dimanche 14 mars 2010

Le Massif Central rougit à nouveau

On pensait le communisme rural moribond dans le Massif Central, replié sur quelques débris géopolitiques hérités de la Résistance. Il semble, au vu des résultats officiels de ce premier tour des élections régionales en Auvergne et dans le Limousin, que le Front de gauche lui apporte un certain regain.
En Auvergne, le populaire député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, tête de liste Front de gauche, atteint la troisième place avec 14,24 %. Un score réellement inédit dans cette région plutôt conservatrice, où le communisme ne s'est jamais vraiment imposé, à l'exception du département de l'Allier.
Ce succès est davantage celui d'un homme que d'une sensibilité. L'élection d'André Chassaigne, lors des législatives de 1997, a constitué une surprise, dans un contexte de reflux communiste. depuis, il a le temps de travailler son implantation, et de se faire le porte-parole des laissés-pour-compte de la crise et des habitants des zones rurales en mal de services publics.
Ce haut niveau empêche d'ailleurs le président socialiste sortant René Souchon, qui est coiffé sur le poteau par le candidat UMP Alain Marleix.
La situation est un peu différente dans le Limousin. Dans cette région aussi le Front de gauche arrive troisième avec cette fois 13,13 %. Ici aussi la question des services publics a joué à fond, notamment dans la Creuse, département symbole de cette problématique. Le PCF conserve de beaux restes en Corrèze. En revanche, ce sont ses anciens dissidents de la tendance Marcel Rigout, fondateurs de l'ADS (Alternative démocratique et socialiste), qui gardent un maillage territorial important en Haute-Vienne. Pour finir, l'union au premier tour avec le NPA a clairement créé une dynamique, qui a elle aussi gêné le président PS sortant Jean-Paul Denanot, qui doit se contenter d'un "petit" 38,06 %, alors qu'il aurait pu espérer obtenir le meilleur score de ces élections.
Emmanuel SAINT-BONNET

2 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est pas en 1997 mais en 2002 (donc encore plus à "contre-courant") qu'André Chassaigne s'est fait élire député de la circonscription de Thiers.

Pablo a dit…

Si l'Allier est une exception... c'est que ce n'est pas tout à fait le Massif Central ! En effet, le Bourbonnais est dans le giron régional de l'Auvergne, mais si on englobe le Massif Central comme "identité sociologique", là ils sont vraiment des extra-terrestres. Donc non, le phénomène Chassaigne n'a rien à voir avec les bastions PC dans l'Allier. Ceux-ci, situés surtout dans le bocage (justement le cœur du Bourbonnais, où une paysannerie rouge a perduré longtemps) ont donné de bons résultats au Front de gauche lors du premier tour, et un excellent report de voix au deuxième. La présidence du Conseil général aux mains d'un des leurs (le président Jean-Paul Dufrègne est élu de Souvigny) n'y est pas pour rien. Les résultats sont aussi bons pour le PC à Cusset, la commune "populaire" collée à Vichy, dont le maire est aussi communiste, René Bardet, et a présidé l'agglomération de 2001 à 2008.
En revanche, dans l'ensemble du département, le PC perd 5000 voix par rapport à 2004, notamment à Montluçon, où la chute continue (après la perte de la mairie et la députation).
La sénatrice PC élue en 2008, Mireille Schurch, l'a été surtout grâce aux divisions de la droite, et n'a pas encore réussi à peser pour inverser la tendance.