grandes villes fermant à 20 heures. Or, l'électorat urbain s'avère plutôt favorable à la gauche depuis les dernières consultations.
Si cette tendance se confirme dans la nuit, le second tour s'annonce délicat, avec des Verts sans doute exigeants et un FN en embuscade dans au moins une dizaine de régions.
Quant à l'abstention, elle atteignait les 60,79 % à 17 heures, selon le ministère de l'Intérieur, soit dix points de plus qu'en 2004 (50,34 %).
Emmanuel SAINT-BONNET

samedi 6 mars 2010

Le redécoupage Marleix dans l'Indre

Le petit département de l'Indre perd une circonscription, ce qui a pour effet de mêler davantage villes et campagnes.
1ere circonscription (Châteauroux)
L'urbaine et péri-urbaine 1ere circonscription se voit amputée du canton d'Ardentes, et est rattachée à l'ancienne 3e, à laquelle Alain Marleix a retiré Ecueillé, Levroux et Valençay. Une opération qui semble défavoriser la gauche, qui domine ces deux sièges. En 2007, dans la 1ere, le socialiste Michel Sapin ne l'avait emporté que de 374 voix. Le départ de Valençay, canton davantage ancré à gauche que l'agglomération de Châteauroux, pourrait rééquilibrer les zones rurales à droite. Deux des trois cantons retirés à l'ancienne 3e, Ecueillé et Valençay penchent légèrement à gauche depuis 1958, même s'ils sont à droite depuis 1985. Le PS devra en outre choisir son candidat entre Michel Sapin, sortant de l'ancienne 1ere, et son voisin Jean-Paul Chanteguet, tous deux se trouvant tout de même dans le paysage politique local respectivement depuis 1981 et 1988. A moins que les socialistes ne jouent la carte du renouvellement. A droite, l'UMP pourrait présenter Marianne Legendre.
2e circonscription (Issoudun)
Plus grande que sa voisine, cette circonscription s'avère davantage rurale, avec pour centre la ville d'Issoudun. Depuis 1993, et le déclin électoral d'André Laignel, cette dernière ne pèse plus guère électoralement dans ce secteur. Le redécoupage, en apportant ici davantage de cantons ruraux et de la zone péri-urbaine de Châteauroux, devrait accentuer ce phénomène. De quoi renforcer le député UMP sortant Nicolas Forissier. Face à lui, le PS devra enfin tourner la page de l'ère Laignel.
A quoi faut-il s'attendre...
En fusionnant deux circonscriptions de gauche, Alain Marleix applique ici la technique du marigot, dans lequel cohabiterait deux crocodiles sortants. Il y a donc fort à parier que la droite remporte ces deux nouveaux sièges.

vendredi 26 février 2010

Le redécoupage Marleix en Ille-et-Vilaine

Le redécoupage ajoute ici une huitième circonscription. L'agglomération rennaise est désormais ventilée entre quatre sièges, au lieu de trois précédemment, et les ciseaux d'Alain Marleix ont gerrymandrisé la nouvelle 2e circonscription.
1ere circonscription (Rennes-Sud)
Cette gagne un canton, Bruz, et échange celui de Rennes Sud-Ouest contre le Sud-Est. Sur le papier, la droite est légèrement favorisée par l'opération. Le noyau originel de l'ancienne 1ere (Rennes Le Blosne, Bréquigny et Centre-Sud) est composé de cantons n'ayant jamais élu de conseiller de droite depuis 1958. Les deux nouveaux penchent légèrement à droite sur cette période, mais Bruz vote socialiste depuis 2004 et Rennes Sud-Est depuis 1998. Bref, le remodelage ne fera sans doute, au mieux, que ralentir la dynamique de gauche dans ce secteur n'ayant jamais succombé à une seule vague bleue depuis 1988. La question centrale, au PS, sera de savoir qui succédera au sortant Jean-Michel Boucheron.
2e circonscription (Rennes-Est)
Composée de morceaux des anciennes 2e, 5e et 6e, cette circonscription est joli exercice de salamandrisation (gerrymandring). Elle forme une espèce de croissant allant des deux cantons péi-urbains d'Hédé et Liffré, en passant par l'agglomération rennaise. L'objectif semble être de retirer l'électorat urbain des 5e et 6e. Résultat: la gauche est circonscrite dans ce secteur. Elle a toujours tenu le canton de Betton, depuis sa création en 1992, et ceux Cesson-Sévigné, Hédé et Rennes Nord-Est penchent vers elle. Le député socialiste Philippe Tourtelier a donc peu de souci à se faire. Il devrait trouver sur sa route l'UMP Loïc Lebrun.
3e circonscription (Rennes-Nord)
Le remodelage est ici assez modeste. La nouvelle 3e se ruralise un peu, en perdant Rennes Centre-Ouest et Mordelles, et en gagnant Tinténiac et Combourg. Le rééquilibrage à droite semble peu important mais il sera suffisant pour rendre cette circonscription très tangente. Il y a donc fort à parier que reprenne l'affrontement entre Marcel Rogement, député PS depuis 2007, et l'UMP Philippe Rouault, qui l'avait battu en 2002. Sur le papier, ce dernier semble favorisé.
4e circonscription (Redon)
Cette circonscription se ruralise en perdant le canton péri-urbain de Bruz. Un redécoupage peu important mais qui va cependant fragiliser la gauche sortante. En écartant Bruz, où la dynamique se trouve du côté du PS, Alain Marleix renforce une droite encore très présente dans le secteur. Sur la carte, on constate en effet que trois cantons sur huit ne sont jamais passés à gauche depuis 1958 (en bleu), les cinq autres penchant plutôt à droite. En 2012, la question sera alors de savoir si le député socialiste Jean-René Marsac, qui est parvenu à arracher cette circonscription en 2007, aura suffisamment travaillé son implantation pour être reconduit. Il pourrait être opposé au jeune UMP Loïc Aubin, ou maire divers droite de Redon Vincent Bourguet.
5e circonscription (Vitré)
Ici aussi, deux cantons de l'agglomération rennaise, Rennes-Est et Cesson-Sévigné, ont été écartés, ce qui éloigne le secteur d'une perspective de conquête à gauche. Sur le papier, cette nouvelle 5e devient la circonscription la plus à droite. Mis à part Châteaugiron, qui a élu un conseiller de gauche entre 1994 et 2001, tous ses cantons sont restés attachés à cette sensibilité sous la Ve République. Un horizon dégagé donc pour la famille Méhaignerie, qui règne sur le secteur depuis la Libération. Pierre, député UMP sortant, pourrait passer le témoin à sa fille Laurence en 2012.
6e circonscription (Fougères)
Cette circonscription avance vers l'ouest, en gagnant les cantons de Pleine-Fougères et Saint-Aubin-d'Aubigné. Sur la durée, la sociologie électorale en sort peu modifiée, ces secteurs étant classés relativement à droite. Si l'on prend en compte la géopolitique actuelle, la gauche semble renforcée. Ce deux cantons votent pour elle depuis 1998. Surtout, à l'heure actuelle, seuls Fougères-Sud et Louvigné-du-Désert restent à droite. Cependant, les rapports de force de 2012 vont en grande partie dépendre du positionnement du député sortant, le non inscrit Thierry Benoît. Ce dernier l'avait emporté en 2007 sur l'UMP avec le large soutien de François Bayrou et de la gauche. Il a, depuis, rompu avec le MODEM. Saura-t-il une nouvelle fois séduire une gauche locale assez modérée, comptant dans ses rangs pas mal de radicaux et quelques anciens du MDR, ou se ralliera-t-il définitivement à l'UMP?
7e circonscription (Saint-Malo)
En perdant Pleine-Fougères, ce siège se réorganise autour des agglomérations jumelles de Saint-Malo et Dinard. Sur la durée, tous les cantons penchent à droite, Dol-de-Bretagne n'ayant même jamais élu de conseiller de gauche sous la Ve République. La géopolitique locale favorise un peu plus la gauche (trois cantons sur six), mais cette devra faire face sans Pleine-Fougères aux gros réservoirs de droite urbains. Sa seule chance serait de compromettre la succession de René Couanau, député (UDF puis UMP) depuis 1988 et maire de Saint-Malo depuis 1989, en jouant la carte du renouvellement.
8e circonscription (Rennes-Ouest)
Cette nouvelle circonscription est formée de chutes des anciennes 1ere, 2e et 3e. Comme presque partout dans l'agglomération rennaise, la gauche est ici favorisée. Trois cantons sur cinq penchent plutôt vers elle, et le secteur n'a que des conseillers généraux PS depuis 2004. Un fief qui pourrait être taillé sur mesure pour le nouveau maire socialiste de Rennes, Daniel Delaveau.
A quoi faut-il s'attendre...
En créant un quatrième siège dans l'agglomération rennaise, Alain Marleix semble avoir sciemment isolé le PS. Si celui-ci est bien placé pour emporter trois de ces quatre sièges, il pourrait perdre la 3e et la 5e. Mais les cartes pourraient être redistribuées dans les 6e et 7e. Au profit de qui? Il est encore trop tôt pour le dire.
Emmanuel SAINT-BONNET

mercredi 17 février 2010

Le redécoupage Marleix dans l'Hérault

En ajoutant deux sièges dans ce département en pleine expansion démographique, les ciseaux d'Alain Marleix ont globalement respecté la structure du précédent remodelage, avec cependant la volonté d'éparpiller les cantons montpelliérains, et quelques circonscriptions "gerrymandrisées".

1ere circonscription (Montpellier V, VI, VIII)

Ce secteur reste ouvert sur le littoral. Il perd les cantons I et IV de Montpellier mais gagne le VIII. Sur le papier, la gauche semble légèrement favorisée, le canton I étant le seul à pencher globalement à droite dans la préfecture. Le IV présente à peu près la même géographie électorale que le VIII: il penche globalement à gauche. Cependant, le dernier n'a été repris par le PS en 2001, le IV votant régulièrement socialiste depuis 1988. En réalité, le déséquilibre se situe davantage en faveur des communes de la périphérie que du centre-ville de Montpellier. Le centre névralgique de cette circonscription se déplace légèrement au sud-est, vers la ville de Lattes. Une commune et un canton représentés par la gauche, mais le canton a plutôt tendance à pencher à droite depuis sa création en 1992. Ce qui pourrait favoriser le député UMP sortant, Jacques Domergue. Les affrontements fratricides à gauche, lors des régionales de 2010, brouilleront peut-être les cartes. Le PS pourrait représenter Michel Guibal, ou bien le maire et conseiller général de Lattes, apparenté PS, Cyril Meunier. L'ancien député UMP (2002-2007) Christian Jeanjean, qui a conduit une liste de droite dissidente lors des régionales de 2010, pourrait encore plus compliquer le jeu.

2e circonscription (Montpellier I, III, VII, IX)

Le départ des cantons II et X est ici compensé par l'arrivée des I et III. De quoi légèrement favoriser la droite. Autant le canton X est très tangent (en gris sur la carte), autant le I penche plutôt à droite (en bleu clair). Candidat en 2007, l'UMP Arnaud Julien part avec donc un petit avantage, face au député socialiste sortant, André Vezinhet, président du conseil général solidement implanté à Montpellier.

3e circonscription (Montpellier II)

Evolution démographique oblige, cette circonscription ne garde que les cantons de Castries, et Castelnau-le-Lez, le deuxième de Montpellier étant remplacé par le troisième. Avec le départ du canton de Lunel, qui n'est jamais passé à droite sous la Ve République (en rouge sur la carte), et celui de Mauguio, qui abrite un gros réservoir de vote de gauche, c'est le canton de Castelnau-le-Lez, qui, de son côté, n'est jamais passé à gauche depuis sa création en 1992, qui devient le centre de gravité de cette circonscription. De quoi renforcer l'homme fort du secteur, le député UMP sortant Jean-Pierre Grand. Il pourrait retrouver sur sa route l'ancienne députée PS Christine Lazerges, qu'il avait battue en 2002.

4e circonscription (Lodève)

Cette circonscription, qui abrite entre autres les Cévennes héraultaises, est légèrement retouchée, mais ce redécoupage entraîne une redistribution des rapports de force locaux. Elle perd les cantons de Clermont-l'Hérault, Lunas et Pignan, et gagne celui de Mèze. Trois cantons de gauche, dont deux n'ayant jamais élu de conseiller de droite sous la Ve République, contre un canton penchant plutôt à gauche mais représenté depuis 2001 par un chasseur de CPNT, après avoir élu un écologiste. Le redécoupage, en écartant Pignan, canton périu-urbain de l'agglomération montpelliéraine, disqualifie aussi Jean-Pierre Moure, élu socialiste de la communauté d'agglomération implanté dans ce secteur, et sérieux challenger du sortant UMP Robert Lecou, implanté lui dans la partie rurale de la circonscription. Le PS pourrait donc présenter la nouvelle maire de Lodève, fraîche conquête de la gauche, Marie-Christine Bousquet.

5e circonscription (Bédarieux)

Les changements ne portent que sur des cantons solidement ancrés à gauche, n'ayant jamais élu de conseiller de droite sous la Ve République (en rouge sur la carte). Cette nouvelle 5e en gagne deux, Clermont-l'Hérault et Lunas, mais en perd trois, Florensac, Pézenas et Servian. Sur le papier, la droite est donc très légèrement favorisée, mais elle aura tout de même forte affaire avec le sortant socialiste, Kléber Mesquida, véritable homme fort du secteur. Au contraire, le redécoupage, en écartant Pézenas, approche le centre de gravité de cette circonscription de son canton de Saint-Pons-de-Thomières. L'UMP pourrait représenter Marcel Roques, à moins qu'elle ne trouve un accord avec le conseiller général centriste sans étiquette d'Olonzac, Gérard Marcouire.

6e circonscription (Béziers)

Cette circonscription reste inchangée.

7e circonscription (Sète)

Taillée autour de Sète, cette circonscription voit les départs de Frontignan et de Mèze, et l'arrivée de cantons de gauche de l'arrière-pays (Florensac, Pézenas et Servian). L'opération est ici délicate. Il s'agit de retirer de gros réservoirs de gauche pour les remplacer par des plus petits. Détenu par les communistes entre 1993 et 2007, le secteur reste fragile pour la droite. Elle peut cependant s'appuyer sur le 1er canton de Sète, qui vote pour elle depuis 1976, et celui d'Agde, désormais le plus peuplé de la circonscription, qui penche globalement à gauche mais est détenu par le Nouveau Centre depuis 2008. Deux points d'appui pour le député UMP sortant Gilles d'Ettore, qui devrait faire face à une gauche divisée. PS et PCF pourraient en effet se compter au premier tour, avec respectivement Geneviève Tapié et François Liberti.

8e circonscription (Montpellier X)

Un nouveau siège. Il recouvrira la partie est de l'ancienne 7e, avec Frontignan, augmentée des cantons de Montpellier X et Pignan. Trois cantons à la sociologie électorale très disparate. Frontignan n'est jamais passé à droite sous la Ve République, Pignan penche plutôt à gauche et Montpellier X est très disputé. La gauche part donc plutôt en bonne position pour 2012. Son principal problème ne sera d'ailleurs pas de gagner, mais de désigner le bon candidat, entre Jean-Pierre Moure, élu de l'agglomération montpelliéraine, et Pierre Bouldoire, maire PS de Frontignan. A droite, le choix pourrait se porter sur le maire UMP de Fabrègues, Jacques Martinier.

9e circonscription (Montpellier IV)

Ce nouveau siège est découpé sur une partie de l'ancienne 3e (cantons de Lunel et Mauguio) à laquelle est rattaché le canton de Montpellier IV. Trois cantons de gauche, voire-même exclusivement de gauche pour Lunel. Sur le papier, la gauche est donc favorisée, mais l'enjeu portera sur les rapports de force au sein de la communauté d'agglomération de Montpellier. Le PS investira-t-il Patrick Vignal, conseiller de Montpellier IV, ou un accord avec Yvon Bourrel, maire divers gauche de Mauguio, sera-t-il trouvé? Il faudra aussi compter avec un gros réservoir de suffrages de droite, la commune de Lunel. Son maire, Claude Arnaud, pourrait trouver le soutien de l'UMP.

A quoi faut-il s'attendre...

Tout peut arriver, au vu de la situation politique de plus en plus mouvante de l'Hérault. La dissidence du PS de Georges Frêche, président du conseil régional et ancien maire de Montpellier, depuis 2007, a accéléré cette instabilité. Globalement, la droite pourrait récupérer la 2e circonscription et gagner la nouvelle 9e, mais elle risque fort de voir lui échapper la nouvelle 8e. Incertitude totale en revanche pour la 1ere.

dimanche 14 février 2010

Le redécoupage Marleix en Gironde

Un douzième siège est ajouté aux onze existants dans le précédent découpage. Là aussi l'évolution démographique a joué, mais en dehors de l'agglomération bordelaise, car les cinq circonscriptions remodelées, mise à part la 7e, se situent toutes en zone péri-urbaine et rurale.
1ere circonscription (Bordeaux-Nord)
Cette circonscription reste inchangée.
2e circonscription (Bordeaux-Centre)
Cette circonscription reste inchangée.
3e circonscription (Bordeaux-Sud)
Cette circonscription reste inchangée.
4e circonscription (Cenon)
Cette circonscription reste inchangée.
5e circonscription (Blanquefort)
Cette circonscription reste inchangée.
6e circonscription (Mérignac)
Cette circonscription reste inchangée.
7e circonscription (Pessac)
Perdant le canton péri-urbain de Labrède, mais gardant ceux, bien plus peuplés, de Gradignan et de Pessac I et II, cette circonscription se resserre sur l'agglomération bordelaise. L'ancienne 7e, découpée en 1986, n'est jamais passée à droite depuis. Ce remodelage devrait encore plus l'ancrer à gauche. Les trois cantons restants penchent tous vers cette sensibilité. Celui de Gradignan a toujours voté pour le PS depuis sa création, en 1982. Les législatives de 2012 ne devraient donc poser aucun problème pour le député socialiste sortant, Alain Rousset, président du conseil régional. Il pourrait retrouver sur sa route le maire divers droite de Gradignan, Michel Labardin.
8e circonscription (Arcachon)
Cette circonscription, qui regroupait jusque-là tous les cantons de la périphérie sud du département, se recentre sur les trois du bassin d'Arcachon. Ce remodelage a pour conséquence de droitiser cet siège devenu de plus en plus tangent pour l'UMP. Le canton d'Arcachon n'est en effet jamais passé à gauche sous la Ve République (en bleu sur la carte). Les deux autres, Audenge et La Teste, s'ils penchent globalement à droite depuis un demi-siècle, restent assez disputés. Le premier, à droite depuis 1973, est repassé à gauche en 2004. Le second est revenu à droite en 2008 après vingt ans de représentation socialiste. Le maire UMP d'Arcachon, Yves Foulon, pourrait donc voir son heure arriver. Face à lui, le député PS sortant François Deluga, qui arraché ce siège lors d'une partielle en 2008, suivant l'élection de la députée UMP Marie-Hélène des Esgaulx au Sénat, partira avec la prime au sortant. Mais le redécoupage l'a privé de précieux réservoirs de suffrages, notamment Belin-Béliet, canton de droite conquis en 2009 mais que la commission constitutionnelle, suivie par Alain Marleix, a préféré placer dans la nouvelle 9e.
9e circonscription (Langon)
Abritant toujours la ville de Langon, cette nouvelle circonscription ne reprend cependant de deux cantons de l'ancienne 9e, Langon et Podensac. Les autres cantons proviennent des "chutes" des anciennes 7e et 8e. Les cartes sont donc en très grande partie redistribuées dans ce secteur. Sur neuf cantons, quatre penchent à droite, quatre à gauche, le dernier, Saint-Symphorien, ayant toujours voté à gauche sous la Ve République (en rouge sur la carte). Les rapports de force actuels indiquent un net avantage pour la gauche, avec seulement deux cantons, Bazas et Grignols, encore détenus par l'UMP. Le PS pourrait donc avoir ici un nouveau député, peut-être le maire de Langon Charles Vérité. L'UMP pourrait lui opposer Sylvie Dufranc, implantée à Labrède.
10e circonscription (Libourne)
Ce siège est faiblement redécoupé. La nouvelle 10e perd Pellegrue, à la périphérie du département, mais gagne Créon, dans la zone péri-urbaine bordelaise. Un chassé-croisé qui pourrait remettre en question le fragile équilibre électoral de cette circonscription détenue par l'UMP depuis 2002, mais à avec moins de trois points d'écart au second tour. En effet, si Pellegrue est classé de gauche sur notre carte (en orange), il est représenté par la droite depuis 1988. Créon affiche les mêmes caractéristiques, mais il vote pour le PS depuis 1976. La gauche semble très légèrement favorisée, suffisamment peut-être pour menacer le député UMP Jean-Paul Garraud. Il pourrait être une nouvelle fois opposé au poulain du maire PS de Libourne Gilbert Mitterrand, Philippe Buisson.
11e circonscription (Blaye)
Cette circonscription reste inchangée.
12e circonscription (La Réole)
Cette circonscription, entièrement nouvelle, reprend les cantons écartés de l'ancienne 9e, ainsi que celui de Pellegrue, venu de l'ancienne 10e. Sur le papier, la gauche semble favorisée. Sur le long terme, cinq cantons sur huit penchent plutôt vers elle. Si l'on examine la géopolitique actuelle, la droite est encore plus défavorisée, avec seulement deux cantons détenus, Pellegrue et Sauveterre-de-Guyenne. De quoi peut-être tailler un nouveau fief à Martine Faure, députée socialiste de l'ancienne 9e implantée dans le canton d'Auros. A droite, l'UMP pourrait présenter Yves d'Amecourt, conseiller général de Sauveterre-de-Guyenne.
A quoi faut-il s'attendre...
Si les rapports de forces restent les mêmes en 2012 dans les circonscriptions non redécoupées, la gauche pourrait sortir gagnante de ce remodelage. La 12e circonscription lui semble promise, et si elle risque fort de perdre la 8e, elle pourrait regagner la 10e sur la droite.
Emmanuel SAINT-BONNET

dimanche 31 janvier 2010

Le redécoupage Marleix en Haute-Garonne

Du fait de sa très forte croissance démographique, la Haute-Garonne reçoit deux sièges supplémentaires. Le découpage y est, comme toujours, très délicat, du fait des contours tourmentés du département, et du très fort poids démographique de Toulouse, qui oblige encore la plupart de ses circonscriptions à passer par son agglomération.
1ere circonscription (Toulouse IV, V, XIII)
Le siège historique de Dominique Baudis est fortement remodelé. Le redécoupage écarte les cantons I et VII, et ajoute le treizième, moins la commune de Colomiers, ainsi que la portion toulousaine du canton XIV. Une configuration en dentelle qui rééquilibre le tout à droite, Colomiers étant le pôle de gauche d'un canton n'étant jamais passé à droite sous la Ve République. Le IV reste très partagé entre droite et gauche, et le V penche plutôt à droite, même s'il a élu un conseiller socialiste en 2008. En 2012, la députée PS sortante Catherine Lemorton aura fort affaire face au candidat UMP, qui pourrait être l'ancien maire Jean-Luc Moudenc. A moins que Dominique Baudis ne décide de revenir...
2e circonscription (Toulouse VI, VII, XV)
De l'ancienne circonscription, il reste les cantons de VI et XV, ainsi que celui de Montastruc-la-Conseillère. Le redécoupage leur adjoint Toulouse VII et la commune de Montrabé à la place du VIII et de Villemur-sur-Tarn. Ici, le rééquilibrage se situe à gauche, tous les cantons ayant un conseiller de gauche et penchant plutôt cette sensibilité, le canton VI n'ayant même jamais voté à droite depuis sa création en 1973. Le socialiste Gérard Bapt, ou son successeur, devrait facilement l'emporter sur l'UMP, qui pourrait être représentée par Danièle Damin.
3e circonscription (Toulouse II, VIII, IX)
Encore un secteur fortement redécoupé. L'ancienne 3e ne garde que les cantons de Toulouse IX et de Verfeil, et échange Castanet-Tolosan, Lanta et Toulouse X contre Toulouse II et VIII. De ce fait, cette circonscription très à gauche se droitise, notamment avec le deuxième canton de Toulouse, le seul du département à n'avoir jamais élu de conseiller de gauche sous la Ve République. Les trois autres penchent globalement à gauche (en orange sur la carte) mais Verfeil vote à droite depuis 1988, et les cantons VIII et IX n'ont retrouvé des conseillers socialistes que depuis respectivement 2001 et 2008. En 2012, l'enjeu ne sera pas cantonal mais municipal. Si le député-maire socialiste de Toulouse, Pierre Cohen, se représente, ce sera un test intéressant de confirmation, ou non, de sa fragile élection en 2008. Il pourrait retrouver Marie-Claire Danen sur sa route. A moins que l'UMP ne tente d'aligner un de ses poids-lourds nationaux.
4e circonscription (Toulouse I, III, XII)
L'ancienne 4e garde Toulouse III mais troque les cantons II et XI contre les I et XII. C'était jusque-là la seule du département à zaper au gré des vagues roses et bleues. Elle devrait conserver cette configuration très serrée. En effet, si la canton XII penche à gauche, le I préfère la droite. Quant au III, il reste très indécis. Cependant, la dynamique se situe plutôt à gauche. La députée socialiste sortante Martine Martinel est conseillère du secteur III et au jour d'aujourd'hui les trois cantons sont représentés par le PS. De plus, l'UMP est ici orpheline de l'ancien député (1993-1997 puis 2002-2007) Jean Diébold, décédé en 2007. C'est son ancien suppléant, Jean-Pierre Lloret, qui pourrait prendre la suite.
5e circonscription (Toulouse XIV)
Comprenant une grande partie rurale, au nord du département, cette circonscription se décale légèrement à l'Est. Elle perd également le canton de Toulouse XII et ne conserve que la fraction non toulousaine du XIV. Une opération qui devrait globalement renforcer la gauche. En effet, ce dernier ainsi que Fronton n'ont jamais élu de conseiller de droite depuis 1958 (en rouge sur la carte). Grenade penche moins à gauche et Villemur, représenté par la droite depuis 1994, semble plus fragile. Mais pas de quoi inquiéter la députée PS sortante Françoise Imbert, à qui l'UMP pourrait une nouvelle fois opposer l'ancien député Grégoire Carneiro.
6e circonscription (Colomiers, Tournefeuille)
C'est en quasi-totalité une nouvelle circonscription. Elle comprend deux communes isolées, Colomiers et Tournefeuille, reprend de l'ancienne 6e les cantons de Léguevin et Saint-Lys mais laisse tomber le Muretois au profit du canton de Cadours. Elle réunit donc de gros réservoirs de vote socialiste, le dernier conseiller de droite de ce secteur ayant été battu en 1982. Le PS pourrait donc faire élire un ticket formé par le maire de Colomiers Bernard Sicard et son homologue de Tournefeuille Claude Raynal. A droite, peu de personnalités semblent se dégager depuis le décès de l'ancienne députée Françoise de Veyrinas.
7e circonscription (Muret)
Il s'agit de la partie ouest de l'ancienne 7e, plus le canton de Muret. Un secteur penchant globalement à gauche, avec trois cantons (Carbonne, Cintegabelle et Montesquieu-Volvestre) auquel les ciseaux d'Alain Marleix ont accolé un canton penchant globalement à droite, celui de Muret (en bleu clair sur la carte). Cependant, cela ne pourrait se résumer qu'à un recentrage. Tous les cantons de cette nouvelle 7e sont représentés actuellement par le PS et surtout, Muret, le principal pôle démographique, a un maire socialiste. Pas de quoi inquiéter donc la députée PS sortante de la 6e, Monique Iborra. Elle pourrait se voir opposer Stéphane Mirc, maire UMP de Léguevin.
8e circonscription (Saint-Gaudens)
Cette circonscription reste inchangée
9e circonscription (Toulouse X, XI)
Entièrement nouvelle, cette circonscription comprend les cantons de Toulouse X et XI, une fraction du IX, et celui de Portet-sur-Garonne. Ces trois cantons complets n'ont jamais voté à droite sous la Ve République. Ce sera très certainement un fief de gauche, peut-être représenté par le maire socialiste de Portet Thierry Suaud. Son challenger à droite reste encore à trouver à ce jour.
10e circonscription (Villefranche-de-Lauragais)
Ce nouveau siège recouvre la partie Est de l'ancienne 7e, enrichie des cantons urbain et péri-urbain de Castanet-Tolosan et de Lanta. Elle comprend sept cantons, dont trois, Caraman, Montgiscard et Nailloux, n'ont jamais voté à droite depuis 1958 (en rouge sur la carte). Actuellement, seul le canyon de Revel n'a pas de conseiller de gauche. De quoi favoriser le député sortant de la 7e, Patrick Lemasle. A droite, l'UMP pourrait présenter le maire sans étiquette de Revel, Alain Chatillon. Il faudra aussi compter avec le maire centriste de Castanet, André Lafon.
A quoi faut-il s'attendre...
Le grand chelem réalisé en 2007 par le PS, avec huit sièges sur huit, ne devrait être qu'un souvenir en 2012. L'UMP pourrait récupérer entre une et trois circonscriptions sur dix. Elle part avec de sérieuses chances dans la 1ere, et, dans une bien moindre mesure, dans la 4e. Le basculement ou non de la 3e devrait fortement dépendre de la perception qu'auront ses électeurs du travail de Pierre Cohen à la tête de la municipalité toulousaine.
Emmanuel SAINT-BONNET

vendredi 1 janvier 2010

Le redécoupage Marleix dans le Gard

Le redécoupage Marleix a été retoqué au Sénat le 14 décembre. En attendant la suite, les Artisans-Politologues continuent l'analyse du texte originel.
Aujourd'hui: le Gard.
Département méridional en pleine expansion démographique, le Gard se voit adjoindre un sixième siège. Mais ce remodelage ne manquera pas d'être taxé de gerrymandering (d'Elbridge Gerry, gouverneur du Massachusetts au début du XIXe siècle, réputé pour avoir donné, à des fins électoralistes, des formes de salamandre aux circonscriptions de son Etat) par les détracteurs d'Alain Marleix, tant les contours des deux circonscriptions nîmoises sont tourmentées.
1ere circonscription (Nîmes-Sud)
De l'ancienne 1ere circonscription ne subsistent que les cantons de Nîmes I, III et VI et celui de La Vistrenque. Les ciseaux d'Alain Marleix lui ont rattaché celui de Beaucaire. Sur la carte, ce secteur comprend le seul canton du département n'étant jamais passé à gauche depuis sa création en 1982, La Vistrenque (en bleu). Ce dernier fait face à quatre cantons penchant plutôt à gauche sur la période 1958-2008 (en orange sur la carte). Cependant, Nîmes I vote à droite depuis 1988 et Beaucaire, la seconde ville du secteur, a échappé à la gauche en 1983. Le député Nouveau Centre sortant, Yvan Lachaud, ne devrait donc pas avoir trop de mal à conserver son siège. Face à lui, le PS pourrait investir le nouveau conseiller général de Beaucaire Juan-Antoine Martinez. Autrefois puissants ici, les communistes pourraient peser dans l'équation, de même que le Front national.

2e circonscription (Vauvert)

En perdant les cantons assez tangents de Beaucaire et Marguerittes, au profit de celui de Sommières, qui n'est jamais passé à droite sous la Ve République (en rouge sur la carte), cette circonscription se rééquilibre légèrement à gauche. Ici aussi, la carte, qui reprend l'évolution 1958-2008, est trompeuse et ne prend pas en compte les mutations sociologiques de ce secteur, en pleine "varisation". Le député UMP sortant, Etienne Mourrut, maire du Grau-du-Roi, peut également s'appuyer sur les deux plus gros réservoirs de vote de la circonscription, Saint-Gilles et Vauvert, deux villes de droite. La dernière fois que le PS a gagné ici, c'était en triangulaire avec le FN, en 1997. En 2002 Etienne Mourrut a gagné la triangulaire, et en 2007 il a remporté son duel contre le PS avec un rapport de près de 60-40, après avoir dépassé les 48 % au premier tour. Il n'est donc même pas sûr que le redécoupage amoindrisse ses réserves.

3e circonscription (Villeneuve-lès-Avignon)
Cette circonscription perd deux cantons globalement à gauche mais ayant un chef-lieu de droite: Pont-Saint-Esprit et Uzès. Ne subsistent que deux cantons ayant globalement voté à droite sous la Ve République, Aramon et Villeneuve-lès-Avignon, deux cantons de gauche, Bagnols-sur-Cèze et Remoulins, et un canton n'ayant jamais basculé à droite depuis 1958, Roquemaure. Cependant, le rapport de force est actuellement défavorable à la gauche, puisqu'elle ne détient que Bagnols et Remoulins. Dans cette vallée du Rhône en pleines mutations sociologiques, les législatives de 2012 pourraient voir s'affronter le député UMP sortant Jean-Marc Roubaud, maire de Villeneuve-lès-Avignon, l'un des fiefs de droite les plus solides du département, et son homologue socialiste de Bagnols-sur-Cèze, ville ouvrière ayant tendance à zapper depuis 1989, Jean-Christian Rey. Tous deux devront garder un oeil sur le FN, dans ce secteur où les triangulaires sont monnaies courantes.
4e circonscription (Alès-Est)
Les ciseaux d'Alain Marleix ont clairement ici écarté les cantons les plus dangereux pour le sortant UMP, Max Roustan. Bessèges, Génolhac et La Grand-Combe, qui ne sont jamais passés à droite sous la Ve République, rejoignent la nouvelle 5e circonscription. Plus au sud, le tracé reste le même que précédemment, laissant à la 5e circonscription ce corridor rouge allant des Cévennes au Vidourle. L'opération écarte surtout Patrick Malavieille, leader communiste ancré à La Grand-Combe, l'un des adversaires les plus sérieux de Max Roustan. Il devrait donc se retrouver au second tour face au PS, qui pourrait investir Chantal Vinot. A gauche, le conseiller écologiste de Saint-Chaptes, l'ancien communiste Christophe Cavard, pourrait aussi se présenter.
5e circonscription (Ales-Ouest)
Le dernier fief de gauche du Gard est renforcé par l'adjonction de Bessèges, Génolhac et La Grand-Combe, qui éclipse le départ de Sommières. Cependant, le député sortant, le socialiste William Dumas, devra composer avec Patrick Malavieille, maire de La Grand-Combe et ancien député PCF de la 4e circonscription. Le redécoupage, en apportant les anciens fiefs industriels du bassin minier cévenol, pourrait renforcer le vote communiste. De quoi placer en embuscade l'UMP Christophe Ruas, qui avait réalisé une bonne performance au premier tour en 2007.
6e circonscription (Nîmes-Nord)
Ce nouveau siège comprend les cantons II, IV et V de Nîmes, le canton péri-urbain de Marguerittes, et celui d'Uzès. La carte montre que la zone est particulièrement indécise: Nîmes II et IV penchent globalement à droite, Uzès et Marguerittes globalement à gauche, et Nîmes V, depuis sa création en 1973, a été détenu durant un nombre égal de mandats par la droite et la gauche. Les rapports de force sont cependant, à l'heure actuelle, en faveur de la droite, élue dans trois cantons sur cinq. En y ajoutant l'impact potentiel du FN, tout est donc possible dans cette nouvelle circonscription. A droite pourrait se présenter l'UMP Franck Proust, proche du sénateur-maire de Nîmes Jean-Paul Fournier, ou le maire divers droite d'Uzès Jean-Luc Chapon. Le PS peut entre autres présenter Bernard Casaurang, conseiller de Nîmes IV, ou son homologue d'Uzès Denis Bouad.
A quoi faut-il s'attendre...
La droite, qui détient actuellement quatre sièges sur cinq, devrait conserver entre trois et cinq sièges. Ses sortants sont très peu menacés dans les 1ere, 2e et 4e. Le jeu semble un peu plus ouvert dans la 3e et surtout la 6e. Si la droite remporte ces deux derniers sièges, le scénario le plus noir pour le PS serait alors la perte de la 5e, au profit cette fois du PCF.
Emmanuel SAINT-BONNET