dimanche 21 mars 2010

Pas une voix n'a manqué à René Souchon en Auvergne

Avec presque 60 % des suffrages exprimés, selon l'AFP, René Souchon, président PS sortant du conseil régional d'Auvergne, sera dans le peloton de tête des mieux réélus de ce deuxième tour des élections régionales.
L'ancien fief giscardien semble donc être tombé définitivement dans l'escarcelle de la gauche. Si la victoire de cette dernière en 2004, avec 5,3 points d'écart, pouvait paraître comme la conséquence du combat de trop, pour l'ancien président de la République, cette fois-ci l'électorat auvergnat manifeste une réélle adhésion. Tout au moins chez les électeurs qui se sont exprimés (51 % contre 67,91 % en 2004).
Cette victoire est aussi celle du député communiste André Chassaigne, qui a décroché le record du Front de gauche, avec 14,24 % des exprimés au premier tour. Un résultat s'expliquant par le charisme du parlementaire ainsi que par les problématiques de l'emploi et de la raréfaction des services publics en zone rurale, et qui a indéniablement créé une dynamique. La fusion avec la liste de René Souchon a permis à ce dernier de rassembler toute la gauche.
En revanche, pour la tête de liste UMP Alain Marleix, élu du Cantal et surtout artisan du redécoupage électoral, la défaite s'avère cuisante.
L'examen des résultats devra s'effectuer dans le détail, pour savoir si ce basculement est conjoncturel ou structurel. En effet, alors que la gauche tient bon dans ses bastions du Puy-de-Dôme et de l'Allier, la droite pourrait se voir fragilisée dans l'avenir dans ses bases de la Haute-Loire et surtout du Cantal, au rythme des changements sociologiques le long du tracé de l'autoroute A 75.
Emmanuel SAINT-BONNET

1 commentaire:

Pablo a dit…

Bonjour,
Mais oui, l'Auvergne a changé !
2004 était certes le combat de trop pour VGE, mais c'était aussi la volonté de changer une certaine image de l'Auvergne qu'il incarnait.
L'ampleur de l'écart montre, comme vous le dites, l'adhésion de l'électorat (à quoi ? à une équipe qui a prouvé qu'elle pouvait changer l'image de l'Auvergne, avec des actions fortes).

En 2004 Bonté avait battu Giscard 52,6% à 47,3%, et cela semblait déjà un exploit ; six ans plus tard, Souchon "explose" l'écart et gagne 59,6%-40,3%

Quant aux chiffres, on pourrait souligner également que l'Allier perd un conseiller régional au bénéfice de la Haute-Loire. Non pas que la participation y ait été bien plus forte, mais l'augmentation du nombre d'inscrits (+6600 dans le 43, +1650 pour le 03) a pesé. Donc A75 oui, mais surtout N88, l'axe Yssangeaux-Saint-Etienne notamment.

Basculement conjoncturel ? Non, il faut voir les résultats des régionales et cantonales depuis 1998 pour se rendre compte que retournement a commencé il y a plus de dix ans. En 1998, le conseil régional du Puy-de-Dôme a basculé (Pierre-Joël Bonté, déjà lui), et de l'Allier (Jean-Claude Mairal, PC). Le premier a tenu bon, le second non, perdu dès 2001 par la gauche, il a été récupéré en 2008.
La gauche fait plus que "tenir bon" dans "ses bastions" du Puy-de-Dôme et Allier... elle gagne dans des villes de droite, comme Moulins, Montluçon (dont le maire était la tête de liste de l'Allier !), voire chic banlieue clermontoise (Royat, etc).

En revanche, une analyse sur les résultats en Auvergne ne peut pas oublier qui était la tête de liste de l'UMP dans le Puy-de-Dôme : Brice Hortefeux. Le ministre de l'Intérieur (et donc ministre de tutelle d'Alain Marleix) était prêt à se présenter, mais a finalement jeté l'éponge, face à la débâcle qui s'annonçait. Il a donc envoyé son bras droit au casse-pipe, et celui-ci y est allé à reculons, c'est le moins que l'on puisse dire.
Mais les résultats, à Clermont-Ferrand et ailleurs, doivent être regardés sans oublier que l'ombre d'Hortefeux était absolument partout. Il a brillé par son absence !

Le score dans le Cantal est exceptionnellement bas pour la droite. La percée de la gauche en Haute-Loire, qui avait commencé avec la mairie du Puy-en-Velay par Arlette Arnaud-Landau a connu un frein en 2008 (Laurent Wauquiez a repris la mairie), mais pourrait recommencer bientôt.

Sans doute les cantonales de 2011 vont confirmer ou infirmer ces tendances. Mais mais s'il y a quelques zones de reflux, je crois que la question de basculement conjoncturel ou structurel ne peut se poser que du bout des lèvres... il est vraisemblablement structurel.